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Suus le lar^e portail des iiiuis hospitaliers, Fèle-iiRMe introduits, fantassins, cavaliers, Dans le camp de la mort ont conquis une placer La douleur qui se plaint, la fureur qui menace, Lahaltement muet, Teffréné désespoii-, Peuplent le double raujj du funèbre dortoir; Hospice désastreux! enceinte déyastée!
Où range de la nioit, effroyable Protée, Couvrant de mille aspects son visage odieux. Toujours d'un nouveau masque épouvante les yeux. Auprès du vétéran, qui sans murmure expire, Son jeune compagnon, dans laccès du délire. Se débat sur sa couche, et mêle avec effort Un rire convulsif au râle de la mort ; Et tandis que les uns, par un geste farouche, Rejettent le linceul de leur brûlante couche. D'autres, de leurs manteaux étroitement diapés. Du suaire guerrier meurent enveloppés. Sitôt que brille entin sous la profonde arcaih* Cette faible lueur qu'attend l'œil du malad(> ;
Quand Taube, se glissant à travers les barreaux,
Dessine sur les murs les moresques vitraux,
Et que, dans rédilice où ce jour luit à peine.
Apparaît de la nuit la désastreuse scène,
Des esclaves bédouins, malheureux ennemis.
Comme une vile proie à la peste promis.
De l'un à 1 autre lit parcourant Tintervalle,
Passent en promenant la civière fatale.
Ils s'éloignent chargés de cadavres impurs ;
Dans la fosse béante, ouverte autour des murs.
Leurs mains vont enfouir ces dépouilles immondes,
Et des chiens affamés les meutes vagabondes.
Convives odieux par la peste nourris,
Exhument en hurlant ces horribles débris ".
Mais la mort, poursuivant ses fureurs redoublées,
Aura bientôt rempli ses places dépeuplées.
A l'œil du désespoir l'indomptable fléau
Déroule chaque jour un plus sombre tabh'an :
LA PESTE. Hi7
Autour <!(' son chevet, qu'aucune main n'el'lh'uiv, L'homme demande en vain un homme qui le itlcuic Quelquefois vous voyez des spectres affaiblis. L'ail- nioriu» et solennel, se di'esser sur h'iiis lits. Lt, du {\vsiv indiquanl les anj^les de la sall(>. Appeler leurs amis d'une voix sépulcrale ; Mais de leur ap,onie insensible lémoin, L'égoïsme mue! veille a son propre soin. Par l'horreur (|ui la suil l'infortune exilée Traine au sein de la loule une mort isolée; \ aineuïeni le malade invoque le secours De l'art opérateur (jui i»r(d(»n}>,e nos jour^: Accoudé sans témoins sur la fatale claie, D'une maiu courageuse il visit(* sa |)laie. Et, guidé par riusiiuci a défaut de savoir. Arrache le duvet, humide duu sau;', noir, fin homme cepeudaiil, daus C(MI(> hoiribh^ euceiule De la leri'cur |UibrK|ue ose braver lalteinte : Desgenelle est sou uom ; sur uu marbre pu'ii\ ' \j{\ (iréce liMil inscrit à ci^té de ses (li(Mi\.
CHANT SEPTIEMi:.
Courbé près (riiii mourant que la lièvre désole. Il reproche à la foule une terreur frivole, lîassure le soldat qui tremble pour ses jouis ; Puis, d une horrible preuve appuyant ses discours, Au fond d'une tumeur par le mal calcinée, 11 puise sur Tacier la {i^outte empoisonnée,
Va dans sa juopre veine, ouverte de sa main Infiltie sans |>àlii' le 1i(|uide venin.
LA PKSTK. \m
ShIjI'iimc (l('\niicili('iil Î M;ii>. 1iillioiii> iiicivdiilf. |,;i Iniilc. ('11 I juliniliiiil . (r('|t(>ii\iiiil(' recule; Le iiiiil coiilaiïieux. l'el'iiliiiil la laisoii, 1)11 ciiiilact iiniiiicicle athsie le |t(M--oi). Oiiaiid le \a>le linceul de la iiiiit i|iii sahaissc Sur ce .j',raud >ai'c(>])liaîje étend son onihre épaisse. Tant (\o soupirs mêlés, tant de cris cont'ondiis. Comme une seule voix sont encore entendus. Une lampe de iei-, suspendue aux ojjivi^-^, Dessine en traits blafards des Hj^ures pensives: Tel le croissant des nuits, de ses rellets tremblants Kflleure de> tombeaux les simulaeies blancs. Alors si du Carmel, ou veille la prieie. Tinte a coups mesures la « bxdie bospitaliere: Si la lu'ise. eu passant sur le cdineiil latin. Porte au camp de\ast(> <'e iiiuriuuie lointain. Le siddat expirant, que trouble un dernier s(ur|»e. Kecueille a\ec eltroi le S(»ii ({iii >e proloujje : Il rell'oUNe, a la voi\ (|iii doceiid du (.aiiliel, lu c(»nriis souvenir ihi ciille paleriud.
