CHAPITRE IX
Le golfe de Xaples. limité à l'ouest par le cap ^lisène, et à Test par la punta di Campanella, à l'extrémité de la presqu'île sorrentine, est un des plus beaux, un îles plus harmonieux qui se puisse voir II est célèbre surtout par la richesse de la nature, et les vues merveilleuses c|u'offrent ses côtes. Celles-ci ont cependant conservé de multiples souvenirs d'histoire et d'art.
Les champs Plilcgrceiis — les champs brûlants, — ainsi appelés à cause de la composition volcanique du sol. ont été mentionnés dès la plus haute antiquité. C'est le lieu des légendes des Titans. d'Enée', d'LTysse.
' C'est par une des grottes du lac Averne que Virgile fait descendre Enée aux enfers sous la conduite de la sibylle. La » porte des enfers * était en effet supposée dans le voisinage du lac, prés de Cumes. .
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d'Hercule. Ils comprennent toute la contrée de Misène au Pausilipp?. Cumcs, où abordèrent les premiers Grecs qui devaient coloniser la Campanie. dont l'histoire fut si brillante, possède encore quelques restes de sa splendeur passée : des vestiges de son amphithéâtre, des pans de murs de l'enceinte de son acropole, des tombeaux, des grottes, — la grotte de la SibvUe. « qui avait cent entrées et cent sorties, d'où s'échappaient autant de voix, réponse de l'oracle » — Des temples d'Apollon.
BjIj.
de Diane, des déants. de Sérapis. ont été extrait-^ des statues, des objets d art ]n"éi'ipux, qui Mint au ourilluii an Mii--ée de Xa])les. Cumes. malgré la solitude, l'abandon tlans lequel elle vil à jjrésent. est riche de tous les souvenirs qui se pressent en foule dans la mémoire de ceux qui la visitent j^ieusement ..
De l'époque grecque, les champs Phlégréens conservent encore, tlis- .séminés un peu partout, d'autres restes de constructions. Mais c'est surtout de l'antiquité romaine que de merveilleux témoins sont demeurés. Les Romains ont de bonne heure senti et compris tout le charme de Xaples et de ses environs, et c'est en foule qu'ils vinrent s'y établir.
L'un de leurs premiers soins fut d'y construire des routes destinées à relier le pays à Rome. La via Appia, qui fut construite en 311, joignait Rome à Capoue, et fut prolongée plus tard jusqu'à Brindisi. De Capoue partait la via l'opilia, qui par Xola et Salerne gagnait Reggio, et la c'/(? Litoraiiea. qui par Cumes gagnait Pouzzoles, et fut améliorée sous Domitien. — d'où son nom àevia Doi)ii:[iana. Pouzzoles était le grand port de commerce de Rome, et Misène.le port militaire D'autres routes joignaient la Doiiii;/ûi!a à ÏAppia : la via Consolari de Capoue à Cumes. à Pouz-
Baia. Tarentelle Levant le temple de Mtrcure.
zoles et à Xaples : le prolongement de la Doiniiiaim, de Pouzzoles par Naples, Herculanum et Pompéi, à Xocera ; la route de Cumes à Misène. etc. Plusieurs de ces routes existent encore aujourd'hui ' : celle qui va d'Averne à ('unies passe sous VArco Felice, magnifique arc de triomphe construit par Agrippa.
L'une des plus belles routes des champs Phlégréens. est la via Antiniana. prolongement de la via Donii^iana, qui joignait Pouzzoles à Xaples en passant par la Solfatare, le lac d'Agnano. Soccavo et Anti-
1 On trouve tout le long de certaines routes des restes de monuments funéraires, notamment sur celle ciui va de Pouzzoles à Capoue. dans la partie entre Pouzzoles et la Montagna Spaccata.
NAPLHS
gnano'. Une autre voie de Pouzzoles à Naples passait sous la « crypta napolctana », la j4rolte du'Pausilippe ' ; une autre par la Gaiola et le cap du Pausilippe. Entre la Gaiola et Pouzzoles était la grotte de Séjan, longue de 900 mètres, la plus belle de toutes les grottes napolitaines. Une autre était la grotte délia Pace, longue de plus d"un kilomètre, qui joignait l'Averne à Cumes, et fut construite par Cocceio. qui avait
Baia. Le temple <ic Duiic.
déjà percé la grollr du l'ausilipiJC. 1 (jutes ces grottes sont aujnurtl hui encore fort bien conservées.
