‹ Napoléon à Sainte-Hélène, 1815-1821Chapitre 68 sur 90 · L'EUROPE APPROUVE LOWE · texte numérisé non relu

L'EUROPE APPROUVE LOWE

il le fatigue que pour mieux cacher ses véritables desseins.

« Les correspondances secrètes avec l'Europe et le trafic d'argent ont lieu dans toutes les occasions qui se présentent.

« Le projet d'évasion a été agité par les gens attachés à sa suite et il aurait été exécutable si leur chef n'avait pas mieux aimé le différer. »

Quant à sa santé : « Il se dit malade, et il refuse la visite d'aucun autre médecin que de celui qui est devenu son complice et qui même n'a jamais pu certifier que le général Buonaparte fût travaillé d'aucune indisposition sérieuse ou apparente dont quelques jours d'exercice ne le délivreraient complètement. »

La conclusion, c'est l'approbation par l'Europe de toutes les mesures qu'a ordonnées le gouvernement britannique, et qu'a exécutées le gouverneur Hudson Lowe — sous la réserve que les restrictions seront encore plus strictement appliquées, que toutes les précautions seront prises pour empêcher les correspondances clandestines dénoncées par Gourgaud et pour prévenir l'évasion que Gourgaud a déclaré si aisée. Les représentants de l'Europe — Autriche, Grande-Bretagne, Prusse, Russie, auxquels se joint pour la France M. le duc de Richelieu — adoptent, à l'unanimité, des résolutions en six articles destinées à légitimer, approuver et resserrer la captivité. D'abord, ils adhèrent unanimement aux « aperçus présen-

388 NAPOLÉON A S AINTE-H ÉLEN E

tés avec autant de vérité que de force dans le mémoire » des plénipotentiaires russes, ils flétrissent comme il convient « les rapports mensongers répandus sur le compte de ce prisonnier par une malveillance active, recueillis par l'esprit de parti ou la crédulité » ; puis ils font leurs déclarations solennelles — et tel est en Europe le résultat des bavardages de ce Gourgaud pour lequel on ne saurait alléguer que cette atténuation : qu'il fut peut-être sous l'empire de certaines excitations momentanément délirantes et qu'il émit alors des allégations qui dépassaient sa pensée.

A Aix-la-Chapelle les dénonciations de Gourgaud ont procuré le resserrement du prisonnier et une captivité désormais sans espoir; à Longwood c'est l'existence même de FEmpereur qu'elles mettent en cause. Par le retour du courrier qui a apporté les dépêches de Lowe énonçant ce que Lord Bathurst appelle « la confession du général Gourgaud ». le gouverneur a reçu l'ordre d'établir, entre les personnes de la suite du général Bonaparte et les habitants de Sainte-Hélène, toutes les restrictions qui lui paraîtraient nécessaires pour empêcher la continuation des correspondances, clandestines. « Si les personnes de la suite ne se soumettent pas aux restrictions nouvelles, vous leur interdirez, écrit Bathurst, tout rapport avec le gêné-* rai Buonaparte. »

Le 9 mai, Goulburn donne audience à Gourgaud, Le i6. Lord Bathurst, considérant « que les rap-

Page 1