APRÈS WATERLOO
Aussitôt que j'eus mis le pied sur le Bellêrophon, je fus au foyer du peuple britannique. Si le gouvernement, en donnant des ordres au capitaine du Bellêrophon de me recevoir, ainsi que ma suite, n'a voulu que tendre un piège, une embûche, il a forfait à l'honneur et flétri son pavillon.
Si un tel acte se consommait, ce serait en vain que les Anglais viendraient à l'avenir parler de leur loyauté, de leurs lois et de leur liberté. La foi britannique se trouverait perdue dans l'hospitalité du Bellêrophon.
J'en appelle à l'histoire. Elle dira qu'un ennemi qui fit vingt ans la guerre au peuple anglais vint librement, dans son infortune, chercher un asile sous ses lois. Et quelle preuve plus éclatante pouvait-il donner de son estime et de sa confiance? Mais comment répondit l'Angleterre à une telle magnanimité? Elle feignit de tendre une main hospitalière à cet ennemi, et quand il se fut livré de bonne foi, elle l'immola.
11 fut transféré du Bellêrophon sur le Northumberland, qui le conduisit à Sainte-Hélène.
11 y arriva le 17 octobre 1815. 11 y mourut le 5 mai