‹ Napoléon en Égypte, Waterloo et Le fils de l'hommeChapitre 8 sur 26 · AH GU MENT · texte numérisé non relu

AH GU MENT

Départ de l'armée de Syrie. — Le grand désert. — La soif. — La riterne. — Le mirage. — Abattement des soldats. — Paroles de Boiiai>arte. — Le Simoun.

— Arrivée en Syrie. — Desaix dans la haute Éiivple. — MouuuumiIs (•()n(iui>.

— Le zodiaque de Denderah-TentjTis.

L'ÉLITE de rarniée en cinq corps se partage : Tous ont brigué Thonueur d'un périlleux voyage ; Mais le chef a choisi , pour les plus grands travaux , Ces vétérans de fer, ces hommes sans rivaux . Qui, joyeux et légers sous le poids de larmure , Souffrent avec courage et tombent sans murmure.

A leur k'Ic oiil paru l.iiiiiu's , Bon et Reyiiier ; Ivléber, d'Alexaiuliic arrivé le derniei-, Oubliant \n\r devoir sa blessure récente , Ferme des fantassins la colonne puissante : Puis s'avancent au pas Murât et ses dragons , Les bruyants artilleurs , aux sonores fourgons ; Kt des vivres du camp sobres dépositaires , Sur un sable connu marchent les dromadaires.

nucique temps nos soldats adressent leurs regrets Aux (M.upoles du Caire, aux lointains minarets;

LE DKSKIIT. loi

xMnis bientôt à leurs yeux, dans IIkhIzoii iiiiiiicii-c , l^a ville disparail , et le désert couiineiice.

Solitude infertile où Thomme est seul de])oul !

Cercle démesuré dont le centre est partout !

Là , point de frais vallons où Tonde des collines

D'un portique détruit caresse les ruines ;

Point de ces verts abris où, sous un ciel d airain ,

Au murmure des eaux s'endort le pèlerin :

Du néant taciturne effroyable domaine !

L'œil distingue parfois , isolé dans la plaine,

l'n palmier dont le sable étreint les derniers nœuds

Des buissons de nopals , aux rameaux épineux ,

Et les blocs qui, debout sur ces blanches savanes ,

Immobiles signaux, guident les caravanes.

Souvent on voit passer sur Thorizon uni

Une autruche pesante , au long cou dégarni ,

Qui, mêlée aux troupeaux des agiles gazelles,

S'éloigne en fatiguant ses impuissantes ailes :

10^ CHANT CINOUIEME.

On croirait voir, de loin, sur le sol découvert,

(In Araix' à cheval qui fuit dans le désert ;

Et les soldats , rêveurs dans ces lieux solitaires,

Oubliaient la gaîté des marches militaires...

Qu'est devenn ce temps où , sur de frais sillons ,

De lAdijje au Tésin, leurs joyeux bataillons,

Mêlant Thymne de guerre aux airs de la folie,

Traversaient en chantant la riante Italie ,

Beau jardin , tout paré d'éclatantes couleurs ,

Où les champs de bataille étaient des champs de Heurs?

Ainsi pense la foule ; et pourtant , résignée ,

Elle suit du désert la route désignée ;

Et les jeunes soldats cherchent aux premiers rangs

Leur jeune chef, à pied, parmi les vétérans.

Il marche le premier : son plumet tricolore

Brille aux yeux des soldats comme ce météore

Qui, dans ces vieux déserts, sous un ciel ténébreux.

Vers les vallons promis entraînait les Hébreux.

Ainsi les bataillons , sur une plaine nue ,

Poursuivent lentement leur marche continue ;

%liÊ 'ffl'

ij- HÉ SE UT. nr»

E\ déjà les soldats, sous un ciel cniK'nii ,

Dans leur lil sablonneux douze fojs oui dcuini.

Mais bientôt h\ Disette, effroyal)ie fanlôiiu'.

Fléau des pèlerins qui troublent son l'oyaiinic.

Arrive en étalant , à leurs yeux consternés ,

Et sa langue livide et ses bras décharnés.

r^e soldat cherche en vain des ondes salutaiies :

La fièvre de la soif embrase ses artères ,

Et le souffle rapide exhalé de ses flancs

Aspire chaque fois le salde aux grains brûlants :

Sur le flanc des chameaux les outres entassées

Par l'importune soif vainement sont pressées ;

Et les coursiers, cherchant Thumidité des eaux ,

Dans Tarène embrasée enfoncent leurs naseaux.

Quelquefois, cependant, l'instinct du dromadaire

Hume, en pressant le pas, le puits qui désaltère ,

Saumâtre réservoir au voyageur offert

Comme une coupe étroite oubliée au désert :

Pareils à ces troupeaux qui, des plaines brûlées.

Accourent en bramnnl aux sources des vallées.

KM CHANT CINQIIEMK.

Les lép^ers cavaliers , mêlés aux t'anlassins ,

Précipitent leurs pas vers ces tiècles bassins ,

S'y plongent tout vêtus, et d'une onde abondante^

l:]teignent le brasier de leur poitrine ai'dente.

Ilelas! leurs compagnons, (|ui , |)ar tic lenis elToiis , Mourants, se sont traines vers ces humides i)oi(ls , S(illi<itent en vain, pour leur bouche fl(>lri<' , Une (leinière ^ïoutte a \i\ souice t;u'ie ;

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