‹ Naples: Sous Joseph Bonaparte 1806-1808Chapitre 127 sur 164 · ITI · texte numérisé non relu

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L’antique et glorieuse Université de l’empereur Frédéric prit un caractère plus officiel par sa subordination au ministre de l’Intérieur au lieu du Cappellano maggiore. L’administration fut régularisée (4), l’enseignement rajeuni (plusieurs chaires, en partie vacantes, supprimées, de nouvelles créées, notamment pour le droit naturel, la littérature ancienne et moderne, les langues orientales) et les nombreuses nominations faites à la fin de 1806, et dont plusieurs portaient sur des libéraux connus, prouvait qu’on en voulait renouveler aussi l'esprit (5). C’est alors que le siège en fut transféré au Gesù Vecchio, où il est toujours (6).

L’Académie des arts du dessin, péniblement rouverte en 1803, périclitait; le vieux Mondo, son dernier directeur, venait de mourir. Joseph appela de Rome pour le remplacer le Lillois J.-B. Wicar, un élève de David, qui associait au culte de lanti-

(1) Décret du 28 décembre 1807. Les propriétaires du terrain (un hôpital et un couvent) furent indemnisés par des boutiques dans les nouveaux marchés. Le petit jardin botanique, qu’on avait commencé à former en 1805, à Monte Oliveto, était supprimé.

(2) Il fit le catalogue des plantes du jardin (1807).

(3) Miot à Cuvier, 22 août 1806. A. Institut, fonds Cuvier.

(4) Tout de suite (13 mars 1806), Joseph en avait confirmé les revenus et promis de les confirmer. Par décret, 31 octobre et règlement, 14 mars 1806, les chaires furent réparties en cinq classes, les traitements rendus plus uniformes, l’assiduité fut prescrite, un préfet préposé, un conseil désigné pour faire passer les examens (trop souvent simple formalité). Même le nombre et la durée des lecons étaient fixés.

(5) Les célèbres médecins Cotugno, Sementini, Amantea, N. Valletta, qui écrivit contre la féodalité, Fr. Lauria, l’archiprêtre De Luca Cagnazzi.

(6) Pour les écoles militaires, v. chap. VI, $ 4.

quité le souci de l’étude anatomique. De bons maîtres furent réunis : le Savoisien Jacques Berger, peintre délicat, recommandé par Canova (1), et le sculpteur wurtembergeois Heinrich Schweikle ; tous les autres étaient Napolitains, à commencer par Gius. Cammarano, le vice-directeur (2). La direction de Wicar fut très active : connaissant les Napolitains, chez lesquels 1l signalait la « candeur » comme une qualité rare, il surveillait les ouvriers, qui se plaignaient de n’avoir jamais autant travaillé, faisait patienter et les professeurs, dont le traitement souffrait des retards, et les élèves, qui pétitionnaient contre l’intendant du musée (3), formait des collections (4). Malgré la médiocrité des ressources, aidé de l’architecte Maresca (5), il mit sur un bon pied l’établissement, qu’il aurait voulu rendre sans égal en Italie et en France.

Pour la musique, il y avait d’admirables institutions, les conservatoires de Santa Maria di Loreto et de la Pietà dei Turchini, à la fois orphelinats et écoles, d’où étaient sortis, à commencer par Paisiello et son maître Durante, plusieurs des musiciens les plus distingués de ce temps. C’est sans doute par économie surtout que Joseph fusionna les deux établissements, auxquels furent appliqués les règlements des collèges, sous la direction de Finaroli, Tritto et Paisiello (6). Le roi philanthrope, bravant la tradition, en excluait «les enfants qu’une coutume barbare privait de espoir de la virilité ».

A Rome, Joseph continua l’entretien des artistes napolitains,

(1) Qui envoie, pour témoignage de son talent, son Amore condottino della pazzia (à Miot, 28 novembre 1807).

(2) Pour les autres, v. ci-dessous, p. 467. Sur l’Académie, cf. A. BORZELLI, l’ Accademia del disegno; corresp. de Wicar avec le ministre à A. Naples, 54, n° 9, et 52, n° 2. Sur Wicar lui-même, outre les notices citées de Dufay et Quarré-Reybourbon, celle des Biografie de Trrarpo (par Vaccolini, t. I), catalogues du Musée Wicar (Lille), par P. Legrand (1856) et H. Pluchart (1889).

(3) Felice Nicolas, « cet imposteur, ce traître », comme le baptisait une amusante pétition des « artistes de tout grade et de toute condition ».

(4) Des tableaux de la sacristie de Saint-Paul, des estampes, « débris des belles collections qui enrichissaient autrefois Capodimonte », des moulages (Canova envoyait ceux de son Napoléon), des copies.

(5) Mal secondé, par contre, par le secrétaire, Gaetano Gagliardi, qui avait proposé un plan d'organisation et dont la déception explique suffisamment les plaintes contre Wicar. Le Rapport de Miot déclare l'établissement « dans un état florissant » d

(6) Décrets, 11 novembre 1806, et 30 juin 1807. Cf. FLortMmo, La Scuola mustcale di Napoli. C’est sous Joseph que le chanteur Lablache fut admis au Conservatoire de Naples. Le patriote Maroncelli dut y entrer peu de temps après.

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