‹ Napoléon en Égypte, Waterloo et Le fils de l'hommeChapitre 22 sur 26 · LE FILS · texte numérisé non relu

LE FILS

Eireinte dans ce cadre, au milieu d'un fond noir I^^Ue était immobile, et l'on aurait cru voir

Un tableau de Rembrandt char(î,é de teintes sombres

Où la blancheur des chairs se détache des ombres.

Je sentis dans mes os un étrange frisson ;

Dans ma tête siffla le tintement d'un son ;

l/œil fixe, le cou roide, et la bouclie entr'ouverte,

Je ne vis plus qu'un point dans la salle déserte :

Acteurs, pouplo, empereur, tout semblait avoir fui,

Et, croyant être seul, je m'écriai : C'est lui!

C'était lui... Tout à coup la figure isolée,

Dun coup d'œil yif et prompt parcourut l'assemblée ;

Telle, en éclairs de feux, jette un reflet pareil

Une lame d'acier qu'on agite au soleil ;

Puis, comme réprimant un geste involontaire.

11 rendit à ses traits leur habitude austère,

Et s'assit. Cependant mes regards curieux

Dessinaient à loisir l'être mystérieux :

Voyez cet œil lapide où brille la pensée,

Ce teint blanc de Louise et sa taille élancée.

Ces vifs tressaillements, ces mouvements nerveux.

Ce front saillant et large, orné de blonds cheveux;

Oui, ce corps, cette tête où la ti'istesse est peinte.

Du sang qui les forma portent la double empreinte.

Je ne sais toutefois, je ne puis sans douleur

Contempler ce visage éclatant de pâleur;

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