‹ Naples et ParmeChapitre 69 sur 235 · I. Am^. VéH.. t. CVl, 3Tio6i t · texte numérisé non relu

I. Am^. VéH.. t. CVl, 3Tio6i t

CRliMONE ET PHUCIUA CXXXVII

aux intérêts àc sa patrie d'adoption des soins plus jaloux et se croyait, moins que tout autre, lo droit de l'engager dans des affaires où le souvenir de sa patrie d'origine eût semblé avoir une part déterminanle dans sos r^soIntion.H. Délivrer les Italiens de la domination espagnole était assui'émcnt une noble tAcbe, mais il était plus essentiel do faire reconnaître au congrès de Mfinster la conquête de TAlsacu et ratifier enfin celle des Trois-É vaches. Mazarin se refusa donc avec t>caucoup d'énergie à poursuivre à Naplcs ta revanche du duc do (iuise : « Les afTaires étant complètement minées, c'était une grande «> disgrâce *, » mais il fallait savoir se résigner ù l'irréparable, (juand le prince Thomas et le cardinal Grimaldi tentèrent, au mois d'août, sans le consulter, de descendre à Procida et d'occuper Salemo, le cardinal se lâcha et écrivit h Duplessis-Besançon, qui avait poussé à l'entreprise, une lettre fort dure. Ce débarquement était une sottise, » non pas simplement à en I " j"S*^'' pMï" ^^ succès qu'il a eu, car ce n'est pas de révénement (• que la raison veut qu'on juge si une résolution était bonne ' Il ou mauvaise, mais parce que cette entreprise nous engageait I « à continuer ta guerre en un lieu éloigné », où nous n'avions I plus rien à faire*. « On a souvent fait remarquer en diverses L ;« dépêches. continuailMazarin avec une sagesse toute italienne, r^m qu'il est beaucoup plus ulilo et plus hooorable de ne rien I •■ entreprendre que do le faire sans en venir à bout, et princi- ' •• paiement quand c'est dans un paya comme l'ilalic où tout se « conduit et se gouverne quasi par réputation et où elle con- H Iribue plus que toute autre chose à se faire estimer et m craindre. > Il n'y avait plus rien, pour le moment, à entreprendre en Italie.

Au surplus, quand la saine raison n'aurait point dictée Mazarin cet abandon temporaire de notre politique traditionnelle daoB lu péninsule, les événements n'auraient point tardé à lo lui imposer. La Fronde, en ofTet, grandissait de jour en jour et la Krance, au lendemain, le soir mèmede cotte admirable paix de

t. UUM J> MicbBl Mxurio, Aff- 6tr., i. XXUl.

1. LeUr« i DnpIirMÎii-Ilflsancon, A/f. Btr,, N»ple«, t. Vlîl; lostrocUaiLi uk fnioiilrc» de Fraott i N«[>l«s, {i. 'i^.

cxxxvm INTRODUCTION

Westphalie qui la faisait la première puissance de l'Europe, va disparaître volontairement et sans profit, pendant près de cinq années, de la politique européenne. £t sans doute, cette plus amusante des guerres civiles ne se fît pas seulement pour que le duc de la Rochefoucauld plût aux beaux yeux de U™ de Longueville et que M. de Gondi eût le chapeau ; derrière les brillants acteurs qui figurent au premier rang de ce roman et de cet opéra-bouffe, il faut savoir découvrir le peuple qu'on égare évidemment et qu'on trompe, mais qui souffre, qui a faim, qui se soulève contre Ventrée sur les vivres comme la Sicile s'est révoltée contre l'impôt des farines et Naples contre la taxe des fruits; qui, prenant les armes et dressant douze cents barricades pour son Parlement de magistrats, croit de bonne foi suivre l'exemple du peuple anglais luttant pour son Parlement de citoyens contre la tyrannie des Stuarts. La Fronde cependant n'est pas seulement au dedans, par la faute des intrigants et des honnêtes dames qui l'exploitent, la confisquent et la détournent de son but, la plus stérile des révolutions ; elle a failli encore compromettre et détruire au dehors les résultats de la plus magnifique politique qu'ait faite l'ancienne France, — et comment pardonner cette faute-là ?

Aux premiers grondements de l'émeute parisienne, c'est la cuisante préoccupation de Mazarin, son a angoisse patriotique » qui doit faire passer l'éponge sur tous ses torts et sur presque tous ses vices. Cette paix avec l'Empire qui doit couronner l'œuvre de Henri IV et de Richelieu, mettre fin à la suprématie de la maison d'Autriche, fonder l'équilibre européen , donner à l'Allemagne la liberté de conscience et la frontière du Rbin à la France, cette paix dont la conquête a coûté tant de sang et dont il faut encore, à la dernière heure, emporter les dernières signatures à coups de victoires, la Fronde ne va-t-ellc pas la faire évanouir en fumée au moment même où elle va se réaliser? TriVelîno, dit Retz; Faquino, dit Condé. Faquin et Trivelin tant qu'on voudra, voici ce que Mazarin écrit le 14 août à Servien : * Il a est impossible que ni présentement ni en aucun temps à « l'avenir, je puisse avoir plus de passion que je n'en ai tou- « jours eu pour la paix; mais il pourra bien arriver que cet

TRAITÉ DE WESTPIIALIE

en ait plus de besoin qu'il n'avait eu jusqu'ici... Jamais « DOS affaires (extérieurns) ne riiri^iit dans un état plus riant et « qui nous ilût faire espérer de remporter plus d'avantiiges sur « nos ennemis, s'ils s'opiniàlrcnt à vouloir continuer la guerre, « en (le raûillcures conditions pour celle couronne, s'ils se ré-

• solvent enfin à la paix. Mais certes, je vois ci Je plfittre twee « dru larmes dn sang qu'en ni6me temps que le dehors nous « apparaît beau, le dedans est extruordinairemcnt gâté, ot que

< par une fatalité déplorable nous .sommes dans le train de nous

• faire le mal dont nos ennemis n'ont su venir à boul'. > Cette dépèche confidentielle, qui a dormi plus de deux cents ans aux archives, dont Muzarin ne pouvait prévoir qu''elle sortirait jamais, quelle plus belle lettre de grande naturalisation se peutil imaginer, et l'homme qui l'a écrite n'a-l-il pas pu dire plus tard avec un juste orgueil, dans une dépôche au même Servieu, que * si son langage n'était pas français, son cœur l'était' » ? Quels sont d'ailleurs ses ennemis, les metteurs en scène des deux Frondes, ces Blancmcsnil et ces Brou&sol dont Louis XIV enfant, apprenant la victoire do Lens. dit avec une si étonnante perspicacité : « Le Parlement va ^tre bien fâché I » — ce Retz,

< Catilina ecclésiastique* », qui, la veille à peine du traité de Westphalie, avoue tranquillement, comme la chose la plus naloreile du monde. » qu'il a travaillé toute la nuit, avec Saint-

• Ibal, à une instruction avec laquelle il faisait état de l'en- <■ voyer à Bruxelles pour traiter avec le comte de Fuensal- ■ dagne el pour l'obligor à marcher à noire secours, en cas do « besoÏD, avec formée d Espagne^ >, — tous ces chefs enhn, portant les plus grand.s noms de la noblesse française, qui no songent qu'à recommencer la Ligue de comple à demi avec le Roi catholique, qui négocient cyniquement avec lui, rece* vrontson argenl, ap|>cllcronlel commanderont ses armées d'in-

nuon

Page 1