‹ Napoléon à Sainte-Hélène, 1815-1821Chapitre 69 sur 90 · RENVOI D O MEARA · texte numérisé non relu

RENVOI D O MEARA

ports fournis par Mr. O'Meara sont très mensongers », et que, « d'après les informations données par le général Gourgand à M. Goulburn », « la santé du général Buonaparte n'a en aucune manière soufTert de sa résidence à Sainte-Hélène », enjoint à riudson Lowe de faire cesser ses fonctions à O'Meara et de lui interdire tout rapport ultérieur avec les habitants de Longwood. L'amiral Plampin recevra les ordres nécessaires pour sa future destination. El comme « l'éloignementdOMeara occasionnera une grande sensation et que Ton essaiera de donner une mauvaise tournure à cette affaire », Lowe pourra laisser généralement connaître la substance de ses instructions, afin que l'on apprenne que, s'il a été éloigné, c'est « en conséquence des informations fournies sur sa conduite par le général Gourgaud en Angleterre ». Ce n'est pas tout : la résidence à Longwood est odieuse à l'Empereur; il aurait ardemment désiré une habitation où il eût de l'eau, des arbres, de l'ombre et des fleurs : il en était une telle à Sainte-Hélène, Rosemary Hall. Il n'avait point fait exprimer formellement au gouverneur un tel désir, mais il l'avait tant de fois laissé entendre à d'autres que, de lui-même, Lowe avait engagé des négociations en vue de louer ou d'acheter Rosemary Hall. Il les avait poussées si loin qu'il n'attendait plus qu'une approbation de forme de Lord Bathurst. c J'espère, lui écrit celui-ci, que ma dépêche au sujet de Rosemary Hall vous parviendra avant que vous en ayez

Sgo NAPOLÉON A SAINTE-ÎI ÉLENE

terminé Fachat. Le général Gourgaud regarde Longwood comme la situation la mieux adaptée à la surveillance... »

Les ordres de Bathurst sont exécutés le aS juillet. O'Meara reçoit l'ordre de quitter Longwood sur-le-champ. L'Empereur est en plein traitement; n'importe. D'ailleurs le gouverneur a envoyé un homme à lui, le docteur Verling, pour prendre le service d'O'Meara. Celui-ci, violant la consigne, pénètre chez Napoléon, lui donne quelques vagues indications sur sa santé, reçoit ses instructions, une note pour l'impératrice Marie-Louise, des ordres précis au sujet de la publication qu'on devra faire des lettres que les souverains lui ont jadis adressées et qu'il a gardées comme une arme suprême ^

Depuis le 5 janvier où Lowe a déjà voulu l'expulser, ne s'arrétant que devant une crise dont l'Empereur avait été atteint, le docteur est en possession d'un bon de cent mille francs payable par le prince Eugène ou par le roi Joseph. Son sort est assuré ; il le fut bien plus amplement par les Bonaparte ; mais au moins, s'efForça-t-il de gagner son argent. Arrivé à Londres vers la mi-septembre, il s'empressa de communiquer les faits dont il avait été témoin. « Je pense, écrivait-il le 28 octobre au

I. Je me permets de renvoyer le lecleur, pour l'afTaire des Lettres des Souverains à NapoléoTi, à mon livre : Autouk de Sainte-Hélène, tome II, p. 177 à 2i5. J'ai mis là tout ce que j'ai ivoxxwé jusqu'ici sur la question.

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