‹ Napoléon à Sainte-Hélène, 1815-1821Chapitre 70 sur 90 · RENVOI D O'MEARA · texte numérisé non relu

RENVOI D O'MEARA

secrétaire de TAmirauté, que la vie de Napoléon est en danger, s'il réside plus longtemps dans un climattel que celui de Sainte-Hélène, surtout si les périls de ce séjour sont aggravés par la continuité de ces contrariétés et de ces violations auxquelles il a été jusqu'à présent assujetti et dont la nature de sa maladie le rend particulièrement susceptible d'être affecté. » En manière de réponse, l'Amirauté l'informa, le 2 novembre, que son nom était rayé de la liste des chirurgiens de la Marine. Attribuant, non sans raison apparente, ses disgrâces à Lowe, et provoqué en quelque façon par un pamphlet officieux certainement émané des entours du ministère des Colonies et intitulé: Facts illustrative of the treatment of Napoléon Bonaparte at St. Helena, il publia, dans les premiers jours de 1819, chez Ridgway, un volume intitulé: Exposition of sonie of the transactions that hâve taken place at St. Helena since the appointment of Sir Hudson Lo^e as governor of that Island, où des documents bien choisis chargeaient le gouverneur d'une façon singulièrement pénible. Traduit immédiatement en français et publié à Paris en juillet, ce livre avait eu en Angleterre un immense retentissement, et le ministère n'avait ni pu le démentir, ni osé le poursuivre. « Les verdicts de Londres sont très incertains, écrivait Lord Balhurst à Lowe. Dans l'état des choses, ajoutait-il, vous aurez la satisfaction de voir qu'après toutes leurs publications et leurs menaces, personne n'a osé ouvrir la

Sga NAPOLÉON A SAINTE-HÉLÈNE

bouche dans le parlement en faveur de Biionaparte. » Cela, en effet, répondait à tout, et il n'est point d'autre morale pour un parlementaire que d'avoir la majorité.

Les efforts d'O'Meara semblent bien s'être arrêtés là. 11 publia, cette fois sous son nom, en février 1820, le tome IX des Historical Memoirs of NapoleoUy qui lui furent apportés en octobre, de Sainte-Hélène, par un Anglais auquel on donna 10.000 francs pour sa commission : ce n'était rien d'autre qu'une version différente et définitive de cette Campagne de 1815, dont Gourgaud avait, malgré l'Empereur, emporté un brouillon mis au net et publié par lui dès i8i8. Ce qui rend la publication d'O'Meara intéressante, c'est que l'Empereur, bien qu'il ignorât qu'il dut à Gourgaud toutes les persécutions qu'il essuyait, avait tenu expressément à lui infliger un démenti par l'expédition et la publication d'un texte authentique de la Campagne de 1815. La forme adoptée pour la publication, l'apposition sur le titre des armoiries impériales, l'annonce que les huit premiers livres de ces Mémoires historiques paraîtraient sous peu de semaines, tout proclamait l'authenticité de cette édition et infirmait celle de Gourgaud, demeurée pourtant la plus, et même la seule connue.

L'effet produit fut médiocre. Ce que le public attendait de l'Empereur ce n'étaient point des récits historiques d'une sécheresse voulue, d'une aridité stratégique, dépouillés de toute anecdote et

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