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qui. les ailes largement ouvertes, semblent prêts à prendre leur vol : ils rappellent très nettement les deux aigles qui se voient de chaque r(ké de la porte de Bartolomeo. au château de Frédéric II, à Foggia. Les autres détails, notamment le haut collier de feuilles d'acanthe qui décore la partie inférieure des chapiteaux, rappelleraient plutôt les chapiteaux romains ; mais ceux-ci n'étaient pas aussi finement,
l'IiuU, Alm.Ml
Sant.i Restituta. Mosaïque de la chapelle Santa Maria dcl Principio. ^La !MaJone avec Santa Restituta et Saint Janvier) xiV siècle.
aussi délicatement travaillés. (Jn se trouve bien en présence de chapiteaux exécutés sous les Souabes. et un détail de l'un deux le prouve avec certitude : un des aigles a été cassé, et à sa place on a sculpté une fleur de lys. Ainsi Charles II d'Anjou marqua sa puissance, et détruisit ce qui rappelait trop nettement la domination impériale. Son prédécesseur Charles I" avait fait, de même, graver des fleurs de lys sur les monnaies qu'il avait commandées au début de son règne, monnaies qui étaient, à ce détail près, exactement semblables aux « augustales » de Frédéric II.
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A Santa Chiara. on voit aussi. ])rès du transept, l'une à droite, l'autre à gauche de la nef. deux colonnes monolithes qui proviennent des Fouilles. Ces deux colonnes furent prises en i;, 17 au Castel del Monte, sur l'ordre du roi Robert d'Anjou, transportées par mer de Barletta ;> Xaples, et données à Santa Chiara. Elles ont soutenu, avec d'autres, le tabernacle (lu maître-autel, jusqu'au jour où Sanfelice remplaça l'autel primitif par l'autel baroque qui existe encore aujourd'hui, et masque le mausolée du roi Robert. Ces deux colonnes, de forme spirale, et divisées chacune en cinq zones séparées par des cordons perlés, possèdent des détails qu'on relève sur les sarcophages romains : les chapiteaux, qui ne ]ii)rtcnt c[u'un ])etit aigle, sont massifs comme les chapiteaux romains.
Ces colonnes, et les chapiteaux de San Agostino alla Zecca. dénotent deux manières différentes. Celles-là ne .sont qu'une imitation des sculptures romaines, comme les monnaies de Frédéric imitaient les monnaies d'Auguste; les chapiteaux de San Agostino sont au contraire originaux : ils sont de la meilleure époque de l'art pouillien. et constituent pour l'étude de cet art de très précieux documents Xapoli nobilissima. t ^^ p. 24).
Niccolo l'/sûHO. qui est l'un des plus grands maîtres de l'art ]iouillii'n. travailla, dii-on, à Naples. Certains chroniqueurs parlent de lra\aux qu'il aurait exécutés au Château de l'Œ^uf et au Castel Capuano. Le château de l'Œuf existait sous le nom île « château du Sauveur » bien avant les .Souabes, avant même les Normands : son origine remonte au ix' ou X' siècle. ].e château était sans doute alors un couvent fortifié : la biographie de saint Athanase, qui s'y réfugia, tend à justifier cette opinion. Ce château a subi au cours des siècles de multiples transformations. Aucune œuvre de Fisano. si Fisano y a travaillé, ne subsiste plus aujourd'hui.
Il convient au sur])lus d'être jjrudcnt c|uand on étudie l'histoire artistique de Xaples au temps des .Souabes : il y a plus de légendes que de certitudes... .Même sous les Angevins, de très nombreux faits, longtemps tenus pour certains, sont aujourd'hui contestés. Dominici. par exemple, qui a écrit une \'/fc clci piltori. seul ton' iil tn-chifctti iuipolttiiin\ publiée en 1742 , qu'on a longtemps considérée comme un chef-d'œuvre, ne doit être cru qu'après enquête et justification. .M. Benedetto Croce n'a pas craint de le traiter de c faussaire ». Dominici a j)arlé, par exemple, d'un certain Masuccio I" ((ui aurait construit, sur les ordres de Charles <1 Anjou, de nombreuses églises, entre autres San l.orenzo : on se demande à jirésent si ce Masuccio V a jamais existé. . .Mêmes doutes en ce
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qui concerne Maglione, un soi-disant toscan, élève de Pisano, dont parle Vasari. • — De même, beaucoup de vieilles constructions de Naples, que certains prétendent remonter à l'époque angevine, sont certainement postérieures : ainsi, le palais Grasso. ou palais de Scorciatis, proche de l'église San Paolo.
