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IV. — La déroute

On put opposer des troupes à Bùlow, et ce fut une deuxième bataille qui commença; mais à sept heures du soir, alors qu'on attendait Grouchy, Bliicher arriva. Ce fut la déroute.

Le désordre devint épouvantable sur le champ de bataille. L'Empereur n'eut que le temps de se mettre sous la protection d'un des carrés de la Garde. Si la division de réserve du général Guyot ne se flùt pas engagée sans ordre à la suite des cuirassiers de Kellermann, elle eût repoussé cette charge (1), empêché la cavalerie anglaise de pénétrer sur le champ de bataille, et la Garde à pied eût alors pu contenir tous les efforts de l'ennemi. Le général Biilow marcha par sa gauche, débordant tout le champ de bataille. La nuit augmentait le désordre et s'opposait à tout. S'il eût fait jour et que les troupes eussent pu voir l'Empereur, elles se fussent ralliées. Rien n'était possible dans l'obscurité. La Garde se mit en retraite. Le feu de l'ennemi était déjà à quatre cents toises sur les derrières et les chaussées coupées. L'Empereur ne put faire retraite qu'à travers champs. Cavalerie, artillerie, infanterie, tout était pêle-mêle. L'étatmajor gagna la petite ville de Genappe. On espérait pouvoir y rallier un corps d'arrière-garde, mais le désordre était épouvantable. Tous les efforts furent vains. 11 était dix heures du soir.

Jamais l'armée française ne s'est mieux battue que dans cette journée. Elle a fait des prodiges de valeur et la supériorité des troupes françaises, infanterie, cavalerie, artillerie était telle sur l'ennemi que, sans l'arrivée des i^"" et 2^ corps prussiens (Bliicher), la victoire était remportée et eût été complète contre l'armée anglo-hollandaise et le corps du général Bûlow, c'est à-dire un contre deux (soixante-deux mille hommes contre cent vingt mille).

( 1) Charge de la brigade de cavalerie anglaise.

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