‹ Napoléon en Égypte, Waterloo et Le fils de l'hommeChapitre 16 sur 26 · I. A l'KSTK · texte numérisé non relu

I. A l'KSTK

« Cv lien, (le laiil dCxploits serait-il le ('ciciicil ?

" Si, veuve de ses fils, la répnl)li(|iie en dciiil

(I Me doniandail nii joiii- : Qu'as-tii l'ail de I "aiiiK'e?

I Où son! ces vieux soldats si grands de renommée.

" (les vaiiKjueurs de Mourad, des l)e\s, des osiiianli-V

' Faudra-l-il lui lépondre: Ilssont mortsdanslenrsiiisî

« Levez-vous! Ranimez voti'e foi-ee abattue;

" Bien ])lus ((iie le lléau, Teffi'oi du mal ^ous lue:

" Sur nu lit de douleur comme au sein des comhals.

<' La moi't esl moins funeste à (|ui ne la ciaiiil ))as.

' Vivez! Nous (juitterons, demain avant lanrore,

<i dette horrible cité que la peste dévore.

' Ici votie ennemi se déi'ohe à vos coups:

« Chei'chons d'autres combats sous un soleil plus doux.

" L'l'](Ty|)te nous allend : implacable adversaiic.

« Mourad a repaiu dans les plaines du (laii'e:

(• SMi\i de niauuduks, bienbtl il va siiiiii-

" Aux nouveaux Ottomans campés sous Mxuikir.

<' (y(\st en vain i\[\o du Nil b» (lés(M'l utui-^ sépare:

<| Mai'fdioiis ! \u uiduieiit même oii ce peuple !)aibai'e

174 CHANT Si: PTIKMK. — l-\ l'ESTI-.

. Nous croit cnsi^volis au pied <lu uionl riuilM.r. a A ses yeux étonnés reparaissons encor, « Kt, venp,eant tl Aboukir le san^vlant promontoire, u Couvrons nn nom de deuil par un ncun de vietoirel •>

AHGl'MEN'r.

Les teilles du Ho^plioiv. — Muslaplia et Momad-Bey. — L'année d'Orieiil réunie sur le promoiUoire d'Aboukir.— Nouveaux auxiliaires éiivpliens conduits parEl-Modlii.— L'artillerie volante. — Mort d'LI-Modhi. —La siliylle du Coran. — Charge de Mural. — Kléber — L'armée ollomaue anéantie. — Dernière unit de lîonapaite en tg.vptc — Épiloijne.

l\ camp Imnultneux, sorti du >(Mn <1(S miMS. A peuple (rAbcmkir les rivages déserts; i;Égypte a salué les tentes du Bosphore : |.,.ur parure se mêle aux couleurs de Taunu-e A ces rideaux zébrés (rarj^eut et de satin. Kuflés connue uiu' viule au s«u>flle du malin;

I7<S CHANT lUUTlEMK.

A ces IVnis pavillons couioniiés de haniiièies,

D'armes, de ei'oissanls d Or, de flottantes crinières,

On croirait voir de loin un tapis d Ispalian

Déroulé sur le sable aux boids de FOcéan.

Du sultan de Stamboul la puissance alarmée

Au noble Mnstapba «Muifia cette armée;

L'imprudent, a son maiti'e, en partant, a promis

De parer le sérail de têtes d'ennemis !

Chaque jour, dans son camp pompeusement traînée.

On voit la lon(ïue cbain(> aux vaincus destinée,

El la cap,e de fer qui, du champ dAboukir,

Au château des Sept-Tours doit tiaiisportei- Kébir'.

A ces fiers Osman lis, sur ce même rivage,

Se joip,nent, en poussant une clameur sauvafje,

Deux mille mameluks, escadron épuisé

Que déroba la fuite aux vainqueurs de Gliizé.

Mourad-Bey les conduit : rusé dans sa défaite,

De la chaîne libyque il a suivi la ci'éle.

