ROIS ET PEUPLES
«, Je suis maître du monde! Ma souveraineté n’a plus de bornes sur la terre; j'ai atteint ce grand but de ma pensée, la monarchie universelle.
« Ma monarchie, reprit-il d’une voix éclatante, est universelle !
« Vous savez comment je suis devenu souverain de l’Europe, comment j'ai conquis l'Asie et les îles de l'Océan.
« Je veux vous apprendre comment je suis devenu maître du reste de la terre.
« L'Afrique entière, parcourue par mes armées, a partout reconnu ma souveraineté. Le roi de Silésie,
suivi des rois de ce continent, est de retour ; il m'a apporté la nouvelle de cette conquête.
« L'Amérique, qui se dissolvait dans ses révolutions, a compris ma puissance, sa position et les décrets de la Providence. Les chefs des nations du nouveau monde se sont réunis dans Panama, et tous, d’un accord unanime, sont venus se soumettre à ma souveraineté.
« Ainsi'a été accompli cet événement immense de la monarchie universelle.
« Rois et peuples de la terre ! je me glorifie de moi et de vous; placé si haut entre Dieu et les hommes, je vous le dis, mon cœur est plein de joie et de fierté.
« Cette puissance, que depuis le commencement des temps aucun mortel n'avait atteinte, n’avait rêvée peutêtre, avec l’aide de Dieu, je l’ai.
« Mais cette grandeur ne me fera pas oublier mes desseins.
« Maître de tous les pays, souverain de tousles hommes, je veux de plus en plus penser au bonheur de tous.
« Aujourd’hui commence un nouvel ordre de choses.
« Dans ma prévoyance de cet événement, je l'avais déjà préparé. Mes décrets vous apprendront dès demain ce que j'ai décidé.
« Il s'agira d'organiser le monde, et l'unité de ma puissance appelle l’unité de l’organisation.
« La monarchie universelle, fondée sur la terre, est héréditaire dans ma race; il n’y aura plus désormais qu’une nation et qu’un pouvoir sur le globe jusqu’à la fin des temps.
« Rois et peuples, vous m'avez aidé à arriver jusquelà ; prenez part à ma gloire comme vous avez pris part à mes travaux. Soyez fiers et heureux comme moi, et avec moi.
« Toi surtout, France, ma fille chérie! sois glorieuse de cette grandeur, et moi, à côté du titre de monarque