llin,iii
San Angelo a Niio. Tombeau du cardinal Brancaccio.
68 XAl'I.ES
extrême. Les portes du Castel Xuovo sont pur maints côtés de beaucoup supérieures ;t celles du baptistère de 1-lorence, sculptées par (ihiberti dans un style classique et traditionnel 'Xapoli nobilissima. t. X. j) 17^'.
Dans la grande cour du Castel Xuovo. la jiorte de Saiihi Biirhard. par l'ietro di .Martino, avec l'exquise statue de Laurana qui la couronne. attire et retient les regards... L'intérieur de la chapelle n'a plus guère aujourd'hui de remarquable qu'un beau ciboire en marbre de Jacopo délia Pila, et un laldeau fort intéressant d'école flamande représentant l'Adoration des 31ages, où se voient les ])ortraits de Ferdinand I" d'Aragon, de son fils Alphonse II, et de Ferdinand II. Dans la sacristie, un délicieux lavabo : une statue de la ^'ierge. dont la base est décorée d'un l>as relief représentant la création de l'homme et de la femme. Une petite ])orte mène à un s]ilendide escalier à sjMrale que C'elano a attribué à Giovanni Pisano. mais qui est certainement du XV siècle. Dans le bas. un souterrain, avec des squelettes d'Espagnols. A côté de la grande église, une petite chapelle qui date des Angevins, et que Montano d'Arezzo avait décorée. Le baroque l"a défigurée...
La grande salle du ])remier étage du Castel Xuoxo. (ju'on visite assez difficilement, et qui est aujourd'hui transformée en magasin d'armes, est extrêmement intéressante ])ar sa belle architecture gothique, œuvre, diton, de (luglielmo .Sagrera. un catalan auquel Alphonse donna le titre de Maestro Maggiorc. Sagrera travailla à cette construction vers 1451- .Vntonello del Perrino et Leonardo da P»esozzo exécutèrent des peintures murales qui sont aujourd'hui effacées. Un contraste saisissant existe entre le gothique de l'architecture, et deux splendides portes Renaissance, en marbre. (|ui menaient l'une à une tour d'angle, dite torre del Beverello, l'autre aux appartements royaux.
Le Palais Carafa. savamment étudié dans Xapoli nobilissima par Mr. Ceci, au coin de la via San liiagio dei librai et du vicolo San Filii^po e Giacomo, est l'un des plus intéressants de la Xaples de la Renaissance.
' Dans un des bas-reliefs, est encastré un boulet de canon tiré en 1502 par lis troupes françaises contre les Espagnols. L'n autre bas relief est brisé.
Au temps des Aragons, Xaples fut une place forte de premier ordre. Quand Alphonse d'Aragon s"i,inpara de la ville en 1.142. il fit édifier un fort sur le Pizzcifalcone. C|ui demeura pendant très longtemps. Ce fort était destiné à soutenir le Château de l'dùif et le Château-.Neuf. Ferdinand I"' agrandit, en 1484, l'enceinte de la ville, à l'est, en faisant construire de nouvelles murailles au delà du Carminé. Du Carminé à la Porte Médina — <|ui fut démolie en 1876 — , on ne comptait pas moins de 27 tours, dont un Codice Ms., publié sans doute en 1642. et conservé à la Hibliothé(|ue Nationale, donne les noms. D impartants travaux furent également entrepris dan> le port. I-'arsenal construit par les Angevins prit une grande e.xtension.
LA RENAISSANCE
Il a sans doute été édifié, comme les autres monuments de l'époque, par des artistes toscans. Certains détails de la corniche, certaines ogives, l'arc du vestibule d'entrée, sont d'un st\le antérieur à celui de la Renais-
Castel N'uovo. L'arc de triomphe d"Araoon.
