TRAVAUX PUBLICS
les besoins militaires, des routes diverses, principalement celle de Lagonegro à Cassano (1), et, pour reprendre Reggio, Reynier fit pousser si activement des travaux, cités comme exemple par lécrivain militaire Augoyat, qu’il put amener de la grosse artillerie par-dessus la Sila,
Dans le Molise, pays déshérité, dévasté par le tremblement de terre de 1805, deux routes furent décrétées sur place et prises entièrement à la charge de l'Etat, qui y pourvut avec les revenus de couvents supprimés (2). D’autres furent étudiées : Avellino, Melfi-Venosa, Bari-Lecce (3), Naples-Bagnoli.
Pour ces travaux, le gouvernement fit appel à tous les concours : Guerre et Intérieur, génie militaire et civil, les soldats et les communes, auxquelles on demandait des travailleurs (salariés, au moins en principe), des moyens de transport, des « offrandes volontaires (4) » pour aider le Trésor, et il convient de dire que les habitants, principalement dans les Abruzzes, montrèrent généralement beaucoup de bonne volonté : peut-être eût-il mieux valu laisser aux provinces et aux commandants militaires une initiative plus large (5). Des subsides, généreux vu les circonstances, furent affectés à cet usage.(6).
C’est encore aux habitants qu’incombe le soin de déboiser les abords de certaines routes (7), ailleurs, de les border d’arbres fruitiers (dont le produit serait pour eux), d’en entretenir les fossés,
(1) Décret, 22 décembre 1806; Joseph à Napoléon, 6 juin 1807 (Mémoires, t. IIL) et au général du génie, 22 décembre 1806 (Lettres inédites). La route Cotrone- Pizzo (traversant toute la presqu'île) était en bonne voie à la veille du soulèvement; citons encore Catanzaro-Monteleone, Liagonegro-Sapri, Castrovillari- Nicastro.
(2) Isernia-Bojano-Supino et Ponte Landolfo-Campobasso (décret, 23 septembre 1807).
x (3) Décrets, 197 février et 15 mars 1808. Commencées l’année suivante (Lettres inédites. 20 septembre 1807). Le Rapport de M10T (chap. vi) résume l’œuvre accomplie. 2
(4) Ou, comme pour le pont de Cosenza, contribution extraordinaire sur les communes intéressées.
(5) Plaintes de Partouneaux à Jourdan, Monteleone, 25 juillet 1808. A. C., Naples.
(6) La route des Calabres avait, en juin 4807, coûté déjà 100 000 ducats. Dans chacun des premiers mois de cette année-là, on aftectait 500 à 1 000 ducats pour celle de Pouille, 6 000 pour celle d’Aversa, plus de 10 000 pour celle des Calabres.
(7) De fortes corvées sont ainsi employées entre le pont de Bovino et Ariano, et il faut des troupes pour les protéger contre les brigands (instruction donnée par C. Berthier, 19 juillet 1807. A. N., F#, 88314 ; Saliceti à Lamarque, 30 octobre 1807. À. Naples, Guerra, 1048).
on peut même ajouter de veiller, en qualité de gardes provinciales, à leur sécurité. Sûres, avant l’insurrection les routes étaient loin de l’être,comme d’ailleurs dans toute l’Italie et même en plusieurs lieux de France; les circonstances n’étaient pas pour les rendre telles.
Les ponts manquaient le plus souvent et lhiver, le passage à gué des torrents glacés était un supplice; les soldats devaient se tenir les uns aux autres pour tâcher, parfois en vain, de résister au courant. Les habitants utilisaient leurs lourds chars à bœufs. Sur le Garigliano, au passage de la grande route de Rome, il n’y avait qu’un pont de bateaux ; le pont de Cosenza, celui du Savuto (près Rogliano) s'étaient effondrés; celui de la Noce (près Lagonegro) avait été brûlé par les Napolitains.
Ces restaurations furent ordonnées. Reynier pressa vivement
la construction de ponts sur l’Angitola, le Lamato, le Petrace (1). Une compagnie entreprit à ses frais celle d’un pont sur le Sele, moyennant la fourniture du bois nécessaire et létablissement, pour dix ans, d’un péage. Le système d’adjudication finit par être recommandé d’une manière générale.
. La pensée du roi, au cours de son voyage de Calabre, ne pouvait manquer de s’arrêter sur le percement de l’isthme entre Squillace et Santa Eufemia. De même, l'évocation de l’antique grandeur de Brindes, Tarente, Baia, Gaëte, suggéra des études, des projets, qui se résolurent pour l'instant dans l’établissement de quelques jetées, d’un phare, et le curage de quelques ports (2} Ce qui pressait le plus, Parmement des côtes, ne put même être effectué qu’en bien faible partie.
Les intendants et les généraux, le conseil des travaux publics, dont font partie les deux inspecteurs des ponts et chaussées et inspecteur « hydraulique (3) », le conseil des édifices civils, les
(1) Registre de correspondance de Reynier (décembre 1806-janvier 1807).
(2) Dont l’état était lamentable : le port de Naples envasé et encore encombré par les carcasses des navires coulés en 1799; les chenaux de Brindes presque obstrués; la Petite-Mer de Tarente inaccessible aux bateaux tirant plus de & à 5 pieds ; Cotrone, l’unique port aménagé en Calabre, n’était qu’un mouillage. V. capitaine de vaisseau Jacob, 22 juillet 1806, pour Naples et Castellamare (A. N., AF 1v, 1714 A); contre-amiral Leissègues, pour Barletta, Brindisi, Tarente, (1811 Mar. BB*, 364, fo 110-115); Lacour, Rapport sur les moyens que présente le royaume de Naples pour les constructions navales (1811. A. N. AF 1v, 1714 A). Travaux signalés par Joseph, 26 avril 1806, 9 février 1808 (Mémoires, t. II et 1V).
(3) Décret, 18 août 1807.