Il y avait aussi dans la camjiagnc jjlilcgrccnnc des ai|ucducs, dont le
' Au nord de cette route, sur une cnlline dominant toute l'étendue des champs Phlégréens, a été construit au xvi'' siècle le couvent des C'amaldoli, d'où la vue est merveilleuse.
- La vieille grotte du Pausilippe. longue de 721 mètres, large de 6'",65 à 4'", 15, a dû être construite au m'' ou au ii'- siècle avant J.-C. par les habitants de Naples pour faciliter leurs communications avec Dicearchia (Pouzzoles'. A l'origine, on ne pouvait y aller qu'à pied ; sa hauteur ne dépassait guère celle d'un homme debout. Peu à peu, surtout par les travaux exécutés sous Pierre de Tolède et .\lphonse I"d'.\ragon. la grotte prit 1 aspect qu'elle a actuellement. Au milieu est une petite chapelle. Santa ^L•lria dclla drotta. érigée sur l'ordre de Pierre de Tolède. L'éclairage par fanau.x a été organisé par Joseph Bonaparte en 1806. Kn 1893.1a grotte. (|ui menaçait ruine, a été consolidée et fortement restaurée. — La nouvelle grotte du Pausilippe a été construite entre 1882 et 18S5.
plus important, en partie souterrain, en partie découvert, était celui qui venait du .Serino. Xaples dans l'antiquité était fournie d"eau par Taqueduc niella Bolla. qui prenait l'eau du Sebeto, et par l'aqueduc du Serino, qui se prolongeait par Agnano et Pouzzoles, et finissait à la Pisciiia mirabilis, grand réservoir souterrain, long de 71 mètres et large de 24, dont la voûte était soutenue par 48 magnifiques pilastres, et est encore actuellement en excellent état. L'eau de la piscina mirabilis était destinée aux marins de la flotte qui se tenait à Misènc T,e port de .Misène.
Pouzzoles. Le temple de Sérapis.
avec ses deux môles, construits sous Auguste par Agrippa, dont trois pilastres sont encore visibles? '. était en efi'et tout voisin ; il protégeait Pouzzoles, où se faisait le commerce avec le bassin méditerranéen. L'importance de Pouzzoles ne cessa que quand Claude et Trajan eurent fait construire le port d Ostie. Pour donner à la flotte un refuge encore plus sûr que celui de .Misène, Auguste fit joindre par Agrippa le lac Lucrin au lac Averne, et créa en l'an 37 avant Jésus-Christ le port Julien, célébré par Virgile dans les Gcorgiqiies - .
' -A. l'ouest du promontoire de Misène est la Gtotfii Dmgoujra, vaste pièce souterraine qui ser\it. croit-on, de magasin pour la flotte.
- Des constructions du port Julien ont di'i faire partie les grottes qu'on visite e:;core aujourd hui entre le Lucrin et l'Averne, la grotte de la Sibylle notamment.
De .^lisène à Cunies. de Cumes à Baia et à Pouzzoles, se succédaient de grands et splendides édifices publics et privés, des thermes, des théâtres, des amphithéâtres, des temples, des villas. Surle promontoire de .Misène, sontlesruiiiesde la {ameu^evinadcLiiciit/iis. achetéeplus tard par Tibère, et où celui-ci mourut. Tout près, à .^lisène même, était la c//li7 lic.s Aii/oiiiii.s\ des thermes, un théâtre A liacoli se voient encore, outre la piscina miriibilis. les ruines de plusieurs édifices: le Gcuto C(7niprrl!r. dont la
Pouzzoles. L'amphiihsiatre.
destination est incertaine: le prétendu loinlicau d'.K^rippine.etdesrestesde villas. — sur la petite presqu'île de Punta Pennata — laquelle était percée dedeux j>aleries, qu"on visite encore aujourd'hui, destinéesà joindre Bacoli au port de .Misène. Tout autour de .Misène. sur la route qui joint le .Mare -Morto à Torre Gaveta. sur celle du lac de Fusaro V AcJicriisia Laciis des anciens) à Cumes. les ruines romaines sont innombrables.
