PROCLAMATIONS ET RÉCITS MILITAIRES : EGYPTE
/. Le départ. — //. Les personnages. — ///. Le pays. IV. Le récit d'événements.
Avec l'Autriche, le continent était désarmé. Seule l'Angleterre restait debout. Le Directoire songeait à l'attaquer chez elle; mais, comme on le sait, l'armée d'Angleterre devint l'armée d'Egypte, et Bonaparte en reçut le commandement.
L'Italie n'avait été pour lui qu'un champ de bataille. L'Egypte exerça sur lui une fascination d'un genre tout nouveau, et dont il serait facile de trouver les raisons. Aussi garda-t-il toujours pour l'Egypte comme un coin de rêve et de roman inachevé où il se plaisait à revenir. Elle lui a inspiré le plus long, le plus varié, le plus beau de ses ouvrages (1).
Les proclamations y sont rares. La première seule, celle
fi) Campagnes d'Egypte et de Syrie, ouvrage dicté à Sainte-Hélène et publié par le général Bertrand (qui avait servi lui-même en Egypte), 2 vol., 1S47, avec un atlas.
Il avait été publié en partie par Montholon, t. V. Mais il est bien meilleur sous sa forme définitive. Voir Commentaires, t. III.
de Toulon (10 mai 1798), est retentissante comme celles d'Italie :
Soldats, vous êtes une des ailes de l'armée d'Angleterre. Vous avez fait la guerre de montagnes, de plaines, de sièges. 11 vous reste à faire la guerre maritime.
Les légions romaines que vous avez quelquefois imitées, mais pas encore égalées, combattaient Carthage tour à tour sur cette même mer et aux plaines de Zama. La victoire ne les abandonna jamais, parce que constamment elles furent braves, patientes à supporter les fatigues, disciplinées et unies entre elles. Etc.
Mais en Italie, son langage était fait pour être entendu par d'autres que par ses soldats. La vallée du Nil avait un écho moins sonore.
En revanche, on trouve dans son livre des portraits militaires et des paysages d'Orient, des récits de batailles et des théories religieuses, des vues politiques et des plans de colonisation.
Il commence par nous présenter ceux qui furent les compagnons de cette glorieuse aventure.
Armée d'Egypte. — Généraux et savants.
Le général Berthier était chef d'état-major de l'armée. Le générai Caffarelli du Falga commandait le génie et avait sous ses ordres un bon nombre d'officiers les plus distingués de son arme. Le général Dommartin commandait l'artillerie ; sous lui les généraux Songis et Faultrier. Les généraux Desaix, Kléber, Menou, Reynier, Bon, Dugua étaient les lieutenants généraux. Parmi les maréchaux de camp, on citait les généraux Murât, Lannes, Lanusse, Vial, Vaux, Rampon, Junot, Marmont, Davout, Priant, Belliard, Leclerc, Verdier, Andreossy.
Desaix était l'officier le plus distingué de l'armée, actif, éclairé, aimant la gloire pour elle-même. 1! était d'une petite