ir^HWi'Y
"Décadence de l'ëspagkë
CXTU
qa aa contraire de l'Espagne et de l'Kmpire, qui poussaient aux ItttI» ioLeslioes pour en profiler, La FraDce seule ne poursuivait pas dans la péninsule une ambition é^oïsle '. Évidemment, ritatie n'était point ressuscitée, mais la domination espagnole est désormais snr la penle qu'on ne remonte pas.
Ce qui a dominé, si l'on peut dire, depuis deux siècles, l'histoire d'Italie, c'est l'absence mÔme de l'Italie. Son nom a conltiiu6 & remplir la diplomatie des grandes puissances; son sol est l'an des deux grands champs de bataille où la maison de France poursuit sa lutte contre la maison d'Autriche : sauf par accident et comme par à-coup, dans de brusques et courts réveils, elle nous a paru pourtant étrangère, et Ta été en effet, aux luîtes de la politique et des armées dont elle est l'enjeu. Le frémissement qui a fait tressaillir la péninsule à la voix de Henri IV n'a duré qu'un instant ; Richelieu, malgré son génie, n'a tiré de cette terre désespérée que des soupirs vite étouffés : Où est la nation? Toscans et Lombards, Napolitains et Génois, parlent toujours la mfime langue ; mais y a-l-il encore des Italiens ? Ce nom d'Italie, que la France s'est obstinée h ne pas désapprendre, sonne à peine à leurs oreilles comme celui d'une morte dont le souvenir va s'crfaçanl. Vers la fin de la guerre de Trente ans, la décadence générale de l'Espagne est évidente : l'Italie va-t-elle savoir en profiter? On le croira pendant un instant, tellement le malaise de tous s'est accru sous une tyrannie tous les jours plus haïssable, tant la propagande française, même ralentie, a montré clairement que la puissance du vainqueur est faite surtout de la timidité des vaincus. Mais, encore une fois, il n'en sera rien. Quand, tout à l'heure, d'un excès, vraiment incroyable, d'humiliations et de souffrances jaillira le seul soulèvement populaire qui éclaire tant d'années
I i. Papien^iM, VT, 99î. — Cf. Ponum^y-lfarouil, Mémoim», t. II, !îâl ; Vittfr«7, ■ Btatmna dm mé^oeiatiaM Ht Lionne; Zeller, UUtoin ttlùUtÊ, l. XUI.
I uccm. PL* iiRvmc. pipi/OHat. x . — A
INTRODCCTION
de résignation h la servitude, c'est alors surtout, dans cette révolto d'un jour où Palorme et Naples rdluinenl leurs votcaus, qu'apparaît l'impuissance d'agir qui est pourrilalic le châtiment de n'avoir usé sa force qu'à se déchirer elle-même. Il faut dooc a'arrèter à ce chapitre où l'histoire, à tort, n'a vu le plus souvent qu'une anecdote. Ce n'est point quand il est étendu, c'est quand il essaye de marcher et retombe, que le malade apprend k connaître toute sa faiblesse.
Si l'on veut saisir sur le vif le procédé de la dominadon espagnole en Italie au xvn" siècle, c'est à Naples qu'il faut regarder. Les premiers successeurs de Gonzalve de Cordoue avaient d'abord ménagé, du moins relativement, lesDeux-Siciles; c'était l'époque du fameux proverbe ; » L'officier de Sicile ronge, u l'ofticier de Naples mange, Tofficior de Milan dévore. ■ Quand la Lombardie fut dévorée, quand rincplie des règlerocota et la rapacité calculée des gouverneurs espagnols eurent, en moiru d'un demi-siècle, transformé les plus belles plaines du moode en K un désert où les habitants mouraient de faira, sur \es u grandes routes, à cûté des champs abandonnés * et les villes les plus industrielles en » d'immenses ruines où le pain maa- H quait aux citoyens * >, les sauterelles du Roi catholique s'abattirent sur les Deux^Siciles qui connurent alors à leurloar « la dévastation systématique' ». La confiscation des liberté garanties par Charles-Quint n'avait irrité que la noblesse ; le peuple, habitué de temps presque immémorial aux coups àt bâton, restait assez indifférent à la question, en effet assez secondaire, de savoir de quelle main il les recevrait : qu'on ne 1« inquiète pas dans leur vie matérielle, À la fois si frugale «t si molle, ces grands enfants s'estiment heureux et s'amusent de toutf môme des forôls de gibets que plante Pierre de Tolède à l'usage des parjures, même (le la proscription des filles de joie^ Le Vésuve ne commença à gronder que le jour où le gouvW^ nemont espagnol, ayant tari la vache à lait milanaise, enjoi-
1.0iu>az)o délia Somagli», Attigementdt CÉtat de Milan^ 1S!>3; pMUion (In SM de Uihn no roi d'Espagne, 1988.