‹ Napoléon en exil (volume 2)Chapitre 3 sur 19 · AI · texte numérisé non relu

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et que ce dernier puisse,, à son choix, donnera celle ]>lai ii te (elle couleur qui lui plaît et qui convient le mieux à ses vues; ou même la supprimer toul-all.il?

» Sanlini, continua-t-il^ a public une brochure pleine de fadaises. On y trouve quelques vérités; mais tout}7 est exagéré. Il y a tout juste assez de quoi manger, mais pas assez pour faire bonne chère. »

J'ai donné à Napoléon la traduction dune lettre qui a paru dans le Courriel', qu'il m'avait demandée; et,, après l'avoir lue, il prétend qu'elle a été écrite parle gouverneur lui-même, et que l'apparente incorrection d'une partie n'est qu'un moyen d'en cacher le véritable auteur. Il parla alors longtemps de la situation de l'Angleterre, observant qu'il ne faut pas trop céder à la volonté du peuple, ni lui laisser croire que les concessions qu'on lui fait sont amenées par la crainte; que, peut-être, la suspension de Vliabeas corpus serait pour quelque temps une mesure convenable, à l'aide d'une armée sur pied, pour intimider la canaille. «Mais, a-t-il dit, je ne considère cela que comme des topiques qui, si on ne les emploie avec des remèdes généraux, agissent sur la maladie constitutionnelle d'une manière contraire, et deviennent réperculifs et dangereux, en portant le mal vers les parties nobles. L'Angleterre peut être comparée à un malade dont l'état exige que le cours de la maladie soit détourné par l'usage du mercure. Le seul remède efficace est celui qui atta. quera le mal en sa racine; c'esl-à dire qui fera cesser la misère qui exisie. On ne parviendra à cela qu'en procurant un débouché à vos manufactures et en réduisant les dépenses. Dans ce. cas, les ministres

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devront donner eux-mêmes l'exemple du désintéressement, en renonçant aux sinécures, etc. Cela contribuerait puissamment à calmer l'agitation publique. Si les ministres, lors de l'ouverture de la session du parlement, se fussent présentés avec noblesse, et eussent renoncé à leurs sinécures, cela, joint à l'exemple qu'aurait donné le prince régent lui-même, aurait sulli pour apaiser tous les troubles et faire cesser toutes les plaintes. Le peuple, dans l'espérance de retirer, d'un si beureux commencement, quelques avantages radicaux , se serait calmé

et aurait fait cause commune avec le gouvernera

ment. Par là on aurait gagné le temps nécessaire pour adopter des mesures propres à remédier à la calamité générale. On pourrait encore demander avec succès un traité de commerce exclusif pour l'espace de ^ingt ans, avec le Brésil et l'Amérique méridionale espagnole. Ou bien on pourrait aider les colonies à se rendre indépendantes, et vous auriez, dans ce cas, leur commerce tout entier. Une guerre avec l'Espagne, si elle refusait d'accéder à "vos demandes, détournerait l'attention publique, emploierait les soldats et les matelots, et une grande partie des manufacturiers.

» Je soutiens que tous vos malbeurs sont dus à la sottise et à l'ignorance de lord Castlereagh, ainsi qu'à son défaut d'attachement pour la prospérité réelle de son pays. Si les lords Grenville etWelesley avaient été ambassadeurs, je suis convaincu qu'on aurait mieux consulté les intérêts de l'Angleterre. Que diraient les Anglais qui vivaient il y a cent ans, s'ils sortaient de leurs tombeaux, et si, informés de vos glorieux succès, ils jetaient les yeux

