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Les pièces du procès ayanl disparu des archives du Parlement le soir môme du jugement, l'on n'aura jamoisla preuve matérielle que l'assassin fut l'instrument d'un grand complot des jésuites et qu'il ne s'était point armé lui-même. BrOKela déposition de la d'Escoman sur les lettres envoyées de Madrid qu'elle dénonça en vain, si peu de jours avant l'attentat, à la reine qui ne voulut rien entendre ; déchiré en mille morceaux comme son misérable corps, l'aveu de Ravaillac racontant le voyage qu'il fit à Naples, pour le duc d'Épcrnon, et comment la première idée «le tuer le roi lui vint au moment précis de la rupture définitive de Henri IV avec l'Espagne. On ne sait que trop, en revanche, à qui le crime profita : l'Espagne n'avait jamais été plus terriblement menacée ; la voilà sauvée et un même cri de joie féroce éclate, sans pudeur, à Madrid comme à Vienne. Non seulement elle garde l'Italie, mais elle va mettre la m&in sur le gouvernement de la France. Le corps de Henri lY est & peine refroidi que Marie de Médicis ordonne le renversement des alliances au profit des puissances catholiques. Tods les gagea qui lui sont demandés, la Régente, moins fière d*ëlre reine de France que pctite-niéco de Charles-Quint, les accorde sur l'heure, et y ajouterait plutôt : licenciement de l'armée, rupture du traité avec le duc de Savoie, abandon des princes protestants d'Outre-Rhin et des Morisques, renvoi de Sully, double mariage entre le jeune roi et l'infante Anne d'Autriche, entre l'aînée des sœurs de Louis XIII et le prince des Astu- I ries. En échange, rien que la promesse de Philippe Ul qu'il n'assistera point les < brouillons », c'est-à-dire le prince de Coudé, qu'au besoin il enverra contre les protestants une armée de secours'. L'Espagne qui, la veille, tremblait à l'Escurîel, commande maintenant au Louvre avec 1« maréchal