CHAPITRE HT
EXPÉDITION d'Egypte, j^squ'ac retour de napoléon.
Le dissentimentetl'aigreur avaient déjà éclaté entre le Directoire et Bonaparte ; celui-ci sent la nécessité de quitter Paris, et d'occuper la renommée prompte à oublier ceux qui la laissent reposer ; il médite l'expédition d'Egypte , le Directoire embrasse avec joie l'occasion de l'éloigner. La plus grande activité règne dans nos ports; un armement immense se prépare à Toulon. Quel en est le but?LaFranceveut-elle fonder un nouvel État? Où va-t-elle porter sa liberté et sa civilisation? Telles sont les questions que chacun s'adresse sans pouvoir y répondre, parce que le plus profond secret enveloppe l'expédition; enfin, une flotte considéiable appareille le 19 mai. Toutes les proclamations de Bonaparte, en Italie, avaient un caractère d'éloquence antique et semblable aux paroles de César; celle qu'il adressa, en partant, à l'armée d'expédition, mérite d'être citée : « Soldats! «vous avez fait la guerre des montagnes, des plaines, Met des sièges; il vous reste à faire la guerre mari- » lime. Les légions romaines que vous avez imitées » quelquefois, mais pas encore égalées, combattaient nCarthage, tour-à-t^ur sur cette même mer, et aux «plaines de Zama. La victoire ne les abandonna ja-
«mais, parco que constamment elles furent braves, «patientes à supporter la fatigue, disciplinées et unies
«entre elles Le génie de la liberté qui a rendu,
r> dès sa naissance, la République arbitre de l'Europe, «veut qu'elle le soit des mers et des nations les plus » lointaines, etc. »
Cette proclamation était terminée par la promesse faite à chaque soldat, qu'au retour de l'expédition il serait possesseur de sept arpents de terre.
Peut-être aucun autre que Bonaparte n'eût entraîné à une expédition inconnue un pareil nombre d'hommes distingués, mais déjà son ascendant sur les esprits était immense. L'armée de terre s'élevait à 56,ooo hommes; elle avait pour chefs les généraux Berthier, Cafarelli-Dufalga, Dommartin, Kléber, Desaix, Régnier, Bon, Dugua, Menou, Vaubois, Demouy, Lannes, Dumas, Lanusse, Murât, Davoust, Zayonscheck. L'armée navale était de 10,000 hommes, elle avait pour vice -amiral Brueys qui avait sous ses ordres les conlrç-amiraux Villeneuve, Blanquet-Duchayla, Decrès, et Gantheaume.
Le 9 juin nous voit devant Malte ; nous nous en rendons maîtres; l'ordre des chevaliers est aboli, les esclaves musulmans sont mis en liberté. Nous faisons voile pour Alexandrie; dans treize jours nous allons nous trouver au milieu d'un peuple dont les mœurs, les usages, la religion, nous sont tout-à-fait étrangers. « Agissez avec eux, dit Bonaparte à ses so'dats, «comme vous avec agi avec les Juifs et les Italiens; » ayez des égards pour leurs muphtis et leurs iman»,
» comme vous en avez eu pour les rabbins et les évê- » ques. Ayez pour les cérémonies que prescrit l'al- «koran, pour les mosquées, la même tolérance que
• vous avez eue pour les couvens, pour les synago- »gues, pour la religion de Moïse, et celle de Jésus- » Christ : les légions romaines protégeaient toutes les » religions. Vous trouverez ici des usages diflerens »de ceux de l'Europe, il faut vous y accoutumer. »» Les peuples chez lesquels nous allons, traitent les » femmes autrement que nous; mais dans tous les npays, celui qui viole est un monstre. Le pillage «n'enrichit qu'un petit nombre d'hommes ; il nous «déshonore, il détruit nos ressources; il nous rend » ennemis des peuples qu'il est de notre intérêt d'avoir » pour amis. La première ville que nous allons ren- »contreraété bâtie par Alexandre. Nous trouvei>rons, à chaque pas, de grands souvenirs dignes
• d'exciter l'émulation des Français. »
