‹ Napoléon amoureuxChapitre 26 sur 38 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Encore la princesse Stéphanie. — Complaisance des dames de la cour pour .Napoléon. — Ce qu'en dit le Mémorial. — Rétlexions sur l'entrevue de Mantoue et le passage des Mémoires lie Lucien qui la rapporte. — Bals masqués. — Amour de Napoléon pour ces bals. — Aventures de bals masqués. — Bal chez la grandeduchesse de Berg, et de ce qui s'ensuit. — Mlle Guillebeau. — Une danseuse nommée lectrice, et la lectrice devenant « favorite » de l'empereur. — Fin d'idylle. — Aventure à Madrid. — L'empereur n'aime pas les parfums. — Encore Mme Gazzani. — Mme Walewska rejoint l'empereur à Schœnbrûnn. — Elle devient enceinte. — Fredaines de l'empereur à Vienne. — Caprice de Napoléon pour Mme de Mathis. — Divorce de Napoléon. — La princesse de Carignau.

Parmi les jeunes et belles femmes qui faisaient à Fontainebleau l'ornement de la courimpériale,ily en avait une que l'on connaît déjà, Mme Duchâtel. Depuis l'époque du couronnement, où Ton avait beaucoup jasé sur sa liaison avec l'empereur, elle ne faisait plus parler d'elle. On aprétendu que Napoléon essaya de réchauffer ce vieux ragoût amoureux pendant son séjour à Fontainebleau. La chose est possible; mais, s'il y revint, ce fut si secrètement que rien n'en parut aux yeux des gens de cour, si perçants cependant pour voir ces sortes de choses, et, en tout cas, cela ne dura pas longtemps.

La grande-duchesse de Bade, la jolie et capricieuse Stéphanie de Beauharnais, vint elle aussi à Fontainebleau, mais l'empereur ne la regarda nullement,

cette fois, d'un œil amoureux. Aussibienson cœur ne manquait-il pas d'occupation sans s'aller mettre encore sur les bras un amour de petite pensionnaire. Il n'avait pas eu lieu, l'année précédente, de se féliciter de l'avoir essayé, et avait été, on peut le dire, le dindon de la farce. Mais Stéphanie, elle, toujours légère, avait été gagnée par le vertige de corruption qui faisait tourbillonner les cervelles à la cour impériale, et elle fit de nouveau parler d'elle par une inconséquence assez grave.

On se rappelle que le plus jeune frère de Napoléon, après le traité de paix de Tilsit, avait été fait roi de Westphalie et marié à la princesse Catherine, fille du roi de Bavière. Cette jeune princesse avait pris pour son mari un goût aussi tendre que vif : c'était son droit et aussi son devoir. Mais il ne semble pas que son volage époux l'ait payée de retour, car, il n'y avait guère plus d'un mois qu'il était marié que, rencontrant à Fontainebleau la coquette Stéphanie, il s'avisa, tout comme son frère, de devenir amoureux de la petite folle. La grande-duchesse de Bade répondait étourdiment à ses avances. Le manège, un soir de fête, devint si visible, que la reine Catherine s'en aperçut. Elle fut émue à ce point qu'elle suffoqua tout à coup et tomba sans connaissance. On s'empressa autour d'elle, on la transporta dans un salon voisin, et, tandis qu'elle reprenait ses sens, on entendit l'empereur adresser à son frère quelques paroles fort dures. Jérôme baissa la tête, alla auprès de sa femme et chercha à lui faire oublier sa légèreté en protestant qu'elle s'était trompée et qu'il n'aimait qu'elle au monde. Quant à Stéphanie, qui avait pour la seconde fois en un an fait son métier de coquette «n jetant la désunion dans les ménages des autres,

CHAKLE«-MAU11ICE DE TALLEYEAXD-l'ÉKIGORD, priuce de Bénévent

d'après le portrait de Gérard (Galeries historiques de Versailles)

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