ABOUKIH.

Il a trompé Desaix ; et, par un l<»ii.;^; ciitiiil. Aux péi'ils du désert lm liappé cette nuit, Du pacha de Stamboul ce uoble auxiliaire, Dans un dernier effort veut ressaisir le C.aii'e. Le liej- Circassien, de tant de chocs froissé. Étale les lambeaux de son luxe passé, Et montre avec orgueil aux Ottomans novices

Sa face de lion, belle de cicatrices

IHO (:ilA?sT llllTIEME.

La France, déliée aux plaines d'Aboukir,

A ce sanglant duel se hâte d'accourir;

Du Caire, du Fayouni, de rétroite frontière

Où Suez à deux mers oppose sa barrière.

Du Delta nourricier aux fertiles sillons.

Arrivent à la fois nos joyeux bataillons.

Quels sont ces combattants qu'on aperçoit à peine,

Marchant, le long des Ilots, sur la poudreuse arène?

L'armée a reconnu leur éclatante voix :

Des gouffres du désert ressuscites deux fois,

|]t vainqueurs du lléau tyran de la Syrie,

Us viennent pour combattre aux champs d'Alexandrie:

On dirait qu'aujourd'hui, sous un climat plus doux.

In noble instinct les guide a ce grand rendez-\ous.

« Amis, leur dit le chef, je vous rends a vos frères;

« Dès ce jour, les destins ne nous sont plus contraires.

« Dans ce dernier combat que je vous ai promis ,

« Écrasez d'un seul coup ce peuple d'ennemis.

(( Ils sont tous devant vous, soldats; le directoire

« Par ma bouche, aujourd'hui, décrète la victoire. »

ABOUKIR. IHI

Il a (lit, et déjà ses rapides regards

Ont du camp d'Aboukir mesuré les remparts :

Devinant leur pensée aussitôt que conçue,

Du combat qui s'apprête il a jugé lissue :

Dans la plaine il étend ses immenses réseaux,

Et semble marquer l'heure où dans les vastes eaux

Tombera sans retour l'armée asiatique.

Tel, sur le haut sommet de sa tour prophétique,

L'homme inspiré, qui suit dans la \oùte sans fin

Les astres échappés au doigt du séraphin.

Annonce l'heure fixe où, sans heurter les mondes,

Tombent sur notre ciel ces sphères vagabondes,

Et la nuit où, bornant leurs cercles révolus,

Elles percent l'abîme où l'œil ne les suit plus.

Un cri part d'Aboukir; la redoute qui tonne

A troublé de la mer le repos monotone ;

Aux deux angles du camp par Mourad défendus.

Résonnent les canons que l'Anglais a vendus,

Et, debout sur le cap, la tour chère au prophète

D'un turban de fumée environne sa tète.

IHi CHANT HUITIEME.

A ce signal, pareils eu nombre a ces oiseaux

Qui dans un joui- dorage obscurcissent les eaux.'

Arrivent les tribus de la zone africaine.

Le liideux El-Modhi sur ses pas les entraîne ;

Sa voix a réveillé ces enfants des déserts :

L'olivâtre Bédouin sorti des lacs amers.

Le Maure du Sennaar, lAbyssin qui dévore

La chair des noirs taureaux qui mugissent encore.

L'Arabe qui suspend aux créneaux d'une tour

Sa hutte de roseaux, comme un nid de vautoui'.

Tous les peuples, depuis les rives du Takase.

Bords inhospitaliers que le Cancer embrase.

Jusqu'aux lieux où le Nil, pour la dernière fois.

De la blanche cascade entend mugir la voix '\

Devant nos bataillons ces hordes rapprochées

S'arrêtent; tout à coup leurs flèches décochées.

Comme un nuage obscur levé sur l'horizon,

Portent à l'ennemi la mort et le poison.

Autour des rangs français \o noir essaim bourdonui

Tout a coup, au signal (juc Bonaparte dt)nne,

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