‹ Naples et ParmeChapitre 5 sur 235 · SAINT LOUIS ET URBAIN IV · texte numérisé non relu

SAINT LOUIS ET URBAIN IV

(juetfcs et de repousser le colico de la succession gibeline, VA puis, à qui so fier pour plus d'une heure, tant que la n^e du moment n'a point trouvé sa p&ture ? — Aux Tilles ? Dans la première fiôvre de l'indépendanw municipale que leur a conquise la Ligue lombarde, elles ont oublié eutiûrement la palriu commune : la patrie, c'est la cité ; rcnnemi, c'est le protecteur de la cité rivale ; et la politique consiste exclusivement A faire défendre les arts naissants, les commerce, les fraucliises communales, par un jiodestat dont elles entretiennent grassement les mercenaires. Vous pouvez les aider à ruiner les concurrents qui les gênent; quand elles vous auront payé ce travail de bourreau, elles vous prieront de retourner à vos affaires. — La Papauté, d'autre part, n'est pas plus sûre. Comme elle n'a point compris que son r^ve de monarchie universelle est mort de son duel avec Frédéric, elle imagine quelle va pouvoir le recommencer sur les ruines de la maison de Souabe ; son unique pensée est de détruire les uns par les autres tous ceux qui tenteraient de loi barrer lo chemin par la constitution d'un royaume italien indépendant. Elle détruira Maufred par Charles d*Anjou, parce que lebdtard de Frédéric li a jeté, des Calabrcs h ta Toscane, les bases d'un royaume gibelin oh l'Italie risque de revivre ; et elle détruira Charles d'Anjou par Pèdre d'Aragon, parce que le vainqueur de Manfred garde pour lui et les Guelfes, des Alpes au golfe de Tarente, la péninsule qu'il ne s'est point donné la peine de conquérir pour l'oOrirau Pape. C'est ce que saint Louis, avec sa claire et droite intelligence, comprit si bien quand il repoussa, sourd aux sopliiames tialleurs du légat Pignatclli, le trône de Naples que lui otïrail, » comme à son défenseur et au plus ■ iltuslrede ses protecteurs», le pape Urbain IV, successeur d'Innocent. De quel droit le Saint-Siège disposait-il d'un trûne qui revenait en légitime propriété au pelit-lils de Frédéric, le représentant de la maison des QohenslaufeD , le jeune Conradin ? Quelle étrange prétention que d'interdire d'avance c àce bras de Dieu ■ de réunir jamais à Napics la Lombardie ou la Toscane ? Louis refusa obstinément pour une pareille besogne l'épée de la France. Comme Uodolpho du Habsbourg, il recouuaissail dans

rilalie r

INTRODUCTION <i Ceux qui enlrci

c du lion: <i Ceux qui entrent là n'en sortent plus.

Ce n'est donc point la France qui descend avec Charles d'Anjou en Italie : c'est seulement un prince français, au refus du roi de France, avec quelques centaines de chcvaliei^. Saint Louis, qui avait décliné la couronne de Naples pour lui-m^rae et celle de Sicile pour son fils, eût-il pu interdire à son frère d'accepter les ofTres du Pape'? On aimerait savoir do quels moyens il disposait pour contraindre cet homme sombre , I inébranlable dans ses desseins, avide de gloire et de domination, qui avait concentré entre ses mains, depuis la sanglante ■ conquête de Marseille, toutes les forces de la Provence et ^ que poussait l'ardente Béatrix, la seule des quatre Biles de Raymond Bérenger qui ne fut pas impératrice ou reine. S'il J ne lui défendit pas d'accepter, il ne lui accorda aucune ' coopération et même le découragea pendant plus de deux années. A ce moment où l'Église contestait le droit absolu de la royauté, il tint tête, non sans courogo, au mécontentement de la gendarmerie française à qui pesait la paix, et qui rêvait de renouveler dans celle Ooisade contre les alliés allemands des Sarrasins les exploits des Normands en Sicile.

Aussi bien, cotte fameuse expédition do Charles d'Anjou mérite-t-cllc toutes les implacables rigueurs des historiens modernes? Charles fut-il plus brutal dans la guerre et plus farouche dans la victoire que la plupart des chefs de bande, ses contemporains ? La domination angevine ou, plus exactement, provençale ful-elle plus rude à rilalie méridionale et à la Toscane que t'avait été celle des Allemands ou des partis italiens eux-mêmes? Si l'on prend d'abord les écrivains italiens les plua rapprochés des événements, ceux du xiv" et du xv* siècle, le contraste est saisissant entre leurs récits et les tumultueuses imprécations des chroniqueurs siciliens et espagnols. Villani est un admirateur décidé de Charles d'Anjou, qu'il montre k sage et prudent dans les conseils, preux dans | « les armes, sévère et magnanime, de hautes pensées qui « l'égalaient aux plus grandes entreprises, ferme et fidèle « dans toutes ses promesses, âpre à rendre justice cl parais- « sant plus fait qu'aucun autre seigneur pour la majesté

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