DISCOURS
partageaient la tente dressée sur la place et une grande partie de l’intérieur de l'édifice.
Il n’est pas besoin de parler du soleil de cette belle journée, il était devenu proverbial de dire les soleils de Napoléon.
À une heure, il se leva de son trône, et prononça le discours suivant :
«a SÉNATEURS ET DÉPUTÉS AU CORPS LÉGISLATIF,
« Vous savez ce. que j'ai fait.
« Depuis sept années que je n'ai pu me trouver au milieu de vous, je m’occupais sans cesse des soins de ma gloire et de la grandeur de l'empire.
« Aujourd’hui, je vous ai rassemblés pour vous rappeler ce que j'ai accompli, et vous apprendre ainsi qu’à mon armée et à mes peuples ce que je veux faire.
« Depuis ces sept années, j'ai triomphé de ceux qui étaient mes ennemis, dans le nord de l’Europe.
« J'ai conquis l'Angleterre. Je n'ai qu’à me féliciter d'avoir réuni cette grande nation à mon empire ; mes nouveaux sujets se sont montrés dignes de mes sujets de France.
« J'ai placé Londres au troisième rang parmi les villes de l'empire, après Paris et Rome; Amsterdam a dû prendre la quatrième place.
« Après cetle conquête, l'Europe impuissante et irré- . fléchie a voulu encore se soulever, je l’ai comprimée en peu de jours et pour jamais.
,« Mais ce dernier soupir qu’exhalait la vieille Europe m'a fait connaître qu'il fallait organiser ce corps désormais dissous et sans vie.
« Je l’ai reconstituée et j'y ai établi un ordre nouveau : mes décrets de 1817 vous ont appris ma volonté politique lorsque je m'en suis déclaré le souverain suprême.