Biiia. qui fut sous l'empire une ville de plaisirs faineuse. où César, Xéron, Licinius Crassus et tous les grands patriciens d'alors avaient des villas, dont les piscines pleines de murènes étaient célèbres, dont
Horace, Pline, Martial chantèrent les charmes, conserve encore aujourd'hui des restes nombreux, d'édifices romains : les temples de Diiiiie, de Mercure, de Vénus, d'Apollon, rappellent sa splendeur passée.
Entre Baia et Pouzzoles, beaucoup de restes de villas et tl'ouvrages romains, notamment les bains de Néron, série de petites o-aleries circu-
Bjcoli. La Piscina Mirabilis.
laires d'où se dégagent les vapeurs d'une source de 90 degrés, la fameuse villa Bauli où mourut Agrippine, le « Pnteolaniini » de Cicéron, qui appartint plus tard à Hadrien; — à Pon^^ioles. le prétendu temple de Sé/-apis, qui fut des thermes ou un marché, les belles colonnes corinthiennes du temple d'Auguste sur les fondements duquel fut construit le Dôme, celles du temple de Neptune, surtout le grand amphithéâtre long de 147 mètres et large de 117, fort bien conservé ; également dans la ville haute, la piseina Cardito (restes d'un réservoir pour l'eau du Serino),
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un cirque loriii; de 375 mètres et large de 45. Près de là, devaient être le palais impérial, et les villas de Sylla et de Trimalcion, rendues célèbres par Pétrone. Dans la ville basse se traitaient les affaires. Le port, fort bien aménagé', était bordé par un portique où discutaient vendeurs et acheteurs.
P(juzzoles, et toute la riche contrée des champs Phlégréens, périclitèrent dès la chute de Tempire romain. Dans le cours des siècles, de violentes éruptions et des tremblements de terre dévastèrent le i)a\ s et achevèrent sa ruine Si la cdutréca presque partout gardé le même aspect qu'elle avait jadis, cependant les mouvements sismiques qui l'ébranlèrenl en ont, en quelques endroits, changé les contours. A l'époque romaine, le lac d'Agnano n'existait pas : il ne s'est formé qu'au moyen âge, et s'est ])eu à peu desséché' ; le .Nlonte Xuovo. entre l'ouzzoles et liaia, dnnl le tond du cratère — très curieux à visiter -r- est cultivé, ne s'est formé lui aussi qu'au moyen âge. en 1538, à la suite d'un violent tremblement de terre; la .Solfatare, qui domine Pouzzoles. et l'Kpcjmeo dans l'île d'ischia. ont considérablement augmenté de volume.. . Certains espèrent que les cham])s i'hlégréens, grâce à l'adducliDn de l'eau du .Scrinn, (]ui permet l'irrigation, et à la « direttissima » projetée Naples-Kome, qui les traversera, redeviendront, comme dans l'antiquité, des centres actifs de commerce, et recouvreront leur splendeurpassée. Déjà, les établissements .\rmstri)ng j^rès de I'ouz/dIcs, la société allciiiamli' Iha à l'iagimli. (iccupent de nombreux ouvriers, et font un trafic considérable. 11 est possible, et même probable, que d'autres industriels \-icnnent s'étalilir sur les rives
' On voit encore seize piles du mole romain.
