XIX. Littérature et romans
{ISlotice sur quelques volumes qui ont appartenu au général Bonaparte^ par Ad. Garpentin, membre de la Commission de la Bibliothèque de la Ville. Marseille^ typogr. Arnaud et Cie^ 1860, in-8, p. 9-10).
Voilà, certes, avec ses dix-neuf divisions, une véritable bibliothèque. Sans en avoir le détail sous les yeux, on devine aisément quel esprit a présidé au choix des livres ; on comprend comment Napoléon entendait, en 1798, " une bibliothèque de campagne " ; et, plus tard, on ne s'étonnera point de voir qu'il avait rêvé de mettre dans ses fourgons une collection ne comprenant pas moins de 6.000 volumes.
Tout autre, et de bien moindre importance, est la petite collection intime mentionnée par M. Stumcke. Quoique rien n'autorise une hypothèse quelconque sur ce qu'elle fut à l'origine, on peut affirmer, en toute vraisemblance, qu'elle ne comprenait qu'un nombre limité de volumes. Par le peu que nous en possédons encore, on s'aperçoit vite que sa formation n'était due, ni à la main absorbante de Napoléon, nia la pensée d'un nouvel Alexandre briguant d'effacer la légende de la somptueuse Cassette qui conserva les poèmes homériques dans le tourbillon des conquêtes du prince macédonien. Loin de là !...
Que ce fut, ou non, à l'instigation du jeune général, quelqu'un était intervenu, qui savait bien
le plaisir qu'il aurait à trouver, parmi ses bagages (soitdaLS la cabine de son vaisseau, soit sous la tente), quelques volumes d'aspect familier, où l'âme se coule, le moment venu, comme dans une douce habitude. Ce quelqu'un, je l'ai dit, ce fut la femme intelligente et aimable qui eut, jusqu'au bout, les prédilections de l'Empereur, — sa sœur Pauline.
Et l'on se rend aisément compte du charme particulier qui devait s'attacher, pour Napoléon, à la lecture de ces petits volumes, dont chacun portait la marque de son origine, et gardait, visible, le souvenir d'une sœur aimée.
Sans conteste, le chiffre qui orne au dos, en queue, ces modestes volumes, ce chiffre si bizarrement interprété par M. Stumcke, avec ses initiales P. B., bien plutôt superposées que " enlacées, " — c'est le chiffre de Paulin-e Bonaparte. Il n'y a pas la moindre hésitation possible pour quiconque a eu en mains un seul des volumes dont il s'agit ici; l'ordre même dans lequel sont placées les initiales saute aux yeux : le P précède le B, sur lequel il se pose.
Mais quels étaient les ouvrages choisis par Pauline? Huit seulement nous sont parvenus ; en voici le relevé :
1. Les Amours d'Henri IV, roi de France, 1 vol. (le t. 2 seul ; le t. 1 a disparu).