‹ Napoléon en Égypte, Waterloo et Le fils de l'hommeChapitre 11 sur 26 · LE DESERT. III · texte numérisé non relu

LE DESERT. III

Expirante de soif, par l'ourajfan hiisée ,

Enfin elle s'arrache à la zone embrasée ;

Elle marche, et déjà, sous un ciel plus sei-ein ,

L'horizon se dévoile au soldat pèlerin.

Sous le repli lointain de la plaine blanchâtre ,

Une riche contrée, immense amphithéâti*e , .

Déroule à l'orient ses ombrages confus ,

Ses bois d'acacias, ses hauts palmiers touffus ;

Et la brise du soir, de parfums enivrée ,

Annonce aux voyageurs la mer de Césarée :

Leurs yeux de la Syrie embrassent le contour.

Aspect délicieux ! on eût dit qu'en ce jour,

Un peuple hospitalier, habitant de ces rives ,

Sous de verts pavillons attendait des convives.

Et pourtant, sur ces bords fixant des yeux rêveurs,

Ils n'osent saluer ces bocages sauveurs;

Us redoutent encor qu un pei lide mira^je

Ne livre au vent du soii- ce fortuné rivage.

Mais bientôt les soldats airivés les premiers

De leurs bras amoureux étreignent les palmiers ;

Ils baisent mille t'ois la terre nourricière , Et , du brillant simoun secouant la poussière,

Plantent un étendard sur les blocs de granit Qui marquent la frontière où le désert finit ^ Voilà par quels travaux , sous la zone d'Afrique . Les hommes d'autrefois servaient la république ! Le temps effacera , dans son rapide vol, La trace de leurs pieds imprimés sur le sol j

LE DÉSEIIT

Et peut-être qu'un jour, frapi)és de tant de gloire , ]Nos incrédules fils accuseraient 1 iiisloire ; Mais les marbres du Nil, conquis par ces exploits, Authentiques témoins, élèveraient la voix; Desaix, en ce moment, loin du ciel d Idumee \ Recommande au burin les fastes de l'armée

Et de la même main qui bat les musnl.naiis, Dans ses trêves d'im jour, cueille des monuments. Quels merveilleux travaux si{.naleut sou vova.;;(.! I>éjà du Nil soumis leuicnilaut le riva..,.

HA CHANT CIINQUIEME.

Il a laissé Moéris , immense réservoir,

Où bouillonnait le fleuve étonné de s'y voir,

On son onde bai^piait les murs du labyiiuthe;

Il a vu la colonne aux feuilles de Corinthe ,

Qui montre avec orgueil son fût aérien

Sur le sol où passa la ville d Adrien;

Il foule ces déserts, tombeaux des villes mortes.

Abydus , Selimon , Luxor, Thèbe aux cent portes ;

Le vieux temple d'Hermès , dont le long corridor

Brille d'un vif azur semé d'étoiles d'or ;

Tentyris , qui gardait sous sa voûte profonde

Le zodiaque noir, contemporain du monde.

En vain dans ses caveaux les prêtres l'ont caché ;

Comme un tableau mouvant Desaix Fa détaché ,

Et l'œuvre constellé d'un magique astronome

Est promis par l'Egypte à la nouvelle Rome.

Louvre, palais du monde, éternel Panthéon,

Meublé par la Victoire et par Napoléon!

Un jour sur le pavé de tes pompeuses salles ,

Les sphinx allongeront leurs grilles colossales ;

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