‹ Naples et ParmeChapitre 51 sur 235 · Ktlation. p. 210 «t · texte numérisé non relu

Ktlation. p. 210 «t

.1. ^rcAiMJi fie Hiinancai, apud CApeAgufi, Bichêliéu et Matarin, L II. p, 389.

tESDIGUIËRES rvir

gouTerncur royal du Dauphiné, a^it dix ans Je saile en prince indépendant, défie, rpioiquc protestant, les plus redoutables cabales de la cour et, devenu le plus intime amî de son vieil ennemi, le duc de Savoie^ ne manque jamais une occasion, sans consulter au préalable qnî que ce soit, do lui e<nvoyer ou de lui mener Iui-mi>me des ronfortfi contre les Espagnols du Milanais. Or, chaque fois que le « vieillard dauphinois » descend ainsi guerroyer en Piémont, l'opinion tout entière lui fait fête, et ses moindres promenades sont célébrées comme des victoires. « Son parti, dit Vedol ', fut toujours le plus fort », et l'ambassadeur d'Espagne le sait si bien qu'il ne néglige aucun effort pour ïe gagner ou pour le perdre. \ condition qu'il abandonne Charles-Emmanuel à son destin et à la juste vengeance dn Roi catholique, le maréchal n'a qu'à dire un mot : Cardenas a " un pouvoir écrit de son maître pour lui offrir m telle somme qu'il lui demandera en quelque lieu de l'Europe « qu'il la voulAt ». Naturellement, Lesdiguières repousse avec colère ce suprême abandon de l'Italie : « Il est sans doute, > dit son historien en traduisant sa réponse, « qu'entre tous les charmes « qui agissent le plus puissamment sur l'esprit des hommes < ordinaires, il n'y en a point dont ils se défendent moins que « de l'or; mais les âmes élues, et qui tiennent de la pureté de « leur origine, y résistent courageusement et le regardent sans " se laisser éblouir. » Sur quoi, comme le maréchal a fait raconter sa belle action à tous venants, sa popularité redouble, m manifestations en son honneur deviennent de plus en plus bruyantes, et Cardenas ne voit d'autre manière d'en finir que c ce moyen plus court >, dont la Régente, d'ailleurs, ne voulut point, d'appeler Lesdiguières au Louvre et de l'y faire mourir".

D'année en année, les ennemis de l'Espagne haussent le ton de leurs reproches. Les chroniqueurs italiens ont apparemment exagéré l'importance de la conspiration du duc d'Ussuna, ce VicC'Roi de Naples, qui rêva de se faire proclamer Roi indépendant des Deux-Siciles ; c'était pourtant l'évidence qu'il y

1. autûirw du ConnvtabUde Utdigmirt» (Orcnoble, 16&0), p. 553 ei 19. S. thé,, p. 617.

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INTRODUCTION

avait là un monvoment A encourager, et quand Luynei repoussa les propositions qui lui étaient faites, allant peut-Ôlre jusqu'à avertir le cabinet de Madrid, les mots de <t trahison » et do « poltronnerie » furent sur toutes les lèvres. L'ambu- ■ sado enfin du duc d'AngouIôme en Allemagne pour enga^r ' les protestants h. capituler devant la ligue hispano-autrichienno ne Fut pas moins scvërenicnt blâmée, jusque dans le conseii du Roi où les protestations éclatèrent, pendant plusieurs séances, avec une extrême vivacité. Cette basse politique qui partout, en Italie comme en Allemagne et dans les Flandres, tenait systématiquement contre les opprimés pour les ennemLi naturels, traditionncU, de la France devait unir par écœurer jusqu'au parti ultra-catholiquo lui-même. Le jour donc oii Richelieu se sentira assez fort pour reprendre ouvertement la politique de Henri IV, une explosion générale de joie lui répondra. La guerre de la Valleline ne fut point, par la force des circonslanceR cl par la faute des protestante, la grande affaire qu'elle aurait pu Être ; aucune entreprise ne fut cependant plus populaire, parce qu'elle marquait à la fois la fin de l'alliance, pour ne pa8 dire de la suzeraineté espagnole etU rentrée de la France dans les affaires d'Italie. Quand Richelieu écrit à Marquemont' le fameux billet : << Le Roi a changé « de conseil et le ministère de maxime; on enverra une armée (( dans la Valteline qui rendra le Pape moins incertain et les « Espagnols plus traitables... » le Saint-Sij^o t'appelle Cardinal d'État^ ce qui équivaut & une excommunication mineure, mais la France applaudit avec transport.

Un a mis au jour depuis longtemps et avec une abondance de renseignements qui laisse peu de chose à glaner, le détail des entreprises de Richelieu en Italie. Les mémoires militaires, d'une franchise si pénétrante, sans l'ombre d'une prétention littéraire (Uas-sompierr^, du Plessis, de la Force), permettent de suivre pas à pas, pendant seize illustres années, la marche des armées françaises qui successivement affranchissent les Grisons et la Valteline. occupent la Ligurie et menacent Gènes.

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