‹ Naples et ParmeChapitre 86 sur 235 · VILLARS A .MILAN · texte numérisé non relu

VILLARS A .MILAN

cuux

■ Dites au Roi qu'il peut disposer de l'Italie, je vai5 la lui

érir. » Ces adieux de Villars à Fleury ont un air de fan-

nade; sons la faute d'un seul, d'un Italien, ils devenaient

ne réalité et, dès 1734, vingt ans h peine après les traités qui

'avaienl rayée du nombre des nations, l'Italie était imlépen-

te. Cbauvelin avait réuni, semblait-il. tous les atouts dans

jeu; non seulement il opérait d'accord avec l'Espagne,

aïs il avait obtenu la neutralité de l'Angleterre et de la Qol-

de, le Danemark et la Prusse demeurant immobiles ; l'Em-

rvuTj sourd aux conseils avisés du prince Eugène, avait

li la Toscane et les Siciles, laissant à peine douze mille

ommcs sur le Mincio, pour masser toutes ses troupes à la froD-

ièrc |K)looai&o ; Villars, nommé maréchal-général (le litre

u'avait porté Turcnne), acclamé avec enlbousiasmc à son départ

1« Paris, reçu avec une véritable frénésie par sa jeune armée.

lus brillant d'entrain que jamais à quatre-vingts ans, ouvrait

Milan le bal en même temps que la tranchée et conquérait

Lombardio on six semaines ; don Carlos, dans sa promenade

ionipbale sur Naples, n'avait qu'à recevoir les clefs des villes

ui venaient au-devant de lui : encore un effort, un seul, et

armée autrichienne, surprise en pleine formation, repassait en

déroute les AJpes du Tyrol, — et l'Italie était libre.

I Le roi de Sardaigne ne le voulut pas.

Je pourrais apporter ici des liasses de témoignages Français et espagnols, les commentaires de Campo-Raso. les bis* ioriens militaires (Massuet, Pajol , Henri de Lacombe) . una- BÎmes dans leur jugcmcot. d'abord et surtout, les admirables leltrea, si Gères et si tristes, de Villars â Louis XV'; un itèmoignage italien, celui de Cantu, sera plus décisif : « Un i« potentat qui redoute un voisin lui en oppose un autre de « forces presque égales; Charles-Emmanuel, quelque dc6ance

• qu'il eôt des Bourbons, aToit consenti (par le traité de

* Torin), k rag^randissemenl d'un enfant d'Espagne; mai$ il ne « 9ouiait pas affaiblir r Emperew aa point que les flIsd'Elisabpth

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eux

INTRODUCTION

« F&rnôso rosiasseiit saas contrepoids on Italie. Bn conséçuenct, t U entrava la marche de l'armée, restret^it la fouroîtuK àa c vivrcâ, refuHa de donner des canons pour le siège de Mu- < toue et ne songea point à pousser la guerre plus avant. Tandis € que Villars voulait que l'on proStÂt de l'occasion pour gagner I du terrain et fermer loul passage aux secours expédiés d'Aïa lemagne, il s'obstina à rester sur la défensive. Le niaréchd « Mercy eut alors toute facilité pour descendre du TjtûI et c renforcer la garnison de Mantoue. Villars, indigné^ tiMt « prendre congé du Roi, gui lui dit durement : < Bon voyage !i fl Le maréchal mourut & Turin, à l'àgo de quatre -vingt-deui a ans'. *

Ainsi, h deux pas du but, tout s'écroulait encore une fois, el par quelle faute! dans quel intérfit ! Plutdt que de voir m former à ses portes un Elat indépendant et indigène de Toscane, le roi do Sardaignc préfère consolider dans cette mfime Lombardie, qu'il pouvait avoir tout entière, « le contrcpoide • des Allemands. Au lieu de la couronne de fer que lui donnait la France, il n'auraè la paix que les deux petites villes de Nonre et de Tortone ; mais quoi ! le Hls cadet d'Elisabeth n'aura ni Panne ni Florence, et le Piémont, dès lors, conservera son monopole; seule puissance nationale au nord de l'Italie, il garde enlièresoD espérance d'absorber peu à peu tout le reste. De quelle fàs^a les plénipotentiaires de Vienne IraîLeront-ils ce reste en atlcadant, peu importe ! Que l'Autriche, par l'annexion de Parme et de Plaisance, détruise un Elat italien do plus; qu'elle s'installf: en suzeraine, avec le duc François-Etienne de Lorraine, geodn de l'Empereur, dans la Toscane, stupéfaite de cette adjudicatiosi que, laissant à don Carlos la basse Italie, trop lointaine pour être utilement défendue, oUe réunisse désormais sous sa maia le bloc de l'Italie centrale, ces considérations sont secondaires: l'essentiel pour la maison de Savoie, c'est de n'être gênée dus ses ambitions par aucun voisinage italien. Le calcul est féroce, si l'on pense aux populations sacrillées , vendues comme w bétail, au moment où elles se croyaient libérées, où l'indé-

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