sance. — ce qui prouve que, même au milieu du XV siècle, les architectes appliquaient encore volontiers les principes de l'art médiéval. Mais l'ensemble de l'édifice est bien de style Renaissance : le bossage uniforme, de la base au faîte, en forme de diamant 'ou carré et aplati^:, se retrouve dans beaucoup de constructions de l'époque, notamment au Pûlais
Pcium' et au PaLiis Sanscrcriiio, devenu Téglise du Gesu Xuovo-. De même les petites fenêtres carrées du rez-de-chaussée, se retrouvent notamment au Palais Strozzi, à P'iorence. Le nom de rarchitecle, qui 'construisit pour Dioméde Carafa, comte de Maddaloni. un des plus grands seigneurs de la Cour aragonaise sous Alphonse 1". la belle demeure de la via vSan Biagio. est inconnu. On suppose seulement que la porte, très justement célèbre, est de Léon Battista Alberti. On a trouvé dans le palais de nombreux objets d'art, qui prouvent que Carata était un avisé collectionneur, et surtout une tctc de cheval en bronze, qui est maintenant au Musée. Longtemps on a cru que cette tête \enait d un ancien cheval de 'bronze, qui, d après la légende, aurait été. dans l'antiquité, devant le temple de Neptune, à la place de l'obélisque actuelle de S' Janvier. Mais il semble aujourd'hui établi, comme l'a rappelé .M. Ceci, que la tête fut simplement donnée par Lorenzo de Medicis à Carafa. D'après Pietro Summonte. cette tête serait une oeuvre de Donatello.
Le Palais Sanseverino fut. avec le palais Carafa, l'un des plus beaux construits au xv' siècle. Il date de 1470. et est rŒ'u\re de Xovello (la San Lucano, dont aucun autre trav^ail n'est demeuré. Kn 1384. il fut transformé en l'église du Gesu Nut>\-o. De l'édifice ancien, il ne reste (|ue la façade, à grosses pierres bossuées, et quelques détails du portail... Les historiens de l'époque nous ont laissé maints récits de cette iiiaguifîcain doiniiin. à l'intérieur de laquelle étaient de très belles fresques, dues en partie à Giovan Luca de lo .VListro. d'Lboli.
Parmi les artistes toscans venus à Naples dans la deuxième moitié du XV^ siècle, une place à part doit être faite à Rosscllino et à Benedctto da Mai a no Plus encore que Giovanni et Pacio de Florence, ou Tino de Sienne, au xm siècle, plus encore que Donatello et i\lichelozzo au xiV. ils ont affirmé à Xaples la souveraineté de l'art toscan. Leur influence fut considérable : on peut dire qu'ils ont inspiré la plupart des œuvres de sculpture qui furent exécutées à Xaples à la fin du XV' et au xvr siècles.
' V. supra, p. 62.
- V. ci-après.
■■' Peut-être est-ce le même que X'ovello de Paparo del Cilento, qu'on connaît comme ayant été architecte, et très dévoué aux Sanseverino. — On connaît également un autre Novello, Novello Paparo, qui travailla a N'aples entre 1450 et 1487, et fit divers travau.x de maçonnerie i San Lorenzo et à l'hospice de l'Annuniiata, construisit un baîn au Castel Capuano, des écuries dans le palaîs délia Cavallerizza. etc. Mais il p.iraît difficile d'identifier cet architecte avec ï'egrcgiiis nr^liilctlonim du Palais Sanseverino.
LA REXAISSAXCE 71
De Rossrlliiw, la chapelle Piccolomini, à 3Ionteoliveto, construite et décorée comme celle du cardinal di Portogallo à San Miniato de Plorence, possède un merveilleux autel de marbre, dont le bas-relief central, la Nativité de l'Enfant Jésus, et les statues de saint Mathieu et de saint
Portes de bronze du Castel Nuovo. Un des battants de gauche; à droite, déchirure faite par un boulet de canon, au cours du bombardement parGonzalve de Cordoue.
.Marc, sont de purs chefs-d'œuvre. 11 y a des détails exquis où apparaît toute la traicheuret le sentiment naturel des sculptures florentines. Saint Joseph dormant, les anges qui mènent une ronde sur l'étable, la guirlande que tiennent au-dessus de l'autel des amours rieurs, et la perspective du lieu où l'Enfant vient de naître, et le modelé des figures, sont délicieusement traités. Rossellino a commencé encore, dans la même chapelle
72 X A PL H s
Piccolomini, le tombeau de .Marie d'Arayon, femme d'AïUoiiio Piccolomini, — que Beiu-dctto da Maiano a achevé. L'œuvre la plus remarquable que ce dernier a laissée est l'autel de la chapelle .Mastroguidice. également à .Monteoliveto, dont le bas-relief central, l'Annonciation, est justement célèbre. On a loué aussi maintes fois, et avec raison, la délicatesse et la finesse des sept petits bas-reliefs qui décorent la partie inférieure de l'autel, et la gr^ice des amours cjui tiennent clans leurs mains potelées la lourde guirlande posée sur la corniche...
