‹ Napoléon à Sainte-Hélène, 1815-1821Chapitre 64 sur 90 · LES BULLETINS DE SANTE S · texte numérisé non relu

LES BULLETINS DE SANTE S

27 octobre ; et il ajoutait : « Si vous adoptez le principe que toutes clioses doivent être rétablies telles qu'elles étaient lors de votre arrivée... il sera facile, dans un quart d'heure, de constater, par vingt preuves écrites et vingt témoins, cet élat de choses. ;> Lowe contestait, discutait, ergotait. Un mois passa encore ; le i3 novembre Bertrand écrivit : « La santé de l'Empereur continue à être mauvaise. »

Lowe était disposé à capituler, au moins sur les points les plus importants, tant il s'effrayait à la pensée que, par sa faute, son prisonnier périt, mais une nouvelle querelle surgit au sujet des bulletins de la santé de l'Empereur. Napoléon ne consentait qu'O'Meara communiquât de tels bulletins au gouverneur qu'à condition qu'ils lui fussent montrés d'abord et qu'il y fût dénommé « l'empereur Napoléon «, faute de quoi il déclarait qu'il se refuserait absolument à voir O'Meara et à suivre aucune prescription. Lowe consentit qu'on supprimât les rapports écrits et il se contenta de rapports verbaux qu'O'Meara devait faire, soit à lui, soit au docteur Baxter : celui-ci ne manquait point ensuite de les mettre par écrit.

La situation était telle, et, à en croire O'Meara, l'état de l'Empereur empirait chaque jour ; des insomnies nocturnes l'obligeaient à se coucher dans la journée ; l'appétit était nul; l'enflure des jambes augmentait. Le médecin diagnostiquait une hépatite chronique et parlait de l'influence

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qu'exerçait sur le patient le climat de Sainte-Hélène. Lowe était de plus en plus inquiet et il ne manquait point de rendre compte d'un état de santé sur lequel les commissaires russe et autrichien, de leur côté, renseignaient leurs cours, en leur communiquant d'abord les bulletins d'O'Meara, puis, lorsque l'Empereur les eut interdits, les bulletins plus rassurants rédigés par Baxter, d'après les conversations qu'il avait, peut-être, avec O'Meara...

Entre celui-ci et le gouverneur, les choses s'envenimaient au point que Lowe pensait sérieusement à l'expulser de l'Ile. Habitué qu'il était à le trouver complaisant et à recevoir de lui des détails circonstanciés, il s'étonnait qu'O'Meara déclarât infâme à présent un métier pour lequel il s'était de lui-même offert et qu'il avait jusque-là rempli sans répugnance. S'il n'allait point jusqu'à en deviner exactement les raisons, tout le moins il soupçonnait entre le malade et son médecin des rapports nouveaux, des relations suspectes, et il ne put se contenir lorsque O'Meara lui déclara qu'il avait promis à Napoléon de ne rien révéler des conversations qu'il aurait avec lui, hormis s'il s'agissait de projets pour une évasion ou pour quelque rébellion contre le souverain d'Angleterre. A coup sûr, cette déclaration était tardive, mais il n'eût tenu qu'à O'Meara de ne la point faire et, de là, n'eût-il point dû devenir moins odieux au gouverneur? Mais celui-ci devait envisager les

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