' Le lac d'Agnano, qui a si.\ kilomc-tres de tour, est un ancien cratère éteint. T.>ut le paj's est, en eflet, de nature volcanique. Les Aslroni. qui sont proches du lac d'Agnano, sont eux aussi un ancien volcan, sur le cratère duciud .1 poussé une végétation touffue. Pendant longtemps, ainsi que Ta expli(|ué Mr. dol Pczzn. on employa les eaux minérales, dont les sources jaillissaient en maints endroits. Les bains qu'on avait organisés furent très fréquentés jusciu'à la fin du xvi'' siècle, les eaux — véritable panacée — ayant la propriété de guérir à peu près toutes les m.iladics. 11 y avait autrefois trois lacs, dont deux sont maintenant desséchés Sous Alphonse I"' d".-\ragon, de grandes chasses furent organisées dans les bois du domaine, dont une, celle donnée en 1 honneur de l'empereur Frédéric III et d'Lléonorc d'.\ragon, en 1452. fut particulièrement brillante. Jusciu'en 1698, les Astroni restèrent une chasse réservée ; à cette époque, ils furent vendus, et ce fut Charles 111 qui en 1739 les lit revenir à la couronne. Des règlements sévères furent édictés pour réprimer le braconnage, mais on ne parvint jamais à 1 empêcher ! Aujourd'hui encore, les .-Vstroni sont une propriété royale, cependant depuis plus de vingt ans aucun membre de la cour n'y a chassé. Des coupes de bois annuelles s'y font, et le gibier serait du reste assez rare : il n'y a plus guère ni cerfs, ni sangliers, mais seulement du gibier d'eau... Les Astroni, qui n'ont plus leur splendeur passée, ne sont visités (juc par de rares touristes, (lui font en voiture le tour de quelques allées.
du g-olfe de Pouzzoles. et que quelque richesse et quelque activité animent un jour celles-ci... .Mais l'intérieur du pays restera sans doute pendant longtemps encore dans l'état inculte et abandonné où il est aujourd'hui'.
Au delà de Bagnoli. la route gravit la colline du Pausilippe Au pied de la colline, fermant le golfe de Pouzzoles, Xisidn, la A'csïs de l'antiquité, -- Nesïs veut dire petite île — que chantèrent Lucain. Pline,
l'Ii.il.i .\liiiJrl
Ruines d'Herculanum.
^'irgile. et tous ceux qui furent les amants du Pausilippe et de Baia, cjue devaient chanter plus tard Pontano et Sannazar. Xisida n'est plus aujourd'hui qu'un lazaret et un bagne Celui-ci est installé dans le vieux château qui domine l'île, laquelle fut jusqu'en 18 14 une propriété privée. Dans l'antiquité, l'ile avait appartenu à Brutus : Cicéron y eut avec lui plusieurs entretiens fameux ; c'est là que fut ourdie la conspiration contre César, et qu'après la bataille de Philippes. Porcia se donna la mort.
' On consultera avec profit, sur les champs Phlégréens, l'excellent volume de Mr. Giuseppe de Lorenzo, / Ciinipi Flcgrei.
Sur le Pausilippe. où tant de riches Romains curent leurs villas, se voient encore des restes nombreux de constructions antiques. Les plus fameux sont outre la grotte de Srj'tin, la villa célèbre de N'édius PoUion, qui appartint plus lard à Auguste, édifiée dans un site délicieusement pittores([ui'. aiijjelé la liaiola'. à qucl([ue di>lance du cap tle Pausilipjje. On voit encore les vestiges d'un théâtre, dun odéon, et de divers autres monuments I )es fouilles ont été entr('])risps en 1S41 KUes donneraient
Ilerculanuni. La maison d'Arjjus.
sans doute d'importants résultats si elles étaient reprises. Quelques très belles sculptures comme le groupe de marbre d' /iio-Lciicotlior, aujourd'hui au .Musée National, et une statue de Bacchits biirhii. au British Muséum, qui ont été découverts à la Gaiola. attestent la richesse des édifices qui devaient y exister.
hn continuant de suivre la strada Xuova di Posilippo. (|ui. bordée de jardins tiélicieux. serpente en corni<he au-dessus de la mer. puis
' Ce nom. iiui .ippartient au di;ilectL- napolitain, et signifie t cave *, a sans doute été donne après la di couverte, et à raison de la pro.ximité, de la grotte de Séjan.
la .Mergellina, on arrive à la Torretta. Les deux grottes du Pausilippc, l'ancienne et la nouvelle (qui aboutissent à Fuorigrotta', et à l'issue desquelles une route conduit en ligne drc)ite à Bagnoli sont toutes proche-^. A côté aussi, dans des vignes au-dessus de la vieille grotte, le prétendu tombeau de Virgile, d'où la vue sur Xaples est célèbre. Pétrarque, dit-on. s'y rendit avec le roi Robert d'Anjou, et aurait planté un laurier. L'inscription qu'on y lit a été gravée au XVI" siècle.