-Mr. I.uigi Serra a justement montré dans Xapoli noljilissima. t. XI^". p. icSi: t. XV, p. 4, l'influence qu'avaient exercée à Xaples Rosseliino et .^laiano. Il a ra])pelé ([ue dans plusieurs églises, notamment à San Pietro -Manire, à .San (iiovanni a Carbonara, à .San Aniello. à .San Lorenzo. à .San .Severino, à Monteoliveto, quelques chapelles, celles notamment édifiées ou restaurées à la fin du XV ' siècle par Jacopo délia Pila. — • par exemple la cinquième chapelle à droite, à .San l-'ietro .Martire, — portaient, dans leur architecture, les signes manifestes des influences florentines. .^lais celles-ci sont encore bien plus visibles dans les œuvres de sculpture. La \'ierge avec rKnfanl entre deux anges, qui décore la tombe de.Marianod'Alagno, œuvre de Tommaso .Malvito '1477), à San Domenico. dans la chapelle du Crucifix, est directement inspirée (le Rosseliino. I)emème encore, dans cette chapelle, le monument funéraire de Placido .Sangro (1480 .
Dans la manière de Maiano, sont, à Monteoliveto, dans la chapelle du Calvaire, le tombeau de la famille d'.Vntonio Alessandro (14911, qui semble être de .^lalvito. — le monument de Tomaso i'r.ineaccio. à .San Domenico (1492), — le tombeau de -Matteo Perrlllo. clans h; cloître de .Santa MarialaXova (1499;, — l'autel de marbre adossé à la ])aroi droite de l'abside, à .Santa Restituta. Plusieurs de ces œ-uvres, notamment le monument de Brancaccio et le tombeau de Perrillo, sont assez médiocres, mais l'imitation maianesque se révèle en maints endroits, soit dans la \'ierge et l'Enfant, scjit dans les anges qui les entourent, soit dans l'arc à compartiments à njsaces sous lequel est étendu le défunt, di'tails rju'on retrouve dans chacun de ces monuments.
De la fin du XV siècle, ou du début du x\ T. et encore directement inspirés de Maiano, sont la sainte Dorothée, de San Aniello. — l'autel de .Santa Maria délie (irazie. à Caponapoli, où est copié avec ciuelques variantes le bas-relief de l'Annonciation, — l'autel en stuc de la quatrième chapelle à droite, à .San Lorenzo, — la grande statue de saint .Michel, sur l'autel de la première chapelle à gauche, à .San i'ielro ad
LA RENAISSANCE 73
Aram, et celle semblable sur le portail de San Angelo a Nilo, — l'arc, orné de compartiments à rosaces, et de tètes d'anges, de la sacristie de San Pietro ad Aram : toutes ces œuvres sont animées de la o-râce
l'Ii.ito .Uinan.
La Porta Capuana.
florentine, et se ressentent manifestement de l'influence maianesc^ue. La Porta Ccipiiaiia actuelle date de i4<S4. Une porte plus ancienne fut démolie à cette époc[ue. Cette porte avait été le témoin des plus grands faits de l'histoire de Naples : Annibal, après la bataille de Cannes, arriva vers la ville de ce côté, de même, plus tard, au IX'' siècle, Grimoald IV. prince de Bénévent. C'est à la Porta Capuana cjue S'
Pierre cf)nvertil S' Candide ; c'est par cette porte qu'entrèrent Bélisaire, Roger le Normand, Alphonse d'Aragon. — La Porta Capuana ancienne était beaucoup plus près du Castel Capuano que la porte actuelle. Elle était sur les fossés mêmes entourant ce château, lesquels formaient la limite extrême de la ville.
