MShirci étnngtres, Rome, t. LXXVUI, LXXXI
•V Anil>'iMn<1eur^ rânilïen!i, diip^fhn de "S-ati, I. CVtl.
uiae et VUtatoire da
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lus <l un an à l'avance par ses émissaires que » jamais la K disposition à un soulèvement n'avait été plus grande parmi e le peuple de Naples' ■, Mazarin avait aussiliM dépêché à Rome, pour suivre de près les affaires des Deux-Siciles, lo plus babile des diplomates mililaires formés par Richelieu, le mar- |uis de Pontcnay-Mareuil. Quand le cardinal de (irimaldi ou 'abbé de Saint-Nicolas lui écrivaient que « les Napolitains I protestaient qu'ils ne se donneraient pas seulement aux Fran- I CVAt mais aux Turcs, s'ils venaient à eux* tant ils sont ) eoncmis du gouvernement des Espagnols' », Mazarin ne les ïroysit apparemment qu'à moitié, sachant d'expérience que les terments italiens ne doivent point être pris au pied à la lettre. Hais il traçait de suite, dans les termes les plus nets, lo programme de la politique frnnçaifle dans les Deux-Siciles, qui était le ne rien épargner « pour les distraire de la domination cspa- I gnole M, parce que le Roi catholique en tire « tant d'honneur t «( d'ai^ent que leur perte en serait bien autrement préjudi- I dable que celle des Indes' >. La conquête des Présides, qui khoua au printemps, mais tut enlevée avec tant d'éclat k l'auomne de t64ti, n'avait été, dans sa pensée, que la préface de 'entreprise de Naples* qu il appelait la «i gronde entreprise >• et lonl il ne cessait d'entretenir de Lionne*. L'accusation, plus frave encore, d'avoir poursuivi à Naples des visées personlelles ne repose de même sur rien que sur des commérages l'aniichambre et se trouve démcnlio pur les faits. Plus d'un in avant l'insurrection, prévoyant le cas où, par l'extinction le la branche aînée de la maison de Savoie, le prince Thomas de Zarignan deviendrait souverain du Piémont, le cardinal l'avait ait venir à Paris et avait sig-né avec lui un traité secret, iréparé par d'Argensoo., qui lui assurait la couronne des Deux- Uciles. Pour le cas, qui semblait alors probable, où le prince tenterait du [*iémont, il s'engageait .à céder à ta France la
1. Dipldie <1« Htnri iVmauld, miin ISH. (Henri Artiiuld, sbMdd Sainl-Nicolu, lall chûcé d'une ini»)ion tpèci*le «d Ilatie, Aff". Elr., Ronio, u CU.) t, Orinuldt, ï6 narombr« I6t6 ; Ponlenay-Mftr«iiil (iniin lftl7).
i Punlena^-Marcuil cl instruction à Duplr98λ>BeMn^n. iho Kiri, Mercure, à l'uinâ* ISMî.
■1 ifOUttier itOrmrjuita, l. II, p, "I-1.
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INTRODUCTION
Savoie et le comté de Nice, « tout ce qui est on deçà <le9 « proche la France, dit lo traité, en récompense, tant de l'&s- « sistance que -Sa Majesté lui aura donnée pour la couronne de R Naples que pour la cession qu'elle lui aura fait des droits H qu'ËUo y prétend •. Dès qu'il reçoit la nouvcUe de t'insurrection, Mazarin écrit à son compère Gnmaldi « qu'ao- « cune entreprise ne pouvant étr« plus utile à la France qu«
< celte de Naples, aucun général n'est aussi capable d'y réussir
< que le prince de Condé ' ». Même avant la révolte de Masaniello, le cardinal avait déjà pensé h placer sous les ordres do vainqueur de Rocroy l'armée qu'on enverrait à Naples, et il n'y eut sorte de cÂlinerie qu'il ne mît en œuvre pour décider Condé, allant jusqu'à lui faire entendre, au mépris de la convention passée avec le prince Tliomas, qn'aprés la victoire il serait nommé Roi '. Quand le prince eut formellement refusé, Roit qu'il 80up<;nnnàt le cardinal de vouloir l'oxiler de Franc«, fioit que l'échec de Lérida l'eût débouté des guerres loinlAÎnes', Mazarin pensa si peu à tailler un royaume h quoiqu'un des siens dans son ancienne patrie qu'il envoya agent sur agent dans la ville soulevée pour inviter les Napolitains à se donner au roi de France, à Vexerople des Catalans. La conquête faite, le Roi aurait le choix entre deux partis : soit d'exécuter le traité savoyard, si le prince Thomas gardait ses chances & la succès* sion du Piémont, soit de proposer k Téleciion définitive des Napolitains un prince de ta famille royale, le duc d'Orléans ou son propre frère, le duc d'Anjou, • dont l'esprit fait espérer « des merveilles », bien qu'il ail à peine huit ans *.
La faute de Mazarin n'est donc nullement celle qui lui a été reprochée ; la vraie cause de ses erreurs et de ses tort», c'est de n'avoir pas su se résig-nor à temps aux événements, fâcheux assurément, mais irrévocables, qui vinrent tout à coup détraquer