‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 90 sur 154 · AU CORPS LÉGISLATIF · texte numérisé non relu

AU CORPS LÉGISLATIF

Les rois de l’Europe étaient alors réunis au Louvre, dans ce conseil annuel des rois dont nous avons parlé ; ils furent invités de rester à Paris jusqu’au 5 janvier.

Ce jour, vers midi, au bruit de mille coups de canon qui depuis le matin se faisaient entendre de Montmartre, Vincennes, Saint-Denis et des Invalides, au son des cloches et aux acclamations d’un million de spectateurs, l'empereur et son cortége se rendirent au Panthéon. On n'avait jamais vu un pareil spectacle. Au milieu de la magnificence du cortége, c'était à peine si l’on distinguait les vingt voitures des rois; mais ce qui attirait tous les regards, c'était la voiture impériale, dans laquelle Napoléon simplement vêtu était seul avec Joséphine : les deux plus belles choses du monde, la grandeur et la bonté.

La place du Panthéon était devenue une tente énorme où se pressait la foule du peuple ; et pour qu'elle pût mieux assister aux scènes intérieures de l'édifice, le portail avait été mis à jour et les murs abattus pour cette journée, de sorte que derrière les colonnes de la façade il n’y eut plus qu’une porte immense qui permettait aux yeux d'atteindre aux dernières profondeurs de l'édifice.

Dans cette profondeur circulaire, avait été construite une tribune fort élevée où les vingt rois s’assirent sur leurs trônes ; le pape Clément XV apparaissait au milieu d'eux, revêtu de ses habits pontificaux.

En avant de ce demi-cercle de rois, sur une élévation très-considérable, étaient placés deux trônes ; Napoléon y prit place avec Joséphine.

Dans les deux bas-côtés étaient sur des siéges, à droite de l'empereur, le sénat; à gauche, le corps législatif. Deux étages de tribune et le reste du temple contenaient les reines, les grands dignitaires, les maréchaux, les hauts fonctionnaires de l’État. Le peuple et l’armée se

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