170 CHANT SKI'TlEMIv
l't croil (|ir;ui|>ros de lui. sous <'('S Iristcs unifaillcs.
Le liiiiKMilnMc aii'niu sonne ses hinérailles.
Non. .o,én(M'(ni\ j',ii('n'iors î dans eot asile impur
Nous ne niouii'ez pas tiuis de ee livpas obscur.
La rage du lléau bientôt seia !i(»inpee :
l^es uns vers le Délia péririuil par Tépée ;
D'autres, dans les hameaux do leur lointain pavs.
Parleront du Thabor et de l*tolémais.
Souffrez encore un jour; a la prochaine auroi-e
IJn prodige sauveur a vos yeux doit éclore.
KUe brille. Au dehors de ces arceaux voûtés
Quel son longtemps muet retentit? Ecoutez! î !
La fanfare du camp, qni dans les airs expire.
Chante l'hymne : \ eUhms au sa/ ut de l'empire.
Distinguez-vous la voix des soldats attendris?
Le nom du général se mêle à tous ces cris ,
La foule vers ces lieux semble être convoquée.
Le b)n(>, murmure approche; on ouvi'e la m(»s(jnee :
Lu peuple de soldais, arrêté >ur le seuil.
Mesure avec effroi «'c long palais dn deuil...
).A l'KSTK. 171
TiMil a (OUI», s arracliaiil a ces {jiniipcs limiclcs, Plus faillie qu'a Ludi, |)liis j>,iaiul (juau\ P\ lauiidL's, l'oiiapark' est cnlrc; ses plus cliers {{énéiaiix. KIcImt. lioNiiicr, "Mural, cscoilcnl le héros. Il niaiclie, el de ninmaiils la salle parsemer' Tiossaille sui' les pas du ])ère d<^ rai-méo: Dans les i-ej;ards éteiiils un céleste poiiMiir l'ail luire a sou aspeet le r<dlel de resp(»ii-: De ces raii{>s désolés eoiiipa);nes assidues, La d(»uleur el la inoil soiil coinilie suspendues. i^l dans leurs lits de jonc des spectres enchainés Se dresseiil un inoiiient snr leurs bras déeliarnes : Tons invoquent des vinix riioinme que Dieu proié<|;e. |{| Inndis (|ue les (dnd's (|ui l'orinenl scui <(ule;{e, Tàles iniilaleurs d un inajîiianinie etïorl. Pour la première lois Ireinldenl devani la niorl, 1^1. dans (M'i ail' rliarec daloines homicides. Se peiiclieni a\ec soin snr Ac> pairums acides. Lui. le tViUil decou\erl. |U(Mi(Mice dans les ran;',> (les mois mvslerieux (|ui diaruienl le- moiiraul-.
I7l> Cil A.NT s Kl' ri KM K.
Siii' (*<'s lits (|ii"il tl('H(>iiil)i'(' étendiuil s;i iniiiii mic, L<Mi(('in<'nt il poiiisnil cctle lionihlo iwue : On vil (Ml oc inoineiil 1(' mn.oirnK» dorliMir INmIim- (l;ins chaque plaie un (\(n\\{ consolateur-: Au souille (lu malad*^ il in(dail son haleine. Decouvi'ait les hnneurs (jui se cachent sous laine, E\ dans ce leni])le inipui', dien de la .;>uerisoii. H |)romel(ail la vie eu loM(dianl le jtoison.
Alors sous les arceaux de la liinehic voiih' iielenlil une voix (|ue le silence ccoule : " Soldats, le monde enliei' contemple vos deslins; « La répuhlique a lu vos premiei's Inillelins : <( Le Nil conquis par vous a rouh' dans son onde i< Les ])remiers cavaliei's de rL.oyple cl du inonde; <( (lomhattus ])ai* la soif et les d(''sei'ls mouvanis. >' Nos hataillons vain(|ueui's oui l'eparu vivanis; K Le J(Hirdain ])iiso!inier von,> doil sa dcliMaïU'e. i( Ll la voix du Thahoi' parle di' noli'c iMance!