‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 21 sur 154 · LE PAPE PIE VII · texte numérisé non relu

LE PAPE PIE VII

« ma demande il a consenti à ramener vers Votre Sain- « teté ces fils égarés, afin qu'ils ne reconnaissent plus que « le seul père et le seul pontife de la chrétienté.

— « O César ! s'écria Pie VIF, dans son exaltation et « avec une vivacité tout italienne, tu rends à Dieu ce « que Dieu avait donné à César !.…

— « En ce moment même, ajouta Napoléon, des procla-

« mations que le czar m'a communiquées se lisent dans « toutes les églises de l’empire russe, elles ont été adres- « sées également aux églises grecques de la Turquie et « de l’Asie Mineure. Dans toutes on y adjure les chrétiens « de rallier tous les fils du Christ sous votre seul et saint « pontificat, et il reste à votre sagesse, très-saint pére, « de diriger ct de décider ce grand mouvement du chris- « tianisme en Orient.

—4 Jamais depuis Charlemagne, s’écria Pie VIE, le Sei- « gneur n’a reçu des hommes un plus magnifique hom- « mage. Jamais plus sainte victoire n’a été gagnée en son «nom! Venez, sire, venez, Ô vous son épée ct sa droite, «que Votre Majesté m'accompagne dans le sanctuaire « Où nous allons le bénir et le glorifibr ! »

PS

Alors, d'un élan rapide que sa vieillesse lui eût refusé, mais que l'enthousiasme de sa joie lui faisait retrouver, le vénérable pontife se dirigea rapidement vers la chapelle, et les mains levées au ciel, au milieu de ces souverains, de ces cardinaux, de ces grands de la terre, il chanta le Te Deum d'actions de grâces d’une voix suffoquée par des larmes de joie et de gloire.

L'empereur passa cette journée et la suivante à Fontainebleau. Pendant ce temps, il eut de continuelles conférences avec le pape, quelquefois seul à seul, et le plus souvent avec les rois, les ministres, et les cardinaux lesch, Gonsal\i, Maury et Pacca. C'est dans ces confé-

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rences que furent posées les bases du concordat et des décrets dont nous allons parler.

Canova, qui avait été un habile intermédiaire -entre l'empereur et le pape, et-qui avait su s’attirer l'estime et l'affection de tous deux par la dignité et l’aménité de son caractère, prit part à .ces conférences, et fut le soir même du premier jour nommé grand officier de la Légion-d'Honneur, et créé comte de l'empire.

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