Déjà les minarets d'Alexandrie se découvrent à leurs yeux : le débarquement s'opère : l'assaut des murailles est ordonné ; elles sont emportées. La ville se rend au vainqueur avant que la garnison ait eu le temps de capituler. Une foule de musulmans fanatiques se trouvaient rassemblés dans les murs d'Alexandrie; Bonaparte s'empare de leur esprit en leur adressant, ainsi qu'à toute l'Egypte, le langage <ie la vraie politique, c'est-à-dire celui des intérêts, qui est entendu de tous les hommes. « Depuis trop j» long-temps, leur dit-il, les beys qui gouvernent » l'ÉgypIe insultent à la ÎSalion française, el cou-
«vrent ses nogocians d'avanies; l'heure de leur châ- » liment est arrivée. Depuis trop long- temps ce ra- »massis d'esclaves, achetés dans le Caucase et la » Géorgie, tyrannise la plus belle partie du monde. «Dieu, de qui dépend tout, a ordonné que leur em- «pire unît. Peuple de l'Egypte, on vous dira que je «viens pour détruire votre religion; ne le croyez n pas : répondez que je viens pour vous restituer vos » droits, punir les usurpateurs, et que je respecte » plus que les Mamelucks, Dieu, son prophète et le «Koran. Dites-leur que tous les hommes sont égaux «devant Dieu. La sagesse, les talens et les vertus
«mettent seuls de la différence entre eux Y a-t-
» il une belle terre? elle appartient aux Mamelucks. » Y a-t-il une belle esclave, un beau cheval, une belle » maison? cela appartient aux Mamelucks. Si l'Egypte « est leur ferme, qu'ils montrent le bail que Dieu leur
«a fait Qadhis, cheykhs, imans, tchorbadjys,
«dites au peuple que nous sommes aussi de vrais «Musulmans. IN 'est-ce pas nous qui avons détruit le » pape qui disait qu'il fallait faire la guerre aux Mu- «sulmans? N'est-ce pas nous qui avons détruit les » chevaliers de jMalte? N'est-ce pas nous qui avons été «dans tous les temps les amis du Grand-Seigneur,
» et l'ennemi de ses ennemis? Trois fois heureux
» ceux qui seront avec nous ! ils prospéreront dans » leur fortune et leur rang. Heureux ceux qui seront «neutres! ils auront le temps de nous connaître, et « ils se rangeront avec nous. Mais malheur, trois fois » malheur, à ceux qui s'armeront pour les Marne-
«Iiiclcs, el combattront contre nous! il n'y aura pas » d'espérance pour eux : ils périront. »
Ce discours, soutenu par la victoire, ne pouvait que produire beaucoup d'effet. Rléber, naturellement frondeur, et porté à la raillerie, se moquait d'abord de ce que Bonaparte faisait pour lionorer la religion musulmane ; mais dans la suite il reconnut, et avoua de bonne foi, que nous eussions été perdus en Egypte, sans la sage politique du général en chef, sous un rapport si important. Bonaparte, maître d'Alexandrie, en confie le commandement à Rléber, charge l'amiral Brueys de conduire sa flotte au mouillage d'Aboukir, et marche sur le Caire, traversant les déserts arides et les sables brûlans de Demenhour. Il rencontre à Chebreys un corps de Mamelucks, commandés par Mourad, les attaque et les taille en pièces. Arrivé au village d'Embubé où l'attend un autre corps de IMameliicks commandés par Ibrahim, il s'arrête un instant, à la vue des Mamelucks, du jNil, et des Pyramides, et des minarets du Caire, spectacles dont il aperçoit la profonde impression sur l'esprit des soldats, frappés d'étonnemcnt; et tout-à-coup, dans une de ces inspirations familières à son génie qui eut toujours quelque chose d'oriental, il s'écrie, en étendant le bras vers les Pyramides:» Soldats! songez que, du haut de «ces monumens , quarante siècles vous coulem- «plent. » Il dit, et range son armée en bataille; les Mamelucks se précipitent sur nous avec fureur, mais cette lureur «'xj)irc devant notre résistance. Les Ma-
melucks luttent pendant dix-neufheures contre nous, et viennent, à chaque nouvelle attaque, tomber aux pieds de nos carrés, comme sous les murs d'autant de forteresses. Trois mille Mamelucks périssent; quarante pièces de canon, quatre cents chameaux, les trésors, les magasins de l'ennemi, sont les fruits d'une victoire qui ne ressemblant à aucune des actions modernes, nous faisait remonter à plusieurs siècles en arrière.