Cependant Naples a gardé de très nombreux monuments, des églises
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Santa Reslitut.i. Fragments dune clôture d'autel, dans la chapelle Santa Maria del Principio.
surtout, datant, sans aucun doute possible, de la fin du xiiT siècle et du xiv°. Elle en eût conservé plus encore si elle avait connu moins de révolutions et de maîtres divers. Les très nombreux « sventramenti » qu'elle a subis ont fait aussi disparaître l^eaucoup de vestiges dupasse... hntre cent autres, datant du début du moyen âge. on peut citer la maison de Pierre Desvignes, le célèbre chancelier de Frédéric II I^Ue était située à l'angle du vico Ferrivecchi, dans la Zecca dei Panni. au c^uartier de Pendino ; elle fut démolie en 1650 sur l'ordre du vice-roi espagnol comte d'Ognatte. et à sa place fut édifiée une fontaine, elle-même aujourd'hui disparue
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Les Angevins ont apporté avec eux. comme tout vainqueur, un style architectural nouveau : le gothique, celui-là même qui. à Tépoque, fleurissait en France'. Cependant, le gothique français et celui qu'on voit à Xaples sont assez notablement différents : le gothique napolitain n"a pas d'ordinaire la rigidité du notre. On a dit justement que les architectes et les sculpteurs qui travaillèrent à Xaples au xiir et au XIV siècle avaient subi l'influence amollissante tlu pays : leur manière fut d'ordinaire moins sévère, mais plus gracieuse, cpie celle des artistes français de la même époque.
Siiii Lonii^o est l'une des premières églises que les Angevins aient édifiées. Capasso a établi qu'avant l'église angevine, et depuis au moins le X*" siècle, il y en avait une autre plus petite. Charles 1" dépensa, /'/'o coinplciida ccclcsia, 500 onces d'or. Le gothique de San Lorenzo est encore très français : ainsi, derrière le maître-autel est un pourtour avec arcs et voûtes ogivales, et neuf chapelles convergentes. L'église est en forme de croix, avec chapelles latérales, et sans voûte. (Jn retrouve la particularité du toit plat dans toutes les églises de Xaples de l'époque angevine. Les deux parois de la nef sont réunies par un arc très hardi, qui, comme l'abside, a heureusement écha])i)é aux réfections baroques exécutées en 163g par le prieur du couvent, le I'. Rocco''. (V. ïiifro chap \iii
Le Dôme est un ])('u ])osiérieur à .San Lorenzo : le ])remier document (|ui le mentionne est du 16 juin 1294. 11 a du être construit par un architecte français, peut-être Pierre d'Angicourt. qui était certainement à Xaples en 1305. et non parXiccolo Pisano comme le prétend Vasari . qui mourut en 127X. j/église est en forme de croix latine, à trois nefs et à
' Les Angevins furent iïrancis amateurs d'art l.a Cour fut fréquentée par de nombreux artistes, et hommes de lettres et de sciences. Parmi ces derniers, on peut citer TAcciajuoli, évè<iue di' Monopoli, ni;u"tre réputé de philosophie et d'astronomie ; le moine Haralaam, cpii s'adonnait aux études yrectiues; Paolo da Perugia, bibliophile célèbre; Harbato da Sulmr)na (|ui devint le meilleur ami de Pétrarcpie ; Nicola d Alife ; le poète Ciiovanni Hanili ; Guglielmo Maramaldo, également poète, et trésorier de la Cour.