La Porta Capuana actuelle — un arc, ouvert, entre de belles colonnes
Monte Oliveto. .\utcl de l.i ch.ipelle Piccolomini [Lu Wilivili}' . par Rossellino.
corinthiennes, avec haute frise richement sculptée, et attique — est une œuvre splendide de Giiitiaiio da Mainno, frère de Benedetto. — tiiuliano édifia encore la Diichisca, en 14S7, à la demande du futur roi Alphonse IL celui-là que ses débauches et son amour du luxe devaient faire surnommer le « dio délia carne ». Ce fui un splendide jjalais, qu'ornèrentdes peintures de Giacoiim l'armense et de Luigi délia Relia, et des marbres ])récieux. Il était situé entre le Castel Capuano et Santa Caterina a Lormello, et entouré de merveilleux jardins. — I-In même temps que la Z)//(;/2r.yr(7, Alphonse II fit construire par .Maiano le /i(?/(?/5 de
LA RENAISSANCE 75
Pogg/oreale, à l'est de la ville, à environ un mille des murs. C'était, ainsi que le montre un dessin de Serlio de 1544, un grand édifice carré à deux étages, orné de tours. Le parc, décoré de fontaines et de statues, s'é-
Pholo Alioaii.
Monte Oliveto. Autel de l.i ch.ipelle Mastrogiudici yVAniioiicidlion). par Benedetto da Maiano.
tendait jusqu'à la mer. — Poog/oreûlc et la Diicliesca, où des têtes fameuses furent données, ont depuis longtemps disparu '.
^ Du temps d'Alphonse II. date encore la célèbre fontaine Mezzocann(.ine qu'on put voir longtemps dans la rue de ce nom, avec la curieuse statue qui la surmontait, celle du « roi de Mezzocannone * sans doute Ferdinand d'Aragon, ou son fils Alphonse II. Ce nom de -^ roi de Mezzocannone // a été par la suite donné dans le peuple, dit Celano, à toute personne ayant un gros ventre, des cheveu.v ébouriffés, et un certain air d'importance.
7Ô XAPLES
Giiido Mii;;oiii, le célèbre sculpteur modénois, fut appelé à Xaples par Ferdinand II, sur la réputation que lui avait faite ses deux Dépositions de l'église de Busseto(i475). sa Décollation de S' Jean, sa crèche de .^lodène (14801... et aussi ses masques, car il avait commencé ]3ar modeler des masques. Il a laissé à Xaples la très curieuse Mise au tombeau qu'on voit à .^lonteoliveto. Les personnages, de grandeur naturelle, sont d'un réalisme saisissant : l'effet devait être plus grand encore quand la terre cuite, dont ces personnages sont faits, était peinte : les couleurs ont depuis longtemps disparu. Seul, le Christ a été repeint; les autres personnages qui l'entourent ont été récemment recouverts d'un horrible vernis bronzé. Ces personnages ont été diversement interprétés : l'opinion la plus répandue est qu'ils représenteraient Ferdinand I"', le duc de Calabre, Alphonse 11. .Mais les effigies de ces princes qu'on voit sur les monnaies de l'époque sont loin de confirmer cette opinion. . Il y a encore dans le groupe quatre femmes, la Madone et les trois Marie... — Il ne reste à Xaples aucune autre œuvre de Mazzoni. Certains lui ont attribué le beau buste en bronze de F"erdinand 1" (|ui fut jadis à Monteoliveto, dans la chapelle même du .Sépulcre, et qui est conservé maintenant au .^lusée Xational; mais il semble plus vraisemblable, à raison de la manière dont ce buste est traité, d'y voir une œuvre de (iugiielmo Monaco (Xapoli nobilissima. l. 111. p. 41)'.
Les œuvres de peinture du XV siècle qu'on trouve à Xaples sont comme les œuvres de sruljHure ou d'architecture, surtout des œuvres toscanes.