11 ne restait aux deux beys d'autre ressource que d'évacuer le Caire. Bonaparte s'empare de la ville, y crée un divan chargé de la police intérieure, envoie Desaix à la poursuite de Mourad sur la route de la haute Egypte, marche en personne contre Ibrahim, l'atteint à Salahié, et le rejette dans la Syrie. Délivré de son plus dangereux ennemi, il retourne à son quartier - général. A son arrivée, il apprend que notre flotte a été brûlée à Aboukir. La nouvelle de ce désastre devait alarmer ses soldats; un mot les rassure : « Nous n'avons plus de flotte, dit-il; eh bien, »il faut rester dans ces contrées, et en sortir grands » comme les anciens. » Avec un homme tel que Bonaparte, on devine avec effroi, combien de grands desseins avortèrent par la perte de notre flotte.
Rien ne fut négligé pour assurer la tranquille possession de l'Egypte. Bonaparte connaissait l'influence des solennités publiques sur l'esprit des peuples; le renouvellement de l'époque à laquelle le Nil épanche ses eaux dans le canal du Caire, lui fournit l'occasion de célébrer une cérémonie consacrée par la
religieuse reconnaissance des siècles; el bientôt on célébra l'anniversaire de la naissance du prophète Mahomet, dans une fête qui dura quatre jours, avec tout le faste oriental. Le i" vendémiaire,, époque anniversaire de la fondation de la République française, donna aussi lieu à de magnifiques cérémonies; el la liberté, fille des lumières, reçut des hommages inattendus dans l'antique asyle du despotisme et de la superstition.
Cependant la ville du Caire prenait une face nouvelle, grâces aux soins d'une administration vigilante et à l'industrie naturelle des Français. On voyait s'élever des boutiques, des ateliers, des cafés, des restaurans, et tous les autres établissemens qui animent les cités de l'Europe.