- ( "ist :i San Lorenzo que le 26 mars 1334, pendant l'Office du samedi saint. Boccace, .ilors itudiant à Naples, * seul et appuyé à une colonne de marbre », vit pour la première fois ^larie d'.\quino, fille naturelle de Robert d'Anjou. Les yeux des deux jeunes gens se rencontrèrent : ils se plurent, et de là naquit un amour qui dura jus(|u'à la mort de Marie. Boccace a immortalisé celle-i-i dans l-'iammetta.
A côté de San Lorenzo est le vieux couvent où demeura Pétrarque en 1343 pendant son second séjour à Xaples. La porte d'entrée du couvent fut faite aux frais de la famille Miroballo, au xv" siècle. Sur le cloître, qui date du .wi'-' siècle, ouvre la salle du Chapitre dont les portes et les fenêtres, à colonnes de marbre, sont d'un gothicpie rappelant le .\iv siècle. Cette salle et les salles v<iisines, où se réunissaient les élus des nobles et du peuple-, ont connu maints événements mémorables... (Napoli Xobilissima, t. IV, p. 37 et 68; t. XIII, p. 113 .
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abside ronde. De chaque côté du maître-autel, sunt deux chai^elles d'un g'othique très pur. Seize piliers séparent la nef centrale des bas côtés : les arcs sont aigus et reposent sur des corniches finement tra\'aillées. Les fenêtres sont ogivales. Le toit est plat. D assez nombreuses réfections ont été opérées, notamment en 1744 eten 18,37. ].e portail principal, très riche, gothique flamboyanl. de Bamboccio, a été commencé en 1407 : il a été ('(lifié aux frais du cardinal .Minutolo: le Saint- .^lich(4 qui le couronne res-
Santa Chiara. I-a nef.
semble beaucoup au .Sainl-(Teorges de DonatelUj, U'autres détails encore, comme les armes du roi Ladislas, prouvent que ce portail n'a pas dû être achevé avant le milieu du XV siècle. A l'exception du portail, la façade actuelle est tout entière moderne : elle a été commencée en 1877. L'ancienne était à lignes plus sévères, et s'harmonisait moins heureusement avec la porte de Bamboccio.
Snii Domcnico Maggioi'e, cjui a également subi de multiples transformations... et enlaidissements. 5^?// Pi'cfro a Maiclla. San Piciro Mûrt/rr, Sanla Mafia donna Regina. San Antonio Aha/c' sont eux
' La statue en marbre de l.i Vierge assise tenant l'Enlant Jésus, qu'dn voit dans cette église, est fort cinieuse. I'".lle est de même style que les statues assises des tomljeaux de
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aussi de la fin du xiii' siècle ou du début du xiV. et de même style gothique italien. De la même époque sont encore Sûii/û CJiiara, YAniiiin^liata et V Incoronata .
Siiiila (^.hiai-a a été commencée en 1310. sur les ordres du roi Robert par un architecte napolitain, Gagliardo Primario, et non par .Masuccio. comme le prétend Uominici. et terminée en 1328: la consécration se fit en i.uS. A côté de Téfilise, était un im])()rtant monastère qui fut érigé l)our les franciscains : Rnljert a\'ait en effet un culte spécial ])our saint l"rani,-ois (son père et prédécesseur Charles II honorait au contraire plus spécialement saint Dominiiiue ; ce fut pour les dominicains qu'il fit édifier San Domenicoet San Pietro .^lartire^ Outre Santa Chiara, le Roi donna trois autres monastères à Tordre de Saint-François. Le couvent de Santa Chiara a\ail un splendide cloître avec d'élégants arcs aigus. t|u"on peut voir aujourd'hui encore de la galerie extérieure de l'église. Les salles dont il se composait sont à présent en partie occupées par une imprimerie. L'église elle-même a été abominablement défigurée en 1752. Au lieu de la voûte actuelle, elle avait un loit jilat : les fenêtres étaient golhiiiu^^s, plus hautes et moins nombreuses. La tribune et l'autel sont modernes. Seules, ou à peu près, les clia pelles latérales ont été respectées. 1/église n'a pas de transej)! ])ro])rement dit, ni de bas côtés. ,\ l'extérieur sont deux tours octogonales, et un cami)anik' qui fut commencé en 132S. et qu'on ne Icrinina qu'au x\ir siècle. Aussi esl-il fait de tous les styles : il y a des détails gotliiques, d'autres Renaissance, d'autres baroques. Plusieurs autres camjianiles. notamment celui de San Pietro a Maiella. qui date de la fin du XIV siècle, .sont beaucoup plus sobres et moins bigarrés.
