SAINT-DENIS. — PIERRON
blement des caractères à l'infini sur la plus petite surface de satin ou de papier. Par son dévouement, son zèle, son honnêteté, sa discrétion, il était digne de Marchand, dont il devint l'ami. Saint-Denis seulement, plus âgé que son compagnon, n'avait pas, semble-t-il, la même adresse ni la même résistance, et des circonstances particulières l'empêchèrent seules d'atteindre la même fortune. Lorsque, comme il faut lespérer, les Soiii'enirs de Saint-Denis seront publiés, l'on comprendra mieux le rapprochement qui s'impose entre ces deux hommes.
Pierron, qui était le maître d'hôtel véritable, — Cipriani faisant plutôt le service de contrôleur, comme on disait dans les maisons princières, — eût dû être chef d'office, car c'était là son métier: il était entré en 1807 comme aide d'office, il avait fait aussi le vovaçre de Hollande et ensuite il avait suivi l'Empereur dans les campagnes de i8i3 et de i8i4- A la fin, il était un des six garçons d'office à 45o livres de gages. A Fontainebleau, il sollicita de partir pour l'île d'Elbe à la place d'un de ses supérieurs qui avait « déserté », et il fut emmené comme chef d'office. Il garda la place au retour à Paris, fit la campagne avec l'Empereur et ne le quitta plus.
La première table des gens devait se composer, à Sainte-Hélène, de Cipriani, Pierron, Marchand et Saint-Denis : cela marque la hiérarchie.
A la table de l'office s'asseyait, avec Santini, un
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chasseur nommé Noverraz. Originaire du canton de Vaud, il avait été admis dans la Maison en 1809 ; il était, en i8i3, le dernier entré des sept valets de pied relevant du service du grand écuyer, et il touchait 960 francs de gages ; il fit ainsi les campagnes de i8i3 et de 1814 sur le siège des voitures impériales. Il fut promu chasseur, fut coiffé du bicorne à plumes de coq et revêtu du costume traditionnel qui comportait, comme on sait, des armes apparentes. Dans le voyage de Fontainebleau à Fréjus, Noverraz était sur le siège de la voiture de TEmpereur. A Orgon, un homme se jeta comme un furieux pour ouvrir la portière. Noverraz tira d'une main son sabre, et, dans l'autre, tenant une espingole, sans s'embarrasser de la multitude, menaça le premier qui oserait s'approcher de la voiture. Le grand maréchal baissa aussitôt la glace et lui cria de se tenir tranquille. Néanmoins, on avait gagné du temps, les chevaux étaient mis, et l'on repartit. Noverraz était un homme sur le dévouement duquel on pouvait compter, mais il n'était point dans son rôle d'approcher l'Empereur.
Des deux Archambault qui devaient composer le personnel de l'Écurie, l'un, Achille-Thomas- L'Union, était entré dans le service du grand écuyer en i8o5. En i8i4, il avait sollicité avec opiniâtreté de suivre l'Empereur à l'île d'Elbe ; il y avait été brigadier des valets de pied. Revenu à Paris au 20 mars, il avait été maintenu dans sa place et avait fait en cette qualité la campagne de Belgique.