‹ Napoléon à Sainte-Hélène, 1815-1821Chapitre 55 sur 90 · LE BUSTE DU ROI DE ROME · texte numérisé non relu

LE BUSTE DU ROI DE ROME

mais ces erreurs ne sont point involontaires, C( maie est celle de Livourne où l'enfant n'alla jamais, et encore moins avec sa mère...

Radovitch tombe malade sitôt le Baring en rade. Lowe se met en possession du buste et il délibère, même il consulte. Doit-il attendre des instructions de Lord Balhurst? N'est-ce pas, ce buste, un signe

le reconnaissance? Ne renferme-t-il pas une correspondance? Cela se pourrait, lui dit-on, s'il était

Il plâtre, mais il est en marbre! Cet argument lui semble si fort que, le lo juin, après douze jours

le réflexions, il se détermine à venir chez le Grand maréchal pour lui parler du buste. Or, dès le lendemain de l'arrivée du Baring, l'Empereur a su que ce buste était à bord et il a bâti sur cet envoi tout un système. On lui a rapporté les délibérations de Lowe et de son adjudant: supprimer le buste, le briser, le jeter à la mer. Il guette le gouverneur, et, dès lors, il a fait de cette affaire un de ses griefs dans des notes qu'il a dictées à Montholon. Lowe expose au Grand maréchal « qu'un statuaire de Livourne a fait un mauvais buste du fils de l'impératrice Marie-Louise et l'a envoyé à Sainte-Hélène parle Baring; il n'en a pas fixé le prix, mais il espère cent louis de la générosité du général Buonaparte; cette prétention est si exorbitante qu'elle doit suffire pour que le buste ne soit pas accepté, car c'est évidemment une honteuse spéculation de quelque mauvais sculpteur toscan ». A l'appui de son dire, Lowe communique à Ber-

trand la lettre de Biagini et le mémorandum d'embarquement. Voilà donc ses scrupules ; et comment | ouirait-il plus maladroitement se tirer d'affaire qu'en mettant au défi la libéralité de l'Empereur?

Le Grand maréchal « ne s'en laisse pas imposer ». Il répond que l'Empereur a un grand désir de revoiries traits de son fils, et il engage vivement le gouverneur à envoyer le buste le soir même. 11 est bien exact que l'Empereur y attache un prix extrême : outre que la remise constituera un avantage sur le gouverneur, il ne met pas en doute que « ce buste a été fait d'après les ordres de l'impératrice Marie-Louise pour être offert au père et au mari en hommage de ses tendres sentiments ».

Le II, le buste est apporté: l'Empereur envoie aussitôt Gourgaud chez le Grand maréchal pour ouvrir la caisse et lui rendre compte. Au retour, son premier mot : « Quelle décoration ? — L'Aigle.

— Ce n'est pas celui de Saint-Etienne, au moins ?

— Eh! non ! c'est l'aigle que Votre Majesté porte elle-même. » Il est content ; il renvoie Gourgaud chercher le buste; tout de suite il regarde la décoration : « Est-ce l'Impératrice ou le sculpteur qui aura voulu l'Aigle ? » Il trouve que l'enfant est joli, quoiqu'il ait le col enfoncé ; il ressemble à sa mère. Il fait appeler les Montholon : il montre le buste à O'Meara, aux petites Ba > combe. C'est l'impératrice Marie-Louise qui le lui a envoyé.

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