BOMFACE ET PHILIPPE LE BEL
[logue des inimitiés italiennes. Dès le xii*^ siècle, les guerres mu-
inicipales donnent 119 guerres chroniques entre qualre-vingt-
dix-neuf villes militantes; à lu fin du xv* siècle, le total des
révolutions sera de 7200, plus 700 massacres'. La trahison est
partout et, sur tant de décombres, une seule passion : détruire.
La Papauté, qui a brisé Manfred par Charles d'Anjou, et Charles
d'.\njou par Pierre d'Aragon, essaie maintenant de détruire
Frédéric de Sicile par Charles de Valois et n'aboutit qu'à un
nouveau morcellement: l'Âragonais i^'arde la Sicile eousle nom
de Trinacrie ; la dynastie angevine, avec Charles le Boiteux, se
|0onlentc des Calabres et de Naples. Mais l'heure du châtiment
aonné aussi pour la papauté : après avoir abaissé tous ceux
^qu'elle avait élevés, elle aussi va être frappée par ceux qui
avaient le plus contribué à sa puissance. Ce pouvoir temporel
tque la dynastie carlovingienne avait fondé sur les deux rives du
[Tibre, c'est une autre dynastie française qui le supprime.
Rien de plus tragiquement rapide que cet effondrement où [le roi de France, après avoir appliqué son gantelet de fer sur [la joue < du vieil et chétif Pape », emmènera la Papauté clle- [même, humiliée et lerriGée, à Avignon, « en la longue captirité de Bahylone ■>. C'est autour d'une question d'argent que Icommeuce cette affreuse querelle où, de mère à fils, de TEglise [bu roi, sont échangés les plus terribles anaUiï^mes que la chrétienté ait encore entendus, et quelle entend au surplus sans «caudale, tant les choses ont vite mArï, dans cette Hn du moyen Age, sans qu'on sache d'ailleurs trop comment. Entre la loyauté, dont les dépenses augmentaient avec les conquêtes, féodalité, qui s'est ruinée dans les croisades, et le peuple, |ue tout le monde a tondu, qui n'a plus, depuis longtemps, fquc la peau sur les us, l'Kglise seule, en effet, est restée riche et continue, en vertu de la force acquise, às'cnrichir tous les jours. |Or, quand Philippe eut épuisé tout ce que pouvaient lui mner l'altération des monnaies et l'expulsion des juifs après 'coofiftcation préalable, force fut bien d'établir, sous le nom cynique do maltdtc, le plus juste des impôts, puisqu'il frappai! élément les clercs, jusque-là indemnes de toute taxe,