ÉTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES
associé avec Saliceti pour fouiller à leur compte, L. Reynier, dont le médaillier fut célèbre, sans parler de tous ceux qui tenaient au moins à rapporter de ces souvenirs plus que jamais à la mode. Les travaux furent repris à Pompeï sous la direction de Pietro la Vega, à Pouzzoles (pour dégager le temple de Sérapis), à Baiano, Aversa, Avella (1). Miot eut aussi à s’occuper de l’officine des papyrus, que dirigeait Mgr Rosini, de la protection ou restauration de diverses antiquités ; mais le plus souvent il se heurtait au manque d’argent, qui le rendait sourd même à la demande de faire réparer Mamorio (2)!
Le musée trouvait son compte dans la suppression des couvents. L’inventaire de tous les objets d’art avait été prescrit et la vente ou le déplacement interdits (3); les plus beaux devaient échoir au musée. Celui-ci s'enrichit encore de nombreux tableaux transportés de Capodimonte, puis des antiques de Portici, et aussi de peintures échangées à des églises contre d’autres ou contre des copies (4), et surtout de la superbe collection réunie aux palais farnésiens de Rome et que Joseph avait su retirer presque des mains de l’empereur (95). Le local, aux Studi, dut être agrandi, le nombre des invalides de garde augmenté, la population parasite qui s’y trouvait (comine dans tout bon palais italien) expulsée. Ces soins s’imposaient d'autant plus que ancienne cour, en fuyant, avait emporté le plus de pièces possible, et jusqu'aux inventaires : «Il n’y a plus un seul tableau de prix », écrivait le roi (6). La direction du musée effet que le roi a pris « quelques objets » à Portici, et le gardien en profitait, au dire du directeur des musées, pour expliquer d’autres disparitions.
(1) Signalons encore la découverte de tombeaux à Pestum, celle des restes d’Innocent IV dans la cathédrale. J.-V. Millingen proposa de vendre au roi, pour le cabinet qu’il voulait former, ses 2 000 médailles. A A. Naples, Interno, 2266, nombreuses demandes de fouilles. Dans NoaïLLy, Voyage en Italie, p. 55, quelques mots sur celles de Pompeï.
(2) Gius. Mazzucca, chargé de faire un rapport sur les monuments à restaurer, Michele Fortunato, attaché au musée pour la restauration des vases, Andrea Cali pour celle des statues, et onze pensionnaires de l’Albergo de’Poveri furent
instruits à réparer les mosaïques et les bronzes. A. Naples, Int., 2266 et 52, ur et2.
(3) En même temps les lieux pieux avaient défense de vendre les leurs.
(4) Du moins Joseph exige-t-il leur consentement et nous le voyons refuser l'offre de la commune de Teano de lui offrir deux sphinx antiques qu’on voyait sur une place publique, « son intention n’étant point d’ôter aux provinces ce qui peut les orner ».
(5) A. E., Naples, 131, fo 69-81. Le procès-verbal de la prise de possession des biens farnésiens donne la liste des œuvres d’art qu’ils renfermaient.,
(6) A Napoléon, 13 juin 1806. Mémoires, t. II.
et des fouilles fut confiée au chevalier Michele Arditi, archéologue plus qu’artiste, qui paraît avoir été actif, mais se montra d'humeur âpre tant avec Wicar, son voisin aux Studi, qu'avec le ministre lui-même.
Les couvents furent encore la providence des bibliothèques publiques (déjà au nombre de trois à Naples, en premier lieu celle des Studi, dont le P. Andrès, jésuite espagnol, fut nommé directeur), comme des cabinets de physique formés en diverses écoles (1). . Le dépôt topographique, établi au Palais Royal, fut réorganisé c’est Ferdinand qui avait fait venir de Padoue le célèbre géographe Giov.-Antonio Rizzi-Zannoni, que l’abbé Galiani estimait « un des plus habiles géographes et astronomes » de son temps (2). C’est de sa carte que l’état-major français se servait ; les exemplaires en étaient devenus rares ; inachevée, elle nécessitait en outre des corrections : elle fut terminée. À l’Annunziatella fonctionnait un, dépôt topographique militaire (3).
Au palais encore fut installée une imprimerie royale, dont le premier directeur fut l’archéologue Francesco Daniele, déjà bibliothécaire du roi et secrétaire perpétuel de l’Académie d’histoire. L’imprimerie, que Naples jadis avait connue aussi tôt que Paris, était bien déchue (4); des provinces entières ne la pratiquaient point. Les besoins plus grands de administration et la création de journaux lui donnèrent une impulsion sérieuse (5). En province, c’est aux évêques qu’on s’adressait pour provoquer l’établissement d’imprimeries, auxquelles le roi offrait des avances (6).
(1) La Bibliothèque nationale de Naples doit aux bibliothèques monastiques son principal accroissement; celle d’Aquila et d’autres sans doute furent alors constituées (Statistica delle Biblioteche, Rome, 1893-94, 2 vol.). Le décret du 6 mars 1807 chargea le P. Andrès de choïisr dans les monastères supprimés les manus-. crits et livres qu’il jugerait utiles à la Bibliothèque de Naples. Du moins la Cava, Montevergine, Monte Cassino gardèrent-ils leurs bibliothèques et leurs archives.
(2) Lettres inédites de B. Tanucci et Galiani, publiées par F. Nicolini. Arch. stor. Nap., 1905, p. 430. |
(3), On lui doit une « carte itinéraire » de Bologne jusqu’en Calabre. Le général Parisi se loue du travail fait par Lamarque pour coordonner les renseignements fournis par les: divers. commandants militaires. Lucotte y travailla aussi. A A. Naples, Guerra, 1072, pièces nombreuses sur ces deux dépôts. Le graveur en chef était Guerra, à qui l’on doit alors un beau plan de Gaëte. !
(4) « De tous les arts, la typographie est le plus avili. » GALANTI, Descriz. di Napoli, p. 265.
(5) Presque chaque, ministère eut son imprimerie, la circulaire du 9 mars 1808 leur ordonna de faire imprimer à l'imprimerie royale.
(6) Monitore, 28 novembre 1806.
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ENSEIGNEMENT. é : 455
Le jardin botanique fut. formé, à la place même qu’il occupe encore, « pour linstruction du public et pour la diffusion des espèces utiles à la médecine, à l’agriculture et à l’industrie (1) ». Le directeur fut Michele Tenore (2).
L'observatoire fut transféré au Belvedere di San Gaudioso (Capodimonte), pour le célèbre Gius. Casella (il n’en fut pas pour cela mieux outillé) et Miot entretenait Cuvier d’un projet de muséum d’histoire naturelle (3).