‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 22 sur 154 · CONCORDAT ET DÉCRET DE FONTAINEBLEAU · texte numérisé non relu

CONCORDAT ET DÉCRET DE FONTAINEBLEAU

C'était avec la plus amère douleur que l’empereur Alexandre avait obéi au vainqueur, dans cet abandon du protectorat de l'Eglise grecque. De toutes les conditions de la victoire, c'était la plus humiliante et la plus fatale ; c'était celle au moins qui avait été le plus disputée : et le czar, forcé de se soumettre, avait obtenu qu'elle demeurûât secrète pendant quelques mois, afin d’y préparer les esprits jusqu'à sa promulgation dans son empire. Alexandre avait offert plusieurs provinces plutôt que de résigner ce droit : car il y allait des destinées futures de la Russie, et c'était détruire d’un seul coup la politique de quatre siècles.

Napoléon le savait aussi bien qu’Alexandre. En effet, lorsque l'empire grec tombait sous les coups de Mahomet 11, il existait dans le Nord une puissance presque

CONCORDAT. D) inaperçue jusque-là, inais qui: déjà ‘eonvoitait l'empire, et révait peut-être la domination de l'univers. C'était la Russie. Elle releva la couronne d'Orient qui venait d’être brisée, et elle en ceignit sa tête. La religion greeque était vaineue et esclave, elle la recueillit,£t s’en fit une alliée et un soutien. Dès lors cette peñsée de l'empire d'Orient, appuyée sur la domination de l’Église grecque, se poursuit. incessammènt. Le grand Iwan fonde le nouvel empire au moment où l’ancien tombe. Un siècle plus tard, un autre Iwan prend le titre de Czar ou de César, réservé jusque-là par les Russes aux empereurs du Bas- Empire. Quelques années s’écoulent, et le czar Féodor, affranchissant l’Église de Russie du patriarcat de Constantinople, crée, dans son empire, un patriarcat nätional. Un siècle encore, et Pierre le Grand, allant plus loin, se déclare le chef de l'Église grecque : et depuis, armés de ces deux liens. de:la religion et de la puissance, les mélant, les tressant, pour ainsi dire, les Russes marchaient d’un pas constant à l'empire d'Orient, et à cette Bysance que chaque czar et chaque impératrice promettait à son successeur.

Mais Napoléon, déjà empereur d'Occident, en-attendant l'empire du monde, avait bien vu ce nœud de la poli: tique ; son épée l’avait violemment tranché, et cet holocauste du schisme grec était aussi-bien fait à sa puissance qu’à la souveraineté de l’Église romaine.

Le lendemain de cette grandeentrevue, le 93 juin 1813; à trois heures de l’après-idi, furent signées pat l’empereur ét le pape les bases du concordat nouveau qui rappelait les dispositions du concordat du 15 juillet 1801. Les décisions du concile de Paris (août 1811) furent annulées, notamment en ce qu’elles donnaient aux métropolitains le‘droit de procéder à l'institution des évêques, lorsqu'une année s'était écoulée depuis leur nomination, et sans que le pape leur eût accordé cette institution dans l’inter-

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