NAPLES
f ttSTRlCT. DIPLOMAT.
Les iriittrucUfms el m^moirog qui suivent, adressés h Du Pleesis- Besançon par Mazarin, se r&tlachent h la politique du cardinal en llaliOi particulièrement dans le royaume de Napics. La guerre de Trente ans touchait à sa fln et l'Autriche semblait k bout de résistance. Sur le [thiu, Turcnuc eommeuçait l'admirable cauipaguc qui dorait conduire l'armée franco-suédoise aux portes do Vienne ; en Catalogne, npr6s des alternatives de succès et de revers, Schomberg, parUpri^de Tortose, avait assuré définitivement la victoire de la France iur l'Espagne ; en Flandre, Coudé, au mémo moment, avait gagné la bataille de Lons.
Cependant l'Italie se trouvait encore soumiiie presque tout entière à la domination espagnole ; la Sardaïgne, les Daux-Siciles, le Milanais, l&â présidiîs de Toscane appartenaient en propre à Philippe IV ; des vice-rois gouvernaient Milan et ÎSaples en son nom.
Mazarin. avec sa Ûaesse habituelle, comprit que c'était dans la péninsule qu'il fallait fi-apper les derniers coups et, très hardiment, lança non programme : « Assurer la liberté publique eu Italie contre les tn)ublcs el invasions perpétuels des Espagnols '. > C'était la politique même de Richelieu : < Chasser les Espagnols eu formant contre eux une coalition des princes italiens. > Le projet d'une expàdition en Italie fut aussitôt décidé.
La première expédition des préiidei ne réussit qu'à moitié. On appelait présûies quelques places maritimes de la Toscane que les Espagnols possédaient depuii^ un aiôcle et qui servaient d'olapea Jt leurs troupes (!<• Ii-rre rt iln nipr, cuire le Milanais, la Liguric cl le
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royaume de Naptes. C'était Pîombino, en face de Tile d'Elbe; Porto- Longone, dans cette île, et plus bas, sur la frontière de l'Etes romain, Orbitello et Porto-Ercole. Mazarin s'arrêta, après quelques hésitations, au plan suivant : s'emparer des présides et de l'Ile d'Elbe pour lancer de là le prince Thomas deCarignan à la conquête de Naples et, par la même occasion, infliger un avertissement au Pape Innocent X qui, dévoué de cœur à l'Espagne, personnellement hostile au cardinal, avait inauguré son règne par l'exil des Barberini. Le prince de Garignan se montra malheureusement inférieur à la tâche qui lui avait été assignée : il s'attarda inutilement au siège d'Orbitello et donna ainsi aux troupes espagnoles de Naples le temps d'arriver sur ses derrières, à travers les Etats du Pape. La belle victoire navale que l'amiral de Brézé, neveu de Richelieu, remporta dans le canal de Piombino sur la flotte de Pimente!, et qui coûta la vie & ce jeune héros, beau-frère et rival de Gondé, fut rendue inutile par ces tergiversations : le prince Thomas leva le siège d'Orbitello et rentra en Piémont (mai-juin 1646).
Hazarin n'était pas homme & s'effrayer d'un échec passager ; fouetté par les épîgrammes romaines, il s'attacha au contraire à son projet avec un redoublement d'ardeur et mit tout en œuvre pour une grande expédition. L'administration de la guerre fit si belle diligence que, moins de deux mois après la retraite du prince de Garignan, le maréchal de laMcilleraie s'embarquait à Toulon avec plusieurs milliers d'hommes.
Le maréchal du Plessis l'attendait & Oneglia avec un corps détaché de l'armée de Piémont. La campagne fut vivement menée. Les deux maréchaux descendirent cette fois, non plus à Orbitello, mais h Pîombino, qui fut emporté en quelques jours (H octobre), et d'oùils tournèrent contre Porto-Longone qui capitula avant la fin du mois. L'armée et la flotte française se trouvèrent ainsi maîtresses du canal de Piombino, l'un des passages principaux des côtes d'Italie et celui dont elles pouvaient user contre l'Espagne avec le plus d'avantage * .
L'impression produite sur l'Italie fut très vive : « Toute la Péninsule, écrit le maréchal du Plessis, fut saisie d'admiration. > Le pape s'adoucit du jour au lendemain ; le duc de Modènc, jusque-là très hostile, se fit l'allié de la France : la fin de la domination espagnole semblait venue.
La révolution qui éclata à Naples l'année suivante (1647) donna une nouvelle impulsion à la politique de Mazarin. Il n'était pire tyrannie dans tout l'Empire espagnol que celle qui était exercée alors dans les Deux-Sicilea par les vice-rois, Los Vêlez à Palerme et le duc d'Arcos à Naples. Pendant longtemps, la politique de Charles-Quint,
1. Mémoires do Montglat, p. 134. — Mémoires du maréchal du Plessis, p. 382.