‹ Naples et ParmeChapitre 82 sur 235 · I. Vilt»r5, Mémoirti, p · texte numérisé non relu

I. Vilt»r5, Mémoirti, p

X, CcrrtspondancÉ potUiquede Frédéric té Grand, 1. 1, p. 168.

LA MAISON OB SAVOIE fxix

sont, ft brat moment, cd pleine p&ix, au lendemain des plus solenoels traités, en pleine guerre aussi et jusqu'au fort même de la bataille. tJe n'est point spectacle t^difiant que celui de cette antique maison guettant sans cesse, de sa montagne, d'où oouKle le vent d'Europe, toujours prête à vendre, ou plutôt h louer son épée au plus fort enchérisseur. Sans concéder que le succès final justifie toutes choses, il faut reconnaître pourtant, avec le prince Eugène, que si les ducs de Savoie étaient infidèles de père en fUs, c'était surtout « par le tort de ta tf géographie > : placés entre la France et l'Empire comme entre le marteau et l'enclume, ils eussent nécessairement péri s'ils ne s'étaient mis toujours, de propos délibéré, avec le marteau. Ludovic le Uore avait coutume de dire que ■ son plus grand péril était <t d'être pris pour un sot ». Tous ces gens d'esprit, les ducs de Savoie, eurent toujours la ml^me crainte et le plus souvent. sauf quand ils jouèrent trop fin, se tirèrent meneillcusemenl d*a&ires. Quand Louis XIV hésite à accepter le testament de Cliarles II, la duchesse de Bourgogne, si profondément Savoyarde, donne son avis en quatre paroles : " IjC roi serait > bien sot s'il refusait l'Espagne pour son petit-fils '. » Son père. qui l'a si bien stylée, raisonne de même. Il serait bien sot, aprèa avoir marié son aînée au futur roi de France, de laisser échappcr l'occasion de marier sa cadette au roi d'Espagne ; mais il aérait bien sot encore, ses deux Hlles une fois établies, de ue paa lâcher Louis XIV, qui lui marchande la couronne de fer, pour l'Empereur « qui lui promet tout ce que ses gendres lui reftueDt' >, leMontferratetle Manlouan, Alexandrie et Valence, ïêm pays entre le Pd et le Tanaro. La reconnaissance n'arrête pas plus ces politiques que la foi jurée. L'Autriche leur a donné la couronne royale ; si la France leur propose demain 4*y ajouter quelques Qcurons à leur convenance, ils seront contre l'Empire. Avec la maison de Savoie, la carrière, encore et toujours, est ouverte au plus offrant.

Col appétit n*ost-il pourtant qu'un désir insatiable de man-

1. Mkbclel, Uùioirt de Franet, l. XIV. p. 1 17. , Sièelé dâ LouiM XJY, u 1, ch. kviu.

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INTRODUCTION

ger iodistinctement de tout? Il l'a été pendant longtemps, jusqu'au jour où le duc de Savoie est entré dans le salon Atn roie; désormais, il y aura autre chose, et l'erreur de la diplomatio française, tout à l'heure avec CbauveliD et d'Ar^nsoD. sera de no point s'en élre aperçue à temps. L'appétit sarorani aura, en cfïct, désormais ce correctif : que le festin soît pour lui seul et que le voisin ne s'assoie pas à la même table « Le Milanais, a dit Victor-Amédée, est un artichaut qu'il faut n manger feuille à feuille. > Mieux vaut n'en manger qu'une petite feuille, à condition d'être seul à manger, que d'avoir le tout si le voisin italien doit recevoir à proportion. Voilà, au xviii* siècle, toute la politique de la maison de Savoie. Elle retardera de plus de cent années l'indépendance et Puoité de l'Italie. Mais cetio unité, du moins, ne se fera qu'à son profil Les patriotes italiens, ceux de l'école de Machiavel, q\ii répudient également toutes les invasions » barbares >, avaienl longtemps reproché à la maison de Savoie d'avoir ouvert i Charles Vlll les portes de l'Italie; le cheval noir, Savoie^ qaele paladin français monte au passage des Alpes, c'est un cadeau <l« cette duchesse Blanche (]ui, pour payer les premiers frais de l'eotreprise, a mis ses diamants en gages à la banque de Gâaes : sa seule excuse est do n'fttre pas italienne. Au XYin" siècle, le sentiment pour le jeune royaume du Piémont est plus com* plexe. C'est à la fois une répugnance encore invaincue contre ces Italiens d'hier, si difTérenls de la vieille race dans leurs vertus plus encore que dans leurs défauts, et l'instinct vi^ que la liberté, si elle doit jamais reparaître, descendra cependint de ces montagnes où les volontés sont robustes et fortes coramfl le sol lui-même, tout do granit et de rocher. Cette maison i^ Savoie, « qui n'a cessé de prospérer depuis les temps les pl^$ « lointains au milieu do la détresse commune * «, — c'est no Italien qui parle, — on nu peut se résigner k lui faire bon accueil, mais on ne peut se défendre do l'admirer. Les marque» certaines de l'hostilité individuelle, locale, sont partout. La Si' cile, pondant les quelques années où elle a appartenu a. Victot'

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