Les intérêts de la science, essentiellement liés aux succès de l'armée, n'étaient pas plus négligés que ceux de la politique. Bonaparte, en quittant la France, s'était donné, pour cortège de paix, une élite d'artistes et de savans qui formèrent un institut sous sa présidence. On y voyait le savant Fourier, le judicieux Louis Costaz, l'inventif et vigilant Conté» beaucoup d'autres hommes du plus rare mérite, et à leur tôte Berthollet et Monge, unis par l'amitié comme par le génie, et qui semblaient être les patriarches de la colonie savante. Fùxplorer les merveilles de l'Egypte pour en eiuichir la France et l'Europe, utiliser toutes les ressouices du pays, en créer de nouvelles, et préparer par des bienfaits , la i-enaissance de la civilisation au milieu d'un peuple abruli par un
odieux calcul de ses oppresseurs, telle était la mis- , sion de l'institut d'Egypte ; elle fut remplie avec un zèle et un succès au-dessus de tous les éloges. La science fit des prodiges comme l'armée. Bonaparte ne négligeait rien pour la rendre plus forte; il admit dans ses rangs les esclaves de race asiatique et africaine, et enrégimenta, sous le nom de légion nautique, 5ooo marins échappés au désastre d'Aboukir. Pendant que Bonaparte fondait tant d'établissemens utiles, un manifeste répandu avec profusion en Egypte, et un droit de timbre établi par les Français, devinrent le prétexte d'une insurrection qui faillit devenir générale : elle éclata au Caire, d'une manière terrible; mille Français furent impitoyablement égorgés dans les rues et dans les maisons. Au même moment, les villes maritimes étaient attaquées par les Anglais. L'Egypte inférieure était à peine contenue par les généraux Menou et Dugua. Mourad tenait toujours la campagne dans la haute Egypte. Des secours avaient été demandés au Directoire ; il avait gardé le silence. Bonaparte sentit combien sa situation était critique. Il entre au Caire, avec ses braves, châtie les rebelles, et les contraint à implorer sa clémence. Les principaux instigateurs de la révolte sont livrés au supplice; le divan est remplacé par un gouvernement militaire, et le peuple frappé d'une forte contribution. Celte rigueur ne fut que passagère, mais elle était indispensable au moment où la guerre, entre la Porte et la République, cessait d'être douteuse.
Le pacha de Syrie, Djezzar, venait de l'aire occuper par l'avant-garde de son armée, le fort d'EI- Arish situé sur les frontières de l'Egypte. Bonaparte, peu accoutumé au rôle de la défensive, se détermine lui-même à attaquer son ennemi dans ses propres Etats, et l'expédition de Syrie est résolue. Après deux jours d'une marche pénible, il arrive devant le fort d'El-Arish, fait canoner une des tours du château, ouvre la brèche, et force la garnison de capituler. Une partie des barbares qui la composent se range sous nos drapeaux; l'armée continue sa route au milieu des privations de toute espèce, et vient campera Gaza, après une marche de soixante lieues. Trois Jours de repos lui suffisent pour oublier ses souffrances ; elle se dirige ensuite sur Jafla que défend une forte garnison, etque protègent de hautes murailles flanquées de tours. Au bout de quelques jours la place est investie, la tranchée ouverte, et la ville enlevée d'assaut.
De funestes conséquences nous firent payer bien cher la victoire qui avait été suivie des plus cruelles représailles de la mort des Français massacrés au commencement de l'action. Des symptômes de peste se manifestèrent; une maladie contagieuse atteignit les Français, et les jeta dans le découragement. Bonaparte fit établir un hôpital, et ne craignit pas d'y aller visiter les malades : il parcourut toutes les salles, accompagné des généraux et du médecin en chef de l'armée, donna des consolations à ses infortunés compagnons, et toucha même leurs |)laies, en
leur disant : « Vous voyez bien que cela n'est rieu. » Au sortir de l'hôpital, on lui reprocha son imprudence. « J'ai lait mon devoir, répondit -il froide- •> ment. («)• »
La constance de Bonaparte a rassuré l'armée, ébranlée par une espèce d'efiVoi que peu d'hommes sont capables de surmonter; elle vole avec plus d'ardeur que jamais au combat et à la gloire. Kaifla, Saffet, Nazareth, si célèbre par la naissance du Christ, Sour, bâtie sur les ruines de ïyr, Loubi, Seid-Jarra, et la prodigieuse bataille du Mont-Thabor, attestent l'héroïsme de nos soldats, et immortalisent Junot, Murât, Kléber et Bonaparte. Nous étions devant Saint- Jean -d'Acre, et nous n'avions pu prendre cette place malgré des efforts inouis ; Sydney Smith nous avait enlevé notre artillerie de siège ; la place était d'ailleurs défendue par un habile artilleur français, le colonel Pbelipeaux, émigré, ancien condisciple de Bonaparte à l'école militaire de Paris, et par Djezzar, le plus courageux et le plus féroce des hommes. Mais au retour des troupes qui avaient été vaincre, ou plutôt détruire, par des prodiges presque fabuleux, une armée de Syriens qui marchaient au secours de Saint-Jean-d'Acre, une nouvelle artillerie de siège était arrivée, et, nos attaques ayant redoublé de vigueur, la ville, quoique
(i) Cette action sublime a enfanté un tableau digne d'elle, la peste de Jaffa, par M. Gros, élève de David.
