PTOLÉMAÏS. 15S
Les fils de FOcëan ont débarqué sans brait.
Pour ajouter encore à Thorreur de la nuit,
ArriTe un messager sur son haut dromadaire ;
Auprès du général conduit ayec mystère ,
D'une Toix étouffée et d*un geste expressif,
Il parle sans témoins au héros attentif;
Quelque tems Bonaparte en silence médite :
Tout-à-coup, de ta main montrant la tour maudite ,
Il ordonne à Berthier , ami fidèle et sur ,
De rappeler Kiéber qui combat sous le mur ;
Il arrive sanglant, la tête échevelée,
Tournant à chaque pas ses yeux yers la mêlée :
« Kiéber, le sort cruel nous garde d'autres coups ;
c Les plus pressans dangers ne sont pas devant nous }
« Des prodiges nouveaux attendent ton épée :
o Une armée innombrable au Thabor est campée ,
«t Et si ton bras sauveur ne l'arrête en chemin ,
« Sur nos soldats lassés elle tombe demain ;
« Hâte-toi y n'attends pas que cette nuit funeste
a De ces vieux bataillons ait dévoré le reste ;
« Prends deuxmillç soldats, ceux qui sous leurs drapeaux
« Goûtent loin de la brèche une heure de repos ;
a Pour vaincre ou pour mourir tu les verrais dociles:
« Les vallons du Thabor seront nos Thermopyles ;
a Là nous verrons tomber mes enfans et les tiens ,
« Ou nous en sortirons grands comme les anciens. »
A ces mots y Tétreignant de ses mains enlacées , Il semble le remplir de ses grandes pensées !