Ivn 13)3. fut fondée l'église de Y A 1111 initia ta : en 1352. Yliiioroiici/ti-. ].' Auuiiiijlatn fut plus tard transformée, puis délriiilc. l'nc
SutUa fhiani (v. iiifi\r .<-t la Madunc du bas-relief <Jo Capano ài?an Pietio Martiie. Ivlle rappelle les œuvres de ïino de Sienne et de Gagliardn Primario. Si la partie inférieure du corps est négligée et mal prupurtinimée. la partie supérieure est au contraire très heureusement traitée : l'ondulation du buste, la pose de la tête tournée tendrement vers l'enfant Jésus, l'e.vpression amoureuse du visage, sont excellentes.
' La petite iliapt-lle de ConraJiu. sur la piazza dcl Mercato. fut érigée en 1781, à la place d'une autre datant du milieu du xiv'' siècle, et qu'un incendie avait détruite. Ce fut un marchand de peaux, Domenico Punzo. qui obtint de la reine Jeanne I"la concession du lieu où le dernier des Souabes, sur l'ordre de Charles I'' d'Anjou, avait été e.\écuté Punzo fit élever dans l'église une croix de marbre c|u'on voit encore, et peindre diverso fresques représentant la vie de Conradin.
I/église et le couvent du Carmiiic, près du Castel del Carminé, sur la place voisine de la piazza del Mercato. datent du xn"' siècle. 1/église a été entièrement reconstruite en 1-69, dans un mauvais style baroque ; quant au couvent, il est laissé à l'abandon. On a utilisé sculi-ment queUjues pièces pour en faire un poste de police! Le campanile n'a
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autre église, édifiée à sa place, fut elle-même détruite par un incendie. L'église qui porte aujourd'hui le nom de Santa Annunziata n'a été édifiée qu'en 1757 par Vanvitelli. De l'église angevine, on a retrouvé en 1894 un pan de mur. couvert de fort belles fresques. (V. iiifra. p.
Ulncor ouata, dont le gothique est en certaines joarties encore très visible, appelle une mention spéciale : c'est le seul édifice médiéval dépendant de la « Reggia » (le Castel Xunvo) qui ait sul^sisté : Jeanne I''' a transformé et agrandi un édifice préexistant, qui était la « Curia del A'icario ». le siège de la magistrature suprême pour la justice criminelle. Comme l'Annunziata, l'Incuronata possède des fresques très précieuses, y. iiifi'a, p. 59.)
De 1 époque angev'ine sont encore San Giova n 11 1 a Carhoiiai-a,SûiiAiigiio a Nilo, Monte Olivcto.
maintes autres églises, car Naples en compte plus de 600! Mais ces dernières sont postérieures en date à celles citées plus haut :
quand on les construisit, la Renaissance était déjà commencée, et dans chacune d'elles on en distingue aisément les premiers symptômes.
été achevé qu'un 17.15 • on l'avait commencé environ trois siècles auparavant... Et encore ce campanile n'était-il pas le premier: un autre, dont la " Cronistoria /- parle pour la première fois à propos du bombardement de Naples par Alphonse d'Aragon, avait été antérieurement détruit par un tremblement de terre... Le campanile actuel est comme celui de Santa Chiara multistyle... (Napoli nobilissima. t. II, p. 180; t. V, p. 150)-
FlloLo Aliii.Ki.
Sant.i Chiara. Tombeau du roi Robert d'Anjou (derrière le maître autelî.
