VilUni. tilorit Ptorenline^ t. VU, c. cuv
ï. Uùtoire de Flomtee, limi n, p. 67.
^. Le pmjxHi. eoDtertti [wr VilUiù, Vil, H, ml afltrmé paf Oi-umone, HiMtoire eufiie du raynume de Sapir», t. ill, Uvi^> XX, cl, t-a général, pu- Itt bimorictui tiapoliLuii^, P*(rl|(), Cnll"micci(>. — Cf. P**rrtM, tlutolre de Florence, i. II. p. 150, •i Cberhvr, iliitlu'ut 4^ la Lutte ttet Papes et des Empereurs de la maison dk Souabe, t Ut, p. 276.
t. OEannnna, L m, Ur» XX; — cl'. Dryu, te Sainî- Empire romaim, ch. Xlir.
ttcvnk l'M iMniccT. mploh«t. x. — b
INTRODUCTION
humain qui ait \ta^iè à travere tant d'affreuses répressions dal précisément de la Croisade française ? Les soldats allemands jettent au Tibre les cendres d'Arnaud, k de crainte qu'elles (I ne soient recueillies comme des reliques par l'îmbécile reli- » gion de la populace ■ ; mais les chevaliers an^*evins ensevelissent pieusement Manfred, tout allié des Sarrasins et sultan de Nocéra qu'il soit, sous un mausolée de pierre. Albéric de Romagne meurt au milieu des huées du peuple en liesse de Trévise ; mais Robert de Flandre, le propre cendre de Charles d'Anjou, saute sur TécUafaud de Conradin et tue d'un coup d'épée le juge qui Ut la sentence : « Il ne t'appartient pas, < misérable, de condamner à mort si noble et si gentil seî- « gneur! »
Deux causes principales tout & fait étrangères, dans ce siècle de supplices, à l'horreur du sang-, ont contribué à renverser la monarchie de Charles d'Anjou. D'abord, sa fidélité au parti guelfe, qui était resté le vrai parti italien, démocrate dans r&me, poursuivant son but avec une Apre ténacité, se servant de l'Eglise et même la servant tant qu'elle voulut la liberté et l'indépendance, mais violemment résolu à ne point changer un joug pour un autre, l'Empire pour la théocratie. Dès que Charles refusa de mettre aux pieds du Saint-Siège sa victoire sur le parti gibelin ou allemand, la Papauté se retourna contre lui et, sur la réponse du nouvel Empereur, Rodolphe de Habsbourg, M qu'il n'entrerait point dans le guêpier italien m, appela dans la péninsule un troisième étranger qui, lui, n'en sortira pas de cinq siècles et fera plus d'une fois regretter la maison d'Anjou. Contre cet impudent qui no veut être tyran que |iour son propre compte, l'Église, par Jean de Procida, s'unit aux .Hchismatique» Empereurs de Byzance, au roi d'Aragon, cousin de Conradin; après avoir excommunié Manfred pour ses alliances sarrasines, elle se fût entendue contre son vainqueur avec tous les musulmans d'Afrique et d'Asie. — La seconde cause fut la violente et brutale implantation de la fiscalité française en Sicile. A Naples, l'augnientation démesurée des emplois, ta nuée de fonctionnaires qui s'abattit à la suite des armées angevines, avaient causé déjà une profonde irritation : que sera-ce
VËPHBS SICILIENNES
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daiui c«tte Sicile, encore moitié grecque, moitié arabe, où les pftflleurs errants ont gardé leur sauvage indépendance, où les iDAriniers Dont jamais soupçonné que le rivage pût être à d'autres qu'aux Oûts bleus? quelle stupeur et quelle colère quand le
r|»mepteur français viendra proclamer le droit de bris sur les et frapper d'une taxe chaque châtaignier et chaque che-