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sur leur pairie et apprenaient que dans le traité de paix pas un seul article n'a été stipulé au bénéfice de votre pays; qu'au contraire, vous ave/, renoncé ;i des possessions et à des droits commerciaux nécessaires à votre existence? Quand l'Autriche a augmenté s» population de dix millions d'habitans, la Russie de huit, la Prusse de dix, quand la Hollande,, la Bavière, la Sartlaigne et toutes les autres puissances, ont obtenu un agrandissement de territoire, pourquoi l'Angleterre n'a-t-elle joui d'aucun de ces avantages, elle qui a été la principale cause du succès? Au lieu d'établir un nombre d'élals maritimes indépendansj tels qu'Hambourg, Stralsund, Dantzick, Gênes, pour servir d'entrepôts à vos manufactures, avec des conditionssecrètes et favorables à votre commerce, vous avezbassement donnéGênes au roi de Sardaigne, et réunila Belgique à laHollande. Vous vous êtes vous - mêmes fait haïr des Italiens et des Belges^ et vous avez porté un coup irréparable à votre commerce ; car, encore que ce soit un point important pour vous que la Belgique soit séparée de la France, c'est un grand désavantage pour Vos intérêts qu'elle soit réunie à la Hollande. Cette puissance, qui n'avait pas de manufactures, serait devenue un dépôt pour les vôtres : il en eût résulté pour vous une prodigieuse influence sur le continent; mais maintenant que la Belgique est devenue une partie de la Hollande, cette dernière préférera naturellement employer les manufactures de ses propres sujets, qu'à se servir de celles d'un peuple étranger, et Ton peut comparer toute la Belgique à une ville manufacturière. Indépendamment de cela., en cas d'une guerre à venir. avec la France, la Hol-

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lande se joindra à. cette dernière, dans la crainte de perdre les provinces du midi. On s'arrête toujours au danger le plus imminent. Et la Hollande fera le raisonnement suivant : Sinous nous déclarons contre la France, nous perdrons la Belgique et nos manufactures; si nous faisons la guerre à l'Angleterre, que fera-t-elle ? Elle bloquera nos ports et effectuera des débarquemens. Nous aurons toujours le temps de préparer nos moyens de résistance; nous devons donc nous déclarer pour la France. Il aurait beaucoup mieux valu donner la Belgique à l'Autriche, ou bien en faire un pays indépendant, avec un prince anglais pour souverain.

« Maintenant , considérons la position dans laquelle vous vous trouvez. Vous êtes presque aussi complètement exclus du continent que lorsque je régnais et que j'ai proclamé le système continental. Je vous le demande, en supposant que j'eusse été vainqueur, aurais-je pu dicter une paix plus désavantageuse pour l'Angleterre, dans ses conséquences, que ne l'a été celle qu'a acceptée lord Casllereagh après les victoires que vous avez remportées? La haine que vos ministres m'avaient vouée les a précipités dans un abîme. Vous vous rappelez que je vous ai dit , il y a quelque temps , que je regardais comme une mauvaise politique de laisser les troupes anglaises en France et de nommer lord Wellington au commandement en chef. Vous reconnaissez actuellementlessuitesde cette double faute. La Prusse refuse vos marchandises. Que pouvez-vous faire? Vous ne pouvez ni essayer d'intimider cette puissance, ni en venir à une guerre ouverte, attendu qu'elle tomberait sur lord Wellington et ses quarante

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mil le hommes. Tant que vous retiendrez vos troupes sur le continent , vous ne serez jamais indépendans. Si vous eussiez, après avoir donné le grand coup, après qu'on avait disposé de moi, retiré vos troupes, vous ne vous fussiez pas attiré la haine et la jalousie de toutes les puissances, principalement en nommant lord Wellington commandant en chef, et l'Europe n'aurait jamais osé vous fermer ses ports. Vous eussiez pu bloquer les ports prussiens et faire celle déclaration : Si vous ne permettez pas l'entrée de mes marchandises, aucune autre n'y entrera ni n'en sortira. Ils auraient bientôt entendu raison. — Vous avez maintenant les mains liées. En vous mêlant des affaires du continent et en essayant de faire de vous une grande puissance militaire, au lieu de vous borner à la navigation et au commerce , vous causerez votre ruine nationale. Vous vous êtes offensés de ce que je vous ai appelés une nation de boutiquiers. Si par-là j'eusse entendu que vous êtes une nation de lâches, vous auriez eu raison d'être mécontens; d'ailleurs j'eusse été démenti par les faits historiques, et c'eût été une assertion ridicule de ma part; mais je n'ai jamais entendu par-là rien de semblable.

» J'ai voulu dire que vous êtes une nation de marchands, et que toutes vos grandes richesses et vos grandes ressources proviennent de votre commerce; ce qui est vrai. En quoi consistent autrement les richesses de l'Angleterre ? Ce n'est pas dans l'étendue de son territoire, ni dans sa nombreuse population. Ce n'est pas non plus dans ses mines d'or, d'argent ou de diamans. D'ailleurs , aucun homme de bon sens ne devrait rougir qu'on l'appelât boutiquier.