sans cesse ravitaillée par la flotte anglaise, paraissait devoir céder; déjà l'étendard républicain flottait sur les remparts, mais de nouveaux secours et de nouveaux efl'orts dus à l'intrépide et infatigable Sydney- Smith, avaient augmenté les dillicul lés de l'entreprise; d'un autre côté, nous faisions des pertes considérables ; les nouvelles de l'Egypte n'étaient pas rassurantes, les côtes étaient menacées ; la basse Egypte s'insurgeait; une armée turque se rassemblait à Rhodes ; il fallut lever le siège, et reprendre la route du Caire. La retraite eut lieu dans un ordre étonjiant, malgré de grandes souftVances dans le désert et la continuation des ravages de la j^este de Jafl'a. Nous avions échoué devant Saint-Jean-d'Acre, toutefois les plus brillans lauriers pouvaient couvrir notre unique revers; Bonaparte qui connaissait la nécessité de tromper les Égyptiens sur ce revers, entoura son retour de tous les signes de la victoire, et fit illusion à un peuple dont le soulèvement pouvait être si redoutable : mais il sentit profondément que la résistance de Saint-Jean-d'Acre. semblable dans ses eflets, au désastre d'Aboukir, venait de nous fermer une seconde fois le chemin de l'Orient , et d'arrêter l'essor d'une fortune qui n'aurait point eu d'égale; il a dit lui-même : « Si j'eusse pris » Saint-Jcan-d'Acre, j'opérais une révolution dans «rOricnl. Les plus petites circonstances conduisent » les plus grands événemens ; j'aurais atteint Consntantinople et les Indes; j'eusse changé la face du » inonde. »
De leloiir au Caire, Bonaparte apprend qu'une flotte de cent voiles turques est devant Aboukir, et menace Alexandrie : avec elle communiquait une armée de 20,000 hommes, sous les ordres du pacha de Romélie, Seidman-Muslapha. Bonaparte se porte au-devant de cette armée, l'attaque, et en peu d'heures la détruit entièrement. Dix mille hommes se jettent dans la mer, le reste est tué ou pris, et le trophée d'Aboukir venge la flotte française, mais ne répare pas une si grande perte.
Ayant détruit les armées ennemies , et délivré l'Egypte de leur présence, ne pouvant plus poursuivre les grands desseins attachés à l'entreprise, sans des secours que la métropole était hors d'état de donner, et instruit de l'état de la France^ où la guerre et les revers avaient remplacé la paix et la gloire, Bonaparte, rappelé d'ailleurs par le Directoire en péril , résolut alors de quitter l'armée d'Orient dont il laissa le commandement à Kléber; il fit voile pour la France, sur une flottille composée de quatre bâtimens; il ramenait avec lui les généraux Berthier, Lannes, Murât, Andréossi , Marmont, Lavalette, son aide -de -camp, les savans Monge, Berthollet, Denon, Parceval-Grandmaison, et deux cent cinquante guides sous les ordres du général Bessières. Parti d'Alexandrie le 22 juillet, sa flottille mouilla dans la rade de Fréjus le 7 octobre, un an quatre mois et vingt jours après en être sorti à la tête de l'armée expéditionnaire. Son retour fut un triomphe : pendant sa marche jusqu'à
Paris, où il entra le 16 octobre, il fut accueilli pur une affluence considérable de citoyens des villes et des campagnes^ qui voulaient voir le héros d'Italie, le vainqueur de l'Orient , et mettaient toute leur confiance en lui.