‹ Naples et ParmeChapitre 6 sur 235 · L'ITALIE ANGEVINE · texte numérisé non relu

L'ITALIE ANGEVINE

rojalft'», Machiavel, plua réservé, ne voit pourtant dans les Vêpret Siciliennes « qu'un complot tramé entre lo pape Nicolas n el Piftrre d'Aragon' ». Si l'on essaie ensuite do reconstituer l'imago de ce règne de vingt ans, l'un des plus longs qu'ait connus U péninsule, on voit mat. sauf l'ordre administratif rétabli, ce qui le distingiie des gouvernements qui ont précédé ou qui suiWrent. C'est évidemment une seule et môme barbarie, mAlée de piélé fanatique et de férocité, nne même nuit d'ignorance et de violences : le moyen ftge, Charles d'Anjou n'a pas un Irait commun avec saint Louis; esl-il plus dégouttant de sang que tous les podestats et cardinaux qui passent des villes entières au (il de l'épée, ou que les Emperaurs gibelin» qui ont soumis avant lui l'Italie, un Frédéric Barbcrousse qui se flatte qu'après son passage » Rome a été » {ftoma fuit) ou ce Henri VI. le cyclope de Sicile, que ses propres soldats surnommaient l'impitoyable? La condamnation de Gonradin est atroce, mais qui l'a ordonnée sinon le Pape lui-même, au dire de l'Italien Giannone, dans l'implacable billet : Vita Conradini mars Caroli^f D'un côté comme de l'autre, courage, jeunesse, beauté, sont des circonstances aggravantes dans la défaite : Henri VI fait émasculer. avant de lo tuer, ce charmant Guillaume de Lecce, le (Ils de Tancrëde et de Sibylle, et quand l'héroïque Albéric de Komagno, revenu de Terre-Sainte à l'heure du péril, pour sauver sa maison ou périr avec elle, tombe au pont de Cassano, Martino délia Torre lo fait écarlelcr, après l'avoir fait assister au supplice de ses fils égoi^és, de sa femme et de ses filles brûlées vives*. Le bûcher d'Arnaud do Brescia vaut léchafaud de Frédéric d'Autriche. Pourquoi l'apothéose de la légende à Barberousseet le pilori de l'tiistoire à Charles d'Anjou ? C'est le siècle tout entier qui est abominable. Dirai-Je mémo que le premier soufûe de pitié et de respect

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