L'ancien Couvriit </(■ San Sevcriiio c Sosio. où sont, dejjuis iSi.s. les grandes archives naiiolitaines, possède un cloître justement célèbre par les fresques qui en décorent les murs. Le cloître, comme l'église voisine, date de la seconde moitié du XV siècle : dans le jardin qui en occupe le centre est un très vieux platane, que certains prétendent avoir été planté par saint r.enoit, mais qui en réalité était déjà au XI V siècle un arbre vigoureux... .Sous le portique du cloître, sont ])eintes vingt fre.sques représentant des scènes diverses de la vie de .S' Benoît, dont les
' P;irmi les .nutn.-s artistes t|ui travaillèrent à Xaples au xv" siècle, on peut citer les armuriers milanais Paoloet Bernardino deCarnago, les maîtres maçons Pertello et Carlo de Marinis, le maître forgeron Ippcilito Renart. le brodeur Nordello de Gesualdo, le inaitre charpentier Antonio Gorini, de Martine constructeur, d'instruments musicaux. — De beaux pavements en mosaïc|ues. conservés maintenant au Musée Xational et au Musée Industriel, et datant des xv" et xvr' siècles, méritent également d'être cités comme de très intéressants travaux dart.
LA RENAISSANCE
couleurs ont disparu, et qui ont subi de fâcheuses restaurations. Elles sont généralement attribuées à Andrca Solario. dit Zingaro. sans cependant qu'on sache exactement qui était ce Zingaro '. Dominici a écrit à son sujet toute une légende que .Mr. Faraglia a habilement
Plioto Alinari.
Cloître de San Severino e Sosio. Fresque ;Vie je sainl Benoît : saint Benoit recevant l'Iiabit monastique).
détruite. 31r. Faraglia (Xapoli nobilissima, t III, p. 2b, 60, 113 : t. V, p. 49, 135, 167; t. VI, p. 56. 103) n'est pas éloigné de croire que Zingaro serait tout simplement ï"ilippino Lippi.
.Mr. Benedetto Croce croit au contraire à l'existence de Solario. et il le démontre, victorieusement semble-t-il. en rappelant un tableau, repré-
' Parmi les autres œuvres attribuées à Zingaro, voir au Musée National la Madone à V Enfant.
-8 XAPI.KS
sentant la Vierge et l'enfant et le petit saint Jean, signé Antoniiis du Salaria vcnctiis f.. qui fait partie de la collection Leuchtenberg. et est aujourd'hui à Saint-Pétersbourg. Dans le fond de ce tableau est un pay-
EâMâÉl#
MusOe National. Pietro Donzello. La Vierge avec saint Jacques et saint Sébastien.
sage qui, d'après Mr lienedetto Croce, rappellerait beaucoup ceux des fresques de San Severino...
Si Solario a bien e.xisté, il faut reconnaître qu'il avait dû, tout vénitien qu'il pût être, étudier les maîtres ombriens, car plusieurs des fresques
LA RENAISSANCE
de San Severino rappellent très nettement ceux-ci. 5/ Benoit conduit à Rome par son père, surtout St Benoit et l'ermite sont tout à foit dans la manière ombrienne ; la troisième fresque aussi, le Miraele du
Musée National. Ippolito Donzello. La Vierge de la grâce.
crible, qui rappelle, par la disposition des personnages et la perspective, la fresque de la Potesta délie chiavi. de la Chapelle Sixtine, par le Pérugin, et les fresques du Pinturrichio dans la bibliothèque du Dôme de Sienne. Très différentes sont les fresques suivantes : le coloris, le style, le type même de S' Benoît sont autres : la note gaie, caractéristique de la peinture omljrienne. n'existe plus. La manière est plus triste, plus sévère.
8(1 XAPLES
Les huitième et neuvième fresques, \e Miracle du poison et la Présentation an saint des enfants Placido et Maiiro. sont encore dans une autre manière, celle de la Renaissance, dont on voit les marques notamment dans la décoration élégante et gracieuse de l'atrium, figuré sur la huitième fresque. Ces neuf fresques, qui ornent tout un coté du cloître, sont-elles d'un même peintre ? 11 serait bien téméraire de l'affirmer : la diversité des manières fait au contraire supposer, comme l'a établi Mr l-"araglia. qu elles sont d'artistes différents. Il est, en tout cas, certain que les fresques suivantes, à droite de l'entrée, ne sont pas du même artiste que les neuf premières : elles sont très inférieures, et pleines de défauts: les proportions, la perspective, le dessin, sont très peu travaillés. Les fresques suivantes, le l'jin enipoisoiinr. surtout St Benoit préchant. \l' Miracle du l^loc de pierre, i-t \q Miracle de la résnrrecl ion dn moine, sont de lîeaucoiip supérieures : les jjersonnages sont plus étudiés, et l'artiste, qui avait certainement une grande habitude de son métier, a su tirer des év^énements qu'il reproduisait le meilleur parti possible. Deux autres fresques représentant la Légende de St Benoit et de iêcuycr de Totila. qui durent être fort belles, sont tellement endommagées qu'elles ne peuvent plus être étudiées.
