‹ Naples et ParmeChapitre 9 sur 235 · I. Pemri, Rév. dltatit, t. II, c vi · texte numérisé non relu

I. Pemri, Rév. dltatit, t. II, c vi

INTRODUCTION

et les laïques : pour la première fois, le droit commun entrait danâ ia fiscalité. Une ordonnance, qui défendait d'exporter hors du royaume les matières d'or et d'argent, suivit bientôt. Naturellement, l'Église se cabra et, tout aussitôt, doublement atteinte p&r Ton et l'autre décret dans ses sources vives, la Papauté lança ses foudres contre le roi. D'abord, la bulle Clericis laTcos , qui commence par la protestAtion fameuse contre l'application du droit commun au cler^ : t< Los clercs ont toujours été en butte à l'inimitié des laïques », et déclare excommunié de fait tout prêtre qui paiera, tout laïque qui exigera subvention. pWft ou dû, sans l'autorisation expresse du Saint-Siège. Puis, au lendemain du jubilé de l'année séculaire 1300, où Boniface, ivre d'oi^ueil, prenant pour lui l'hommage de l'Europe agenouillée au tombeau des apôtres, revêtit les insignes impériaux et se crut à la fois pape et césar, maître du ciel et de la terre, les bulles Atisculta, /iii, et (Jnam sanctam. Cette dynastie française, — à qui la veille encore le Saint-Siège distribuait les trônes vacants, depuis ta Hongrie jusqu'à Naples, et promettait l'Empire latin, TEmpire d'Allemagne et la CastUle, — maintenant qu'elle a porté une main égalitaire et sacrilège sur les biens d'Église, les plus t'uricuscs invectives gibelines sont trop douces pour elle. Après les tendres et moelleux avertissements {rÉf/iise^ dans la douceur (Tun ineffahk amour...), voici l'accusation de vol et de sacrilège, la menace violente, l'alliance et la réconciliation avec les plus détestés ennemis de la veille, Texcommunicatioa finale. Seulement, la bonne étoile de la France veut que son roi, qui ne respecte rien, ne craigne pas davantage, et que n'ayant, jusque dans les plus sotcnnels serments, nul souci de la foi jurée, il ait au suprême degré l'orgueil do l'indépendance nationale ou royale, ce qui alors est tout un. Cette Rome papale^ que la France a faite, la France la défera de ses propres mains plutôt que d'en recevoir la loi; la lutte des empereurs gibelins contre la toute-puissance pontificale el l'hégémonie du Saint-Siège sur le monde, ce sont les rois capétiens qui la réprendront. Et, de fâit, où la maison de Souabe avait échoué malgré ses victoires, mourant de son triomphe môme, le petit-

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