ENTENTE POUR >E PAS LES EXÉCUTER
lendemain, à la pointe du jour, l'Empereur irait à la croisière anglaise ; il gagna du temps, partit tard, se dirigea sur la Saale où il savait que l'Empereur n'était pas, y arriva à une heure du matin, laissa Philibert envoyer un exprès à Beker pour le prévenir, ne manifesta nulle intention de descendre lui-même à l'île d'Aix et laissa les destinées s'accomplir. Richard ne semble avoir insisté en aucune façon sur l'exécution des ordres qu'il avait apportés et qu'il connaissait. En cela ne se conformait-il pas aux instructions de Fouché qui s'était alors donné pour tâche de soustraire des victimes à la réaction royaliste, et qui, en bien des cas, y parvint ? Au surplus, bien qu'ils ne fussent nullement décidés dans leurs opinions et qu'on ne pût croire à leur dévouement, tous les hommes qui pouvaient alors influer sur le sort de l'Empereur s'entendaient à mi-mot pour qu'il partît, qu'il eût au moins l'air de partir volontairement et qu'il leur évitât la honte de le livrer. — tous, aussi bien Richard que Bonnefoux, Philibert que Beker. Celui-ci, qui, dans une relation publiée vingt ans plus tard, s'est donné une attitude forcée de respect et de dévouement, n'en avait pas moins témoigné au proscrit des égards que celui-ci eût vainement attendus de tout autre, et il s'était presque constamment prêté aux désirs de l'Empereur, tout en exécutant à peu près intégralement les ordres de la Commission. 11 n'en avait pas moins eu pour premier objet de la contenter, car, de retour
à Paris le 21 juillet, il écrivit au duc d'Otrante que, en récompense de la mission qu'il venait de remplir et, comme témoignage de la satisfaction du gouvernement, il demandait à être nommé grand-croix de la Légion d'honneur. Fouché, qui n'avait plus besoin de lui, apostilla sa lettre de cette note : « Lui écrire une lettre obligeante et lui promettre l'appui du ministère. » Il est des besognes qui avilissent si l'on en a escompté le salaire et lorsque, par surcroît, le salaire manque, l'on reste à la fois dupe et complice.
Très vite on l'apprécia mieux, il fut compris en 1818 dans le cadre des huit lieutenants générauxplacés àlatête de l'armée; en 1819, M. Decazes le fit pair de France ; en 1825, le sacre lui valut le cordon rouge de Saint-Louis, et, en i83i, il obtint de Louis-Philippe la grand'croix de la Légion. Il n'est que de vivre'.
Seul excepté de la loi qui frappait les régicides, le baron Richard obtint de plus un secours annuel de 6.000 francs. Philibert, maintenu dans son commandement, eut la rosette en 1821 et le grade de capitaine de vaisseau de première classe en 1822. Mais Bonnefoux fut destitué ; Jourdan de la Passardière, commandant de VEpervier, fut mis en non activité, les officiers qui s'étaient offerts pour le service des chasse-marée furent rayés des cadres de la Marine et mis sous la surveillance de la haute police ; et, de même, furent destitués ou obligés de démissionner les officiers, comme Besson