‹ Naples et ParmeChapitre 81 sur 235 · I. fclicoi*, Sonnet · texte numérisé non relu

I. fclicoi*, Sonnet

CONGRÈS irnTRECHT

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échappe, — el l'Italie, espagnole hier, trouve re\à tout nplc. Si le sacrt^ congrès l'eût donnéo hu grand Seigneur, elle t dit : inehallah! comme elle dit : Amen! avec la même rénïXé.

pensée du règne, la succession d'Espagne, était la négaioa de la politique do l'équilibre européen qui avait été celle le Henri IV et de Richelieu; conséquence : ta paix d'Ulrecht, (ni est à la France ce que la paix de Westphalie avait été à t'Aatrichp. une limitation. La politique française en Italie n'a jamnis tenu moins de compte des Italiens que sou» Louis XIV; kulre conséquence de la justice ironique de l'histoire ; la terre out entière nous échappe, et la dépouille espagnole, Naples, Glanais, Sardaigne et Présides, plusleMantouau,qui disparaît lu nombre des Klats libres, passent à l'Aulriche. Les seules terres d'Italie, depuis trente ans. nous avaient coûté dix arlées et soixante-dix millions de louis d'or*. Si les trois quarts de l'Ilalie n'ont fuit que changer de ^rée. les traités d'Utrccht et de Rastadt ont eu cependant un [■tre résultat : la péninsule compte enlin avec le Piémont un *yaume imligène, et ce n'est pas une des moindres anomate de cette histoire que de voir ainsi réaliser contre nous ^ conception qui avait été, à l'origine, exclusivement franuse. S&ua doute, ce jeune royaume, tel que l'a fait l'Europe 'o» ce vilain dépeçage, est le plus baroque et le plus biscornu > monde, puisque quatre cents lieues de mer séparent ses évinces continentales de celte Sicile où les Piémontais ™i plus étrangers que les Espagnols cl les .allemands; ■^lor-Amédéc la troquera d'ailleurs, cinq ans plus tard, tant celte fois à qui perd gagne , pour la Sardaigne. llllaiB A qui la faute si, pour devenir enfin roi, le duc

^bfB«l, tntnMiHctioH, p. 5$!; Sumoodl, A^p. liai., \. X, \}. iXi,

CLvni INTRODUCTION

de SaTote a dû se contenter de la Sicile? Pendant près d'on demi-aiècle, la France n'a pas cessé de promettre aux ducs de Savoie qu'elle saisira la première occasion favorable d'enlever la Lombardic aux Espagnols pour la réunir au Piémont, qui lui rendra alors sa frontière naturelle des Alpes. Et quand la mort de Charles II a mis, sans coup férir, cette même Lombardie entre les raains de Louis XiV, cette gloutonnerie qu'il n'apporte pas seulement à table 1 emporte chez lui sur toute considération de prudence et de politique; il n'a pu se décidera donner à Victor-Amcdée, qui l'avait pourtant « avisé d'avoir « égard à ses intérêts >, le Montfcrrat et le Milanais, même en échange de la Savoie et de Nice; il a jeté lui-même le duc entre les bras de la coalition *. Ainsi, cet honneur et cet avantage de constituer, des ^VIpcs à la mer de Gênes, un royaume indépendant, ami et allié de la France, base de la nationalité italienne. Louis XIV les avait perdus pour avoir voulu tout garder : le duc de Savoie, comme le grand-duc de Brandebourg, a dû a couronne à notre défaite.

Maintenant, cette couronne de Sicile, si vite transformée en couronne de Sardaignc, la maison de Savoie s'en contenlcnt-olleT Pour s'en flatter, il ne faudrait rien connaître de son histoire qui, depuis les temps presque mystérieux d'Humbert aux Blanches-Mains, n'a été qu'un perpétuel marchandage pour gagner de toutes parts, s'arrondir et grandir inccssamnieflt. Un Jour qu'il avait été dupe d'une nouvelle combinaison : a Ui i mystères de la Bonne Déesse, écrivait Algarotli, ne furent < pas plus cachés aux hommes que no l'est la politique deU « cour de Savoie'. » Rien de plus clair, au contraire, déplu» élémentaire et de plus simple : la maison de Savoie n'a qu'uni politique, la même depuis quatre ou cinq siècles, qui esl d'étendre constamment son domaine et de pousser toujours plus avant ses frontières vers l'Italie. Par quelles alliances? par quels moyens? Peu importe : tous sont également bons, pourvu qu'ils aboutissent k quelque pro&t. Assurément, il cat dlfâcil^ de rappeler sans un peu d'amertume cette longue série de tr&bi-

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