LE DESERT. III
Expirante de soif, par l'ourajfan hiisée ,
Enfin elle s'arrache à la zone embrasée ;
Elle marche, et déjà, sous un ciel plus sei-ein ,
L'horizon se dévoile au soldat pèlerin.
Sous le repli lointain de la plaine blanchâtre ,
Une riche contrée, immense amphithéâti*e , .
Déroule à l'orient ses ombrages confus ,
Ses bois d'acacias, ses hauts palmiers touffus ;
Et la brise du soir, de parfums enivrée ,
Annonce aux voyageurs la mer de Césarée :
Leurs yeux de la Syrie embrassent le contour.
Aspect délicieux ! on eût dit qu'en ce jour,
Un peuple hospitalier, habitant de ces rives ,
Sous de verts pavillons attendait des convives.
Et pourtant, sur ces bords fixant des yeux rêveurs,
Ils n'osent saluer ces bocages sauveurs;
Us redoutent encor qu un pei lide mira^je
Ne livre au vent du soii- ce fortuné rivage.
Mais bientôt les soldats airivés les premiers
De leurs bras amoureux étreignent les palmiers ;
Ils baisent mille t'ois la terre nourricière , Et , du brillant simoun secouant la poussière,
Plantent un étendard sur les blocs de granit Qui marquent la frontière où le désert finit ^ Voilà par quels travaux , sous la zone d'Afrique . Les hommes d'autrefois servaient la république ! Le temps effacera , dans son rapide vol, La trace de leurs pieds imprimés sur le sol j
LE DÉSEIIT
Et peut-être qu'un jour, frapi)és de tant de gloire , ]Nos incrédules fils accuseraient 1 iiisloire ; Mais les marbres du Nil, conquis par ces exploits, Authentiques témoins, élèveraient la voix; Desaix, en ce moment, loin du ciel d Idumee \ Recommande au burin les fastes de l'armée
Et de la même main qui bat les musnl.naiis, Dans ses trêves d'im jour, cueille des monuments. Quels merveilleux travaux si{.naleut sou vova.;;(.! I>éjà du Nil soumis leuicnilaut le riva..,.
HA CHANT CIINQUIEME.
Il a laissé Moéris , immense réservoir,
Où bouillonnait le fleuve étonné de s'y voir,
On son onde bai^piait les murs du labyiiuthe;
Il a vu la colonne aux feuilles de Corinthe ,
Qui montre avec orgueil son fût aérien
Sur le sol où passa la ville d Adrien;
Il foule ces déserts, tombeaux des villes mortes.
Abydus , Selimon , Luxor, Thèbe aux cent portes ;
Le vieux temple d'Hermès , dont le long corridor
Brille d'un vif azur semé d'étoiles d'or ;
Tentyris , qui gardait sous sa voûte profonde
Le zodiaque noir, contemporain du monde.
En vain dans ses caveaux les prêtres l'ont caché ;
Comme un tableau mouvant Desaix Fa détaché ,
Et l'œuvre constellé d'un magique astronome
Est promis par l'Egypte à la nouvelle Rome.
Louvre, palais du monde, éternel Panthéon,
Meublé par la Victoire et par Napoléon!
Un jour sur le pavé de tes pompeuses salles ,
Les sphinx allongeront leurs grilles colossales ;