On voit dans la nouvelle paroisse du ^'omero. à côté île plusieurs belles toiles du x\'[' siècle, un tableau très intéressant, provenant de l'ancienne église San Patrizio, et représentant St Benoit. (|ui porte la date de 1475. mais dont l'auteur est inconnu. Le tableau est à trois com- ])artiments, terminés par une corniche ogivale moderne. Dans le compartiment central, le .saint est représenté debout, revêtu de ses habits monacaux, tenant de la main droite une crosse, et de la gauche un livre ouvert, sur lequel est écrit en vieilles lettres gothiques ce précepte : Asculta 0 fili preccpta magistri et inclina aiircm cordis tui ... Les compartiments latéraux .sont divisés en quatre petits tableaux où .sont figurés les principaux faits et miracles de la vie de -S' lîenoit. Cette œuvre a beaucoup de rapport avec le San X'incenzo Ferrer de San Domenico -Maggiore, — qui n'a rien de commun avec le San Vincenzo flamand de San Pietro Martire [\ . inf'ra), — et qui est attribué à l'école de Zingaro. .Mais ce S' "Vincent et ce S' Benoît diffèrent beaucoup des fresques de .San Severino, et cela n'est pas fait pour rendre moins obscure la personnalité de l'énigmatique Zingaro...
Dominici a attribué à Pietro et Ippolilo del Don^ello. peintres napolitains, dont le premier serait né en 1405 et le second en 140K. un intéressant triptyque qui fut longtemps à San Domenico et qui est maintenant
LA REXAISSAXCE
au .Musée Xational Au milieu, la \'ierge, assise avec l'Enfant sur ses genoux : à gauche, un frère franciscain avec les stigmates aux mains et aux pieds, et autour de la tète une auréole portant ces mots : San Jacopo ; à droite. S' Sébastien, nu, et attaché à un tronc darbre. Au-dessous de ces trois compartiments , les bustes des douze apôtres et la Résurrection du Christ : audessus. Jésus montrant ses plaies à .Marie- Madeleine et à Jean, qui se tiennent à ses côtés. Ce tableau, où maints détails — la figure de la \^icrge notamment — sont d une fraîcheur et d'une simplicité exquises, date certainement de la fin du XV" siècle ou des débuts du XV!"'. Il porte très nettement la marque toscane. Les Donzello. s'ils en sont leN auteurs, n'étaient du reste pas napolitains, mais florentins. Pourtant rien ne prouve qu'ils y aient travaillé. Deux, on sait peu de chose : on croit seulement ([ue Pierre est venu à Xaples à la fin du X\"' siècle, et qu'il a travaillé au château de Poggioreale
I.e Musée Xational de Xaples possède une collection fort intéressante d'œuvres des écoles florentine Lippi, Botticelli;. siennoise .Matteo de Sienne le Massûcrc des Innocents]), padouane (Mantegna).
lombarde, ombrienne iPinturicchio [Assomption], Pérugin^ ', du xV siècle.
A Xaples, au xv° siècle, les artistes flamands eurent un succès presque égal aux florentins. ( )n voit au .^lusée Xational quelques œuvres originales flamandes, et dans
les églises, beaucoup d'œuvres napolitaines inspirées d'œuvres flamandes''. Parmi celles-ci, une des plus intéressantes est le S' Vincent, de San Pietro
i'iiolo ,Viiiier=oii.
Musée National ^Ecole hollandonapolitaine} . Les Rois Mages.
' Au Dôme, dans la chapelle Seripando, un St Jinivicr â.\x Pérugin, très détérioré. - Ka Musée National, on voit ég-alenient de nombreu.K tableau.x de Técole hollando napolitaine : les Rois iiuigt-s. St Jcrômc et le /l'on. V-Assoiiiptioii. une Picta, etc.