Sorrente.
La partie est du golte de Xaples est. elle aussi, fort riche en sites fameux et en souvenirs artistiques. Du Carminé à l'extrémité de la presqu'île sorrentine. le trajet est l'un des plus exquis, pour l'esprit comme pour les yeux, qui se puisse faire.
Devant le Carminé est la villa del Popolo, avec une belle fontaine de marbre à trois arches. Plus loin est la maison des Giustiniani (dont les murs extérieurs sont peints de scènes copiées sur des vases étrusques;, qui furent au XVIII* siècle de grands fabricants de porcelaines; puis la caserne de la Maddalena. qui occupe un vieux palais, fort bien conservé, de 15S1.
' A la sortie de la grotte, à Euorigrotta, sur la place, l'église San Vital, et le monument de Leopardi (mort en 1837).
Le pont de la .Maddalena. du nom de la petite église voisine, sur le Sebeto ', existait déjà dans l'antiquité. Le pont, qui s'appela Pons palii- (l/s. puis Rlcciûr<.io. Liicinrdo ou Giii\\ardo. a subi d'importantes restaurations et transformations sous Charles 111. en 1747
Aussitôt ai)ri'-> le ])ont. sont les Grciii/l/, longs de prés de 540 mètres, édifiés par Fuga en 177g. Après la barrière d'octroi, commence le Casale di San (iiovanni a Teducrin. fort sale et mal entretenu. A partir de la
riiotu Alinmi.
Capri, La grande marine.
Croce del Lagno. la rue court entre de beaux jardins, qui se terminent en terrasse, et sous les feuillages desquels on ci])(Ti;oii la mer ()n arri\f riinsi à A)/7/c/ d'abord, puis à Rfsiiui.
',.c Scbcto, qui, long ;i peine de neuf kilomètres, a l'aspect le moins majestueux qui se puisse imaginer, a été honoré depuis la plus haute antiquité — on ne sait du reste pourquoi. De trùs anciennes monnaies de Xaples portent une tète déjeune homme avec l'inscription Sepeilliir . ].<: Ileuve a été chanté par tous les poètes, anciens et modernes, depuis Strabon jusqu'à Boccace, Pontano et Sannazar. Il est représenté sur l'arc de triomphe du Castel Nuovo, sur la fontaine Quattro del Molo... Aujcurd luii c'est une petite rivière calme, dont une partie est captée à la source et alimente .N'aplcs. et l'autre, qui forme de nnmbreux canaux, arrose des paliidi, où poussent fruits et légumes de toutes sortes.
Le Pii/û/s royal de Portici, au travers duquel passe la grandroute, fut construit en 1738 sur l'ordre de Charles III. en utilisant plusieurs villas préexistantes. Le Roi fit d'importantes acquisitions tout autour de ces villas, et se constitua ainsi un domaine considérable. Canevari et^ledrano furent les architectes du palais, dont del Re et Bonito décorèrent les murs. Un fort beau cabinet Louis XIV, dit boudoir de la Reine, fut l'œuvre de Clémente Ruta. Toute la partie sculpturale fut exécutée en marbre de Carrare, et confiée au sculpteur Canart. de Portici. Les pavements furent
Capri. Vue prise Je la villa de Tibère.
faits en mosaïques Les œuvres d'art, trouvées à Herculanum, ornaient les appartements et les jardins.
Charles III, puis Ferdinand IV, firent à Portici de fréquents séjours. En 1860, le domaine passa à l'Etat, qui le morcela, et en vendit plusieurs parties. Ce qui en reste est à présent dans un état complet d'abandon. Une partie seulement est occupée par l'école supérieure d'agriculture.
A Résilia', petite ville mitovenne de Portici. seul un vieux tombeau du XI'' siècle, dans l'église principale de Santa .^laria di Pugliano mérite
' Le nom de Résina est venu du lieu même où le village s'est construit. Au.k x ' et XI'' siècles, le mot résina signifiait zone champêtre, marécageuse.