Du temps des Angevins. Xaples a conservé de très nombreuses sculptures — surtout des monuments funéraires. Les plus importantes sont celles de Santa Chiara. qui sont certainement dues pour la ])lupart à des artistes toscans. Les Angevins ont en effet appelé à Xaples de nonilircux artistes du X(ird de la péninsule, la manière i\'Aii(f/-tû l'isdiio se retrouve nettement dans plusieurs sculptures de Santa Chiara. exécutées durant les premières années qui suivirent la fondation de l'église, entre 1^,28 et 134.5. Les noms des artistes qui y travaillèrent ne sont pas connus. On sait seulement que. sous le règne de Robert, Pacc vint à Xaples. et on suppose <iu"il dut travailler à Santa Chiara.
Le grand monument du roi Robert, qui se trouve dans cette église, derrière le niaitrc-autel. est d'une époque un peu ])ostérieure. et d'une manière différente : il a été commencé en 1343, et dut être achevé troi> ou quatre ans après. L'en.semble est assez di.sgracieux à cause de la partie su]K'rieure tro]) lourde, et surtout de la statue du Roi assis, cjui. selon le mot de Perkins, ressemble à une affreuse idole. J-e nKjnument est de deux sculpteurs florentins, Giovnnin etPûccio, que d'autres orthographient Pancius et Sancius. 11 est cependant fort probable que la ])arli'' su])éri('ure ne leur est pas due. et qu'elle est l'œuvre d'élèves insuffisamment exercés. Les détails sont soigneusement traités et témoignent d'une grande habileté technique. — La manière de Giovanni et Pacciose retrouve encore dans le délicieux fragmentqui subsiste delatombedeLouisde Duras, également à .Sanla ( hiara : la tète de l'enfant est semblable, non seulement à celle qui est représentée sur le sarcophage de Robert, avec l'inscription « Dominus Ludovicus », mais aussi à celles des autres enfants de la famille royale qu'on voit autour du Roi défunt : les anges du tombeau de Louis de huras ressemblent par l'ovale de la figure, la coupe des yeux, l'arrangement des cheveux, aux figurines des pilastres du grand mausolée, et par les draperies des jupes et le modelé très fin des ailes, aux anges cjui soulèvent les rideaux au-dessus delà dépouille mortelle. — Sans doute aussi, les beaux bas reliefs, représentant la vie de sainte Catherine, (jui sont fixés sur la balustraile de la tribune d'orgue au-dessus de l'entrée de l'église, sont-ils de (iiovanni et de Paccio. ou d'un de leurs élèves florentins. — I,a chaire est également dans leur manière, mais doit plutôt être l'œuvre d'un napolitain : les meilleures figures ne sont que des copies serviles d'originaux, choisis dans les scènes de la vie de sainte Catherine. — (iiovanni et Paccio ont enciire, sans aucun doute, insjjiré certains détails du monument de la princesse de Tarente et de celui de Rainumddel lUilzo. également à Santa Chiara : on retrouve, par exemple, dans celui-là les anges soulevant un
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rideau au dessus de la dépouille mortelle... Ce même détail se voit également à la tombe de la reine Marie, à Santa Maria donna Regina, œuvre de Primario et Tino di Camaino de Sienne, et à celles de Jeanne de Dura.s et de Robert d'Artois, à San Lorenzo, œuvres de Bamboccio.