'vreaut La Sicile eût pardonné, du moins oublié, les exécutiona ftroces de Guillaume l'Étendard, la proscription des partisans de Umaison de Souabe, la boucherie mOme d'Agousta. Mais le gmbelier et le justicier qui le suit n'ont pas plutôt passé qu'Us repassent: on ne meurt qu'une fois, mais il faut payer tous les jour» et payer sur tout, la moisson, la chèvre, l'essaim que le vent a emporté, les cocons qui n'ont pas été employés, 1m tissus de soie que les filles ont travaillés de leurs mains*. La mer, la forêt, la montagne, tout est au roi et à ses gendarmrs. De toutes les façons de révéler la civilisation il n'eu Ml pas de pire que l'impôt, le fisc inquisiteur qui enregistre loutc chose cl défend que rien lui soit caché. — Maintenant, ftàie» tomber sur cette terre pressurée l'ordre do celui qui représente le Dieu vivant et qui permet do chasser ceux-là même qu'il a fait venir : ce serait plus qu'un miracle si l'Etna faisait pas éruption, si les Vêpres Siciliennes n'éclataient pas. révolte, de Palernte, longuement et savamment préparée* a peut-<>tre changt'r la face du monde. A l'heure mémo où l'indécente maladresse d'un soldat fournil aux conjurés, tous anciens gibelins et nobles, le prétexte du massacre qui motirn entre la Sicile et le pacificateur de l'Italie une mer de sang, la Qottc de Charles d*.\njou appareillait pour arracher Conslantinople aux Grecs do Michel Paléologue et restaurer à son profit l'ancien Empire d'Orient. Quelque lenteur que l'insurrection eût mise à se prripagerdePalerme au reste do l'Ile. — r:e qui prouve encore que la révolte, comme l'ont tnVs bien vu Ips historiens espagnols, n*a pas eu la spontanéité que lui attribuent les écrivains siciliens, — Charles ne jmuvait partir laissant derrière lui ce volcan
I, Toir le* ■ WrT«nlucuHf > iraiirAuLions de Nicvlu S|>6ci»Us ot de B^rth^lemy dt K4o0Cftiln>- (Miebctcl, Uittù'trt de f'nincf, TTI. {i, '23S; SUuKtinli, RfipvbUqutt I, t. II. p, )t\'i\ Zellcr, Tribun» ri Uévotutiont tt'ItftUe, p. fi.)
INTRODUCTION
en feu et l'armée d'Aragon aux portes de Messine. Il resta et, avec sa flotte incendiée en vue du Phare, perdit la Sicile et l'Enipire. Les Turcs n'avaient plus qu'à se présenter aux portes de CoDstantinopte et l'Espagne tenait celles deTIlalie.
A la fin du xni* siècle et pendant plus de deax cents ans l'Italie n'appartient plus qu'à elle-même, je veux dire à l'anarchie. Comme la maison de Souabe, excommuniée dans la personne de Frédéric II par Innocent IV, avait Fait avec Man- Tred et Conradin doux suprêmes tentatives pour ressaisir la péninsule, la famille capétienno, trahie par Nicolas III, Ût avec Charles de Valois, un dernier elTurt pour reconstituer l'œuvre de la conquête angevine. Mais comment construire sur (les ruines? Il faudrait déblayer d'abord celles qui jonchent le sol, et fous ceux qui touchent à la terre enchantée et fatale ne font plus qu'y ajouter. Impossible de ne pas choisir entre les factions qui se disputent U domination des villes; mais comment choisir ? Pour avoir épousé dans Florence la cause des Guelfes noirs, Charles de Valois, • capitaine du patrimoine de Saint^Pierre, pacificateur de la Toscane et vicaire impérial do Lombardie >, no recueille, au fond du purgatoire, que l'immortel analhème du guelfe blanc qui s'appelle Dante :
Senz'arme o'csce, e solo coa la laacia, Coq la qaal giostro Giuda'...
Sur cette terre d'amour, la haine seule est vivace et forte ; mais ta haine n'engendre que la haine, « comme du ventre de la vipère ne peut sortir qu'un serpent ». Les municipalités se battent « per ragion di confini > et, ce qu'il y a de pis, la guerre est populaire, naturelle, spontanée. Des villes, dont on ignore aujourd'hui jusqu'à l'emplacement, se livrent des batailles do géants. Il faut voir dans le douloureux livre do Ferrari le cata-