,02 NAPI.KS
d'èlre noté. Hircliltiiiiiiii, dontles fouilles sont encore très insuffisantes', est tout proche. Au coin de la route qui monte au A'ésuve, existait, autrefois, une curieuse fontaine, appelée la fontaine di Colli muzzi.
Après Résina, la roule gagne, entrede beaux jardins-, TorrtJt l Grcco, dont les habitants se livrent à la pêc-he du corail, et qui eut beaucoup à souffrir des éruptions du Vésuve. Au delà du ])onl délia (iatta. une rue à droite conduit à une vieille église très vénérée, Santa .Maria délia I'.runa; à gauche, sur une petite colline boisée, un ancien couvent de Camaldules, aujourd'hui abandonné.
On arrive à Torrc Aiiiitin;t'ota, où se fabri(iuçnt des armes et des macaronis, par unegrande rue qui, avec ses villaset ses iiorches baroques. a conservé tout le cachet du xvilf siècle : c'est à la villa Ferfigni que ré.sida sur la fin de sa vie Léopardi, et qu'il écrivit la Ginestra; plus loin était la « réserve royale ». qui servait à alimenter les chasses de Charles lll et de l-'enlinand 1 \' . De Torrc Annunziala i>arU'nt deux routes, dont l'une va vers Pompéi, et l'autre vers Casiellammare et Sorrente. En face de celle-ci. l'îlot Revigliano, la Pclra Hcrciilis de Pline où était un temple d'Hercule, et où fut élevé au xiT siècle une église et un monastère, sur les ruines desquels Pierre de Tolède fit édifier une grande tour de guet, qui existe encore aujourd'hui Xa])o!i noljilissima. l. Vlll. p 3).
' Les fouilles d'I li-rculamuii lurent cumnicncces en i68() par li' i)riiK'i: d'IvlbL-uf. Des ouvriers puisatiers ayant dccuuvert dos marbres, le prince fit entreprendre des fouilles niéthodi(|ucs. Celles-ci amenèrent la découverte d'un temple rond et d'un grand nombre de statues qui furent envoyées à Vienne. ;iu prince Eugène de Savoie. 1-es fouilles furent interrompues par suite du départ de Naples du prince dHlbeuf. puis reprises sur l'ordre de Charles 111 en 1738. On travailla activement de \-}fi à I7fi8, aussi en 1828. Charles H! fit transporter tous les objets mis à jour, au palais royal de Portici. Ils furent plus tard transférés à Xaples. au palais des études. De 1757 à 1792, r.\cadémie d'Herculanum publia huit grands volumes fort complets sur les peintures, les bronzes, les lampes d'Herculanum. I,e théâtre, la iiinisaii d'Ardus, et les divers monuments ou rues qu'on a découverts otTrent un intérêt aussi captivant que les monuments de Pompéi. Tous les menus objets trouvés sont maintenant au Musée National.
- Entre Résina et Torre del Greco, est la Fcivoril.i. qui appartint d'abord au ■prince d'Aci. puis vers 1770 à Ferdinand IV. Ce fut une très belle demeure, ([u'entuuraient de grands jardins, mais où le Ko! ne résida jamais longtemps : elle ne servait que de temps ;'i autre pour des bals. Plusieurs fêtes v furent données par Murât. Après la mort de Ferdinand, la Favorita passa à son second fils, I.éopold, qui l'agrandit notablement. Après 1860, l'administration des Domaines commença de la morceler. Ismaël Pacha ■> 1 -lil.i de 1879 a 1885. puis, après son départ, on mit en vente cp qui n'avait pas et. ::éné.La propriété a été achetée en 1892 parla princesse de Santobuono.
'Torp .. :iziata possède plusieurs beaux souvenirs d'art, notamment rAiinoncùilioii, de style 'iottcsque, dans l'église Ave Gratia plena ; Li Vicrfrc morte, de styl<byzantin, au Spirito Santo.