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Mais votre prince et vos ministres paraissent vouloir changer tout-à-coup l'esprit des Anglais , et faire de vous une autre nation; ils prétendent vous faire rougir de vos boutiques et de votre commerce, qui vous ont fait ce que vous êtes, et vous taire soupirer après la noblesse, les titres et les décorations. Quel autre but peut-on avoir avec ces cordons , ces croix et ces honneurs, que l'on répand avec une telle profusion? Vous êtes une nation de nobles, au lieu d'être les bons vieux Anglais d'autrefois. Vous rougissez d'être vous-mêmes, et vous voulez devenir une nation de nobles et de gentlemen (1). On n'entend plus en Angleterre; que* sir John et miiady ! Tout cela pouvait ;iiier avec moi en France , parce que cela s'accordait avec l'esprit de la nation ; mais cela est } croyez-moi . nient contraire à l'esprit

et à l'intérêt de l'Angleterre. Attachez-vous à vos bâtimens, à votre commerce et à vos comptoirs , et laissez les cordons les croix et les uniformes de cavalerie au continent} c'est là pour vous le moyen de prospérer. Lord Cas!,- h lui-même a rougi

de ce que l'on vous appelait une nation de marchands, et il disaitsouvent. lorsqu'il était en France, que c'était une fausse idée que de supposer que l'Angleterre tenait tout de s<n commerce et lui devait ses richesses : il ajoutait même que le commerce ne lui était nullement nécessaire. Combien je ris, quand j'entendis rapporter ce propos, dicté par une fausse jactance ! Il a trahi son pays lors du traité de paix. Je ne veux pas dire^ continua-t-il,

( 1 ) Il dit cela en anglais, aussi bien que les mots suivans , qui sont soulignés.

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ri posant la main sur son cœur, que la trahison )it venue d'ici ; mais il l'a trahi en méconnaissant t. en négligeant ses intérêts. Il a été, dans le fait, î commis des souverains alliés. Peut-être a-t-il voulu ?s convaincre que vous n'êtes pas une nation de marliands, en montrant que vous ne faisiez pour vous- [lêmes aucun marché avantageux, et en donnant magnanimement tout , afin que les nations pussent 'écrier : O que l'Angleterre s'est noblement com- >ortée ! S'il eût entendu les intérêts de son pays, 'il eût stipulé des traités de commerce, demandé 'indépendance de plusieurs villes et états mariimes, afin d'assurer quelques avantages à l'Angleerre , pour l'indemniser du sang qu'elle avait dû. verser et des énormes sacrifices qu'elle avait faits, dors dans ce cas on aurait pu dire : Quel peuple mercenaire! c'est une vraie nation de marchands; voyez quels marchés ils veulent faire! Et lord Castlereagb n'eût pas été si bien reçu dans les salons* » Il peut avoir montré du talent dans quelques circonstances, continua Napoléon, et une grande opiniâtreté à consommer ma ruine ; mais pour ce qui est de connaître et faire valoir les intérêts de son pays, c'est à quoi il ne s'est pas entendu. Il est probable que de mille ans l'Angleterre ne retrouvera une semblable occasion de s'agrandir. Dans la situation où sont les choses, on n'aurait rien pu vous refuser ; mais après des succès si romanesques et si surprenans après avoir été favorisés de Dieu et du hasard, comme vous l'avez été ; après avoir fait l'impossible; après avoir effectué, je puis Je dire, ec que jamais l'imagination la plus ardente n'aurait pu seulement présumer, quel proiit en est-il résulté

pour l'Angleterre, si ce n:est les cordons des souverains alliés qui décorent lord Castlereagh.? Quand une nation a été aussi favorisée que la vôtre (1), et qu'il existe de la misère chez cette même nation, l'incapacité des ministres doit nécessairement en être la cause. La transition de l'état de guerre à l'état de paix ne peut les justifier, puisque cette détresse dure depuis trop de temps. Si j'avais été à la pince du ministre anglais, ou si le ministre eût eu le sens commun et n'eût pas été aveuglé par la vanité, ou s'il n'eût pas élé de trempe à se laisser duper par les attentions des rois ou des empereurs, vous seriez riches a 1 résent, les mers seraient couvertes de vos vaisseaux, et vos manufacturiers jouiraient de l'abondance. Lord Castlereagh sera un objet de blâme pour la nation et pour la postérité. »

Je dis à Napoléon que dans un des numéros du Courrier, que lui avait envoyