‹ Naples et ParmeChapitre 52 sur 235 · RICHELIEU MINISTRE · texte numérisé non relu

RICHELIEU MINISTRE

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forcenl le Pas-ïïc-Suse, onI^vent Pigneroï, passent la Vegliana, et IcTessin» délivrent Casai, emportent Ivrce, Turin et Cliiarî, rapprennent la grande guerre h coups de victoires sur la légendaire infanterie d'Espagne. On ade même, dans \es Mémoires du cardinal et, mieux encore, dans la belle publication de ses Lettres, Instructions et Papiers d'Etat, par M. Avcnel, le récit au jour le jour, précis autant que lumineux, de ses négociations diplomatiques avec tous les États d'Italie, grands et petits, tour À tour ennemis ou alliés, associés à sa fortune ou faisant son jeu, complices intelligents de ses desseins ou simples pions en marche sur l'ccliiquicr de la péninsule. Oscrai-je dire pourtant que la synthèse môme do la politique itaUenne de Richelieu reste h dégager et que sa pensée maîtresse, aussi constante que forte, kï elle a été clairement indiquée à plusieurs reprises par l'éditeur de ses papiers, a été méconnue jusqu'à présent par la plupart de ses historiens, sans en excepter Hichelet? Et j'entends bien qu'il est toujours périlleux de résumer dans une formule tant d'années de diplomatie et de guerre, alors surtout que le politique qui les dirige est le plus attentif à user des circonstance?, à jouer des hommes et à prendre le vent. Mais quand cette formule a été donnée par ce politique lui-même, qu'il y revient sans cesse en dépit des obstacles et qu'elle est confirmée par l'ensemble de ses actes, il serait peut- Atre juste de la mettre enfin dans la pleine lumière qui lui est due.

Voici donc le but précis, constant, certain que Etichelieu poursuit dans la péninsule : il ne Iravaille pas à en chasser les Impériaux et les Espagnols dans le seul dessein d'amoindrir la maison d*.\utriche, de couper le pont où Vienne et Madrid se donnent la main ; mais dano l'intérêt des Italiens, qui est l'intérêt bien entendu de la France, ila repris, dansThéritagedcnenri IV, le projet •■ d'une Ligue où tous les États réunis garnntiraii-nt « a chacun son intégrité et se promettaient secours et assistance c en cas d'attaque de quelque part qu'elle soit ' ? » Ainsi s'exprime

|. Bnr lu divan Ukcldonu de 1a politique frutcklia «n lulie. jusqa'i. l'aTtoemant à» Rkbdûo, cf. 1h MimoirtÊ de FonteDay-MarcuU, le 1" Tolumo d«s LettfM de MieMim (AdUioa Annel) ; Wtlftua, Uûtoinde Philippe tlL

CI ÏNTROnCCTION

le préambule du IraiUi passé te 3 mars 4629 avec Venise ; ainsi parlera KicUeUeujUsqu'àlafln. Quelque soiL lincident, parfois le prétexte, qui ramène les drapeaux français de l'autre cdlé des monts, c« qu'invoque le cardinal, c'est toujours ia liberté ifitaiie; le mot en revient sans cesse sous sa plume et si l'Italie avait encore compris suflisammenlle mot, la chose peut-être se serait faite.

Pourquoi les historiens ont-ils accordé jusqu'à présent une attention si distraite à cette partie de la politique de Richelieu ? M. Avenel, qui pose fortement la question *, ne la résout point, parce qu'il lui eût fallu éWdemmcnl accuser, avec la mauvaise foi des écrivains italiens que ces souvenirs gônent comme des dettes, une certaine frivolité de nos auteurs qui tous, royalistes ou républicains, n'ont pas encore su rendre à l'incomparable cardinal l'hommage qu'il mérite. La pensée même de Richelieu n'en est pas moins claire. Elle n'éclate sans doute dans toute sa force qu'au Pas-de-Suse, quand Louis XIII vainqueur ratiOe le traité de confédération qui a été signé à Venise par d'Avaux, et en lance le préambule à l'Italie comme un véritable appel à l'indépendance. Mais, quatre ans auparavant, tout à fait au début de son ministère, au moment même oii il bâcla l'alTaire de Gènes, « parce que les < médecins tiennent pour aphorisme assuré qu'un mal interne, « quoique petit en soi-même, est plus à craindre qu'un externe (( beaucoup plus grand et douloureux et que, dès lors, il faut « abandonner le dehors pour pourvoir au dedans ' >, alors déjà la conception italienne de Richelieu était complètement arrdlée. Les huguenots révoltés et faisant le jeu du Roi catholique, les grands s'indignant contre ce pouvoir nouveau qui ne veut partager l'État avec personne, la cour en perpétuelle ébullition de trahisons et d'intrigues, lui laisseront-ils le loisir, sinon do réahser, du moias d'ébaucher ses desseins? En tout cas, il en laissera le programme à son pays et il adresse au Roi l'admi* rable mémoire du 5 mai 1625. Dans le passé, à l'époque de ses ambitions transalpines^ la France n'a été ni assez prudente ni

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