Cûst('lh!nniuu\-' estconstruite sur les ruines de l'ancienne ^/i/Z^/cs, qui fut ilétruite en même temps que Pompéi, en l'an 79 de notre ère. Du XIU'' sièele datent les ruines du vieux château ([ui domine la ville. La
Capri. La route d'Aiiacapri.
villa Ouisisana. restaurée par Ferdinand l'''' en 1820. occupe l'emplacement tl'une villa construite par les Angevins au XIV" siècle.
Castellammare possède plus de vingt-cinq églises. Le Dôme a une des meilleures toiles de Bonito, [ésiis donnant les clefs à saint Pierre, ta Visitation de la Vierge par Uiacinto Diana (nSo^i, Ja Vierge et
' C'est de Xaples à Castellammare que fut construite en 1838 la première voie ferrée italienne. Elle fut faite par un ingénieur français, Armand Bavard de la Vingtrie. L'inauguration eut lieu en grande pompe le 3 octobre 1839 Les premières locomotives et les premiers mécaniciens furent anglais.
,64 XAPLRS
Vcnfaiil iiar .^ll)zzill(): i Iiislilut ion du Sû/nt-Scurciiniif est attribuée à Salerno, l' Assomption à Lanfranc. Saint-Vincent a une belle toile moderne de Mancinelli. lu Million nn ih'I Porto; Santa iMaria dell' Orto. un bon tableau de Bort^hèse. la Vierge. les nngis. Suint Augustin et Siiint Jean de Dieu; San Franresco di Paola. des fresques de Conca. des toiles de .Matteis 'l'Adoration des Pasteurs, et Saint Jérôme . un excellent portrait de Saint l'^rançois de /\7///<' attribué à Jules Romain, et surtout un plafond av^c la gloire d:- Saint l'rançois de Paute. de Diana • 1769;, qui est une œuvre exeellente.
De Castellammare. la route gagne par l'/Vo lui lien se. Meta. San Agiiello. la ])etite ville célèbre de Sorriiite. Au drU'i. t'est Massa Luhrcnsc, Santa Agata. Ter mi ni. d'où on gagne la punta *li Campanella, le cap .Minerve des anciens, j^rès de laquelle se voient encore les ruines d'une villa romaine. Aux environs de Sorrente, et dans toute la région, de \ieux pans de murs ra])i)ellent à chaque instant les riches habitations ([ue les Romains firent construire tlans le pays. A l'est de Naples. il n'y avait pas que llercuhinuîn. Pom])éi et Staliies. il y avait encore yEquana \'ic(j Equense . Surrenlum ^Sorrente , et vingt autres petites villes, couvertes de villas, celles là inèmesque nous fréquentons encore aujourd'hui. Ces petites villes ])ossèdent aussi, surioul dans leurs églises, de curieux souvenirs artistiques des époques plus voisines de nous. A Vico Kqucnsc, se voient au Dôme cinq belles toiles de Bonito : à Meta, dans l'église de la Trinité, la Résurrection de Borghèse, la Trinité dv .^l mcinclli ; à San .^lich(■le in Pianndi Sorrento. la Vierge avec Saint Etienne et Saint François, attribué à .Salerno; à San Agnello. Y Annonciation, le Mariage de Saint Joseph. Saint Michel archangeih' de Castro, élève de Caracciolo et du Domini([uin. \i\ Madonne du Rosaire de de .\\ura, la \'ierge avec San Agnello et San Prisco de .Hancinelli.
Sorrente. patrie du lasse, que raiJ])cllc aujourd luii encore le jjalais Sersale. où il résida en 1592. a gardé dans ses jjalais et ses églises Ijeaucoup de traces de l'architecture des xi V et xv siècles. La petite porte du Dôme porte les armes de Sixte I V et de l'archevêque de Sorrente de Angelis Mlle date de 1479. — Saint-Antoine possède deux toiles, assez mal conservées, de (iiacomo del Po [1678), la Peste de Sorrente. et Giovanni Grillo au siège de Sorrente.
Au Dôme de Massaltihrense se voient la Mère de Jésus allriliué à Salerno, 1;. la Transfiguration di- .Vlarco del l'iin. .\ .Santa .\laria délia Misericordia. une belle œuvre de duido Reni. la Vierge avec l'eii/'ant. Saint Joseph .' S.iint-François — L^ dnirn.' de Santa Agata a un splen-