‹ Napoléon Chez LuiChapitre 2 sur 31 · V VIII · texte numérisé non relu

V VIII

INTRODUCTION

pour les émouvoir, sinon de sa gloire? Quelle armée leur proposer pour modèle, sinon son armée? Quelles victoires leur faire célébrer, sinon ses victoires? Ainsi, peu à peu, par la seule puissance des faits, sans complicité d’aucune sorte, sans entente préalable, partout, dans toute l’armée, par laquelle passe toute la nation, la lumière se fit.

Les peintres militaires, plus en contact que quiconque avec l’armée, furent les premiers à traduire par de frappantes images ces pensées des soldats. Las, euxaussi, de représenterdepuis dix-sept ans les désastres de l’année terrible, ils voulurent en sortir et allèrent tout droit à ce fonds inépuisable de gloire, où les épisodes abondent, où tout est pittoresque, hommes et chevaux, et donne matière à compositions intéressantes. Virent-ils plus loin? non. Mais en faisant leur métier en conscience, en exécutant d’excellents tableaux ou de merveilleux dessins, ils se trouvèrent avoir servi singulièrement le mouvement qui se préparait. Reproduits à l’infini, leurs tableaux vinrent frapper l’esprit des foules et, lorsqu’on ouvrit devant elles, en 1889, sur l’esplanade des Invalides, l’Exposition du Ministère de la guerre, ce qu’elles y virent acheva la conversion.

Dans ce palais d’un jour, grâce à l’intelligente

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