D'autres monuments de Santa Chiara, comme par exemple la tombe de Marie duchesse de Duras, sont certainement florentins , mais (1 un travail ]3lus violent, plus hardi, plus pittoresque que les leuvres de Giovanni et de Paccio :
ils se rapprochent manifestement de la manière d'Orcagna. M. lùnile Bertaux a justement écrit ([ue les scidplures de (lio- \anni et de Paccio se jjlacent tlans l'histoire de la sculpture florentine entre le.s plus anciens bas-reliefs du cam])anile de Florence, et le tal:)ernacle d'Ur San Michèle (Napoli nobilissima, t. IV. p. 1,34 et '47'-
A San l.orenzo, se voit un monument gothique très intéressant, antérieur aux œuvres de Giovanni et de Paccio, et d'une manière notablement différente :
c'est le tombeau de Catherine d'Autriche, duchesse de Calabre. De forme carrée, il se compose de cjuatre colonnes, posées sur des lions, soutenant un baldaquin pointu. Dans le triangle formé par le baldaquin, un bas-relief repré.sente tl'un coté saint François recevant les stigmates, de l'autre Jésus avec Moïse et Flie. Sous le baldaquin e.st le sarcophage :
S.iiita Cliiara. Tombeau de Marie, duchesse de Duras.
la défunte est étendue les mains jointes, des statuettes très fines Tenlourent. L'œuvre est d'un caractère simjjle, d'un style large et classique : elle est certainement d'un des Cosmati, sans doute Giovanni Cosmato. l'un des meilleurs sculpteurs qui travaillaient à Rome en 1323, date à laquelle — ainsi que les Archives en font foi — Robert commanda à un « artiste de Rome » le monument de Catherine d'Autriche.
1 )e la même époque, et d'un gothique très heureux, est le beau mausolée de la reine Marie, veuve de Charles II. qu'on voit à Santa Maria donna Regina — que la Reine avait fondée. — et qui est dû au najjolitain Gagliardo Primario et à Tino di Camaino. de -Sienne, un tles meilleurs artistes du Nord de hi Péninsule que les Angevins aient fait venir à Naples.
D'élèves des Cosmati sont notamment le tombeau de marbre de 1-ilippo Minutolo, archevêque de Naples. mort en 1301, dans la chapelle 3linutolo, au Dôme. — le tombeau du ])ape Innocent 1\', aussi au Dôme. — le trône épiscopal en marbre du Dôme, etc.. De style cosmatique encore, le beau pavement de mosaïciuc. du xiii" siècle, de la chapelle .^linutolo.
La plus belle mosaïque de l'époque médiévale que Xaples possède est celle (lu'iiii voit dans la rhajielle Santa Maria del Principio. à Santa Restiiula : la \'ierge, assise sur un trône, tient de la main droite l'enfant Jésus et de la gauche une longue croix d'argent. A côté d'elle, saint Janvier et Santa Restituta. .Sous les pieds de la Vierge, deux coussins, selon la manière byzantine. L'ensemble est de style gothique tardif, cosmatique : l'œuvre, très intéressante, est de Lello, en 1322.
Les églises de Naples renferment de nombreuses pierres tombales. Celles datant du XliT' ou XIV siècle sont très simples, et n'ont guère de caractère artistique. Les unes sont rectangulaires, les autres en forme de tabernacle. Parmi celles-là. l'une des plus anciennes est celle de Tommaso Bulcano, mort en 13.^7, qui se trouve à droite de l'entrée méridionale de .San Domeniccj Maggiore. La plus ancienne en forme de tabernacle est celle de Roberto Carmignano, mort en 1342. dans la première chapelle de gauche, à .San I.orenzo. Les pierres tomliales de date postérieure sont beaucmi]) ])lus artistiques et jdus travaillées (Xa])nli nobilis.sima, t. VIII, p. i?>0 .
Plusieurs églises et palais de Naples ont des jjortes datant du moyen âge dont les battants sont de toute Ijeauté : le Dôme. .San Anlnnio .Vbate. San Domenico Maggiore, Santa Chiara. .San I.orenzo. le palais de Penna notamment. Ces portes, dont beaucou]) sont ogivales, ont entre elles de
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multiples analogies : toutes ont un caractère fier, mâle, qui s'adapte fort bien au gothique, toujours un peu majestueux, même en Italie, des édifices auxquels elles appartiennent. — A l'intérieur du Dôme, se voient aussi deux belles portes médiévales : l'une ferme la chapelle de la Congrégation des Pères de la Propagande, l'autre la chapelle Minutolo (Napoli nobilissima, t. IX, p. I. 31 ; t. X. p. 17.