N'APLES
Martire, qu'on a lonj^temps attribué à tort à Ziiij^aro ], œuvre semble en réalité de lecole de Van der Weyden (\'., au .Musée National, de Van der Weyden, notamment la ,\//.s(' ait loiiihiuiif : elle dut être exécutée par des artistes napolitains, car le style des accessoires qui entourent les fijfures principales est bien napolitain et non flamand. 3lais comme dans les tableaux de Van der Weyden, les tons sont très accentués, et dans l'ensemble du coloris le brun domine Le tableau est
j'Itdto AiiilcrMin.
.MusOc N'aiional. ,licole hollando-iuipoliiaiiiL'.; Pietà.
à compartiments, et chacun de ceux-ci est extrêmement soioné: les plus petits détails sont étudiés, et il y a une fraîcheur et une justesse tle couleurs tout à fait remarqualde '.
La chapelle de S' François d'Assise, à .San Lorenzo. renferme un vieux tableau représentant le saint entouré d"an,t>es donnant la règle aux moines de l'ordre, à genoux ))rès de lui. et un autre représentant
' On voit à San Pietr.i Martirc b<;;uicoui) d'autres suuvcnir.s artistiques de y;rande valeur, liansla sacristie, datant du xin" siècle, deux petits basrelicls de marbre représentant le martyre de saint Pierre dominicain, et saint Thom.is avec un livre ouvert: dans IV-^lise un beau tabernacle du xv ■ siècle, sans doute du lombard Jacopo délia Pila; un tableau, la mort de la \ icrsc du xvr siècle, rappelant le stvie de Bernardo van Orley ; un triptyque, du début du xvi' siècle, attribué à iMario di L.uirito, etc.
LA RENAISSANCE 83
S' Antoine de Padoue. Les deux tableaux ont été également attribués à Zingaro. Ils sont sans doute d'un napolitain, travaillant, comme l'auteur du S' Vincent de San Pietro Martire, dans le style flamand'.
Au xv" siècle, pas plus que dans les siècles précédents, Naples, ni en architecture, ni en sculpture, ni en peinture, n'a créé un art qui lui tut propre. Elle a accueilli avec enthousiasme les importations artisticiues étrangères. Quelques-uns de ses enfants ont copié ces productions, sans rien innover... Au XVI" siècle, au contraire, Naples commencera de connaître, au moins en sculpture, une vie artisticiue propre.
' On tniLivr dans bcauioup d'autres églises de Naples des tableau.x de genre flamand, à San Eligic.inotamment. Cette très curieuse église date de 14(50; le plafond fut fait par un artiste charpentier, du nom de Nicolo di Tommaso, da Scjuillace. Mais ce plafond disparut lors des restaurations malheureuses de 1836. En 1524. on construisit un grand orgue ; l'église fut décorée de fresques de Paolo de Lupo. un silicien. de Giovanni Antonio Endece, un napolitain, etde Carmelio Smet, un flamand, l.'orgue et la tribune existent encore ; tout à côté est enterré Pietro Simimonte. \.e Jugement dernier, de Smet, copie de celui de Michel-Ange, est dans le transept de droite. Un autre tableau, un portrait de Saint, est également d'école flamande. Dans la vieille chapelle des Bouchers, qui fait partie de San Eligio, est un très beau frontispice de marbre, avec des bas-reliefs représentant des animaux, dans le style de Malvito da Como, du début du .\'vi" siècle.
Dans l'église Santa Maria di Piedigrotta, où des fêtes célèbres ont lieu chaque année, en septembre, qui date du xni" siècle, mais fut plusieurs fois transformée et reconstruite, notamment aux xiv", xvi'' et xix" siècles, on voit également une très intéressante Pièta do style flamand-napolitain, et une Crucifixion attribuée au flamand Cosbergher. V Adoration des Mages est attribuée à Marco del Pino. de Sienne, et d'école siennoise est certainement aussi la Résurrection de Lazare. Le très beau cloître du couvent, de pur style Renaissance, semble être du milieu du W' siècle, et peut-être de Mahito da Como.
l'holo Bix>i;i.
Villa Xazionale. La fontaine Je Santa I.ucia par Donienico J'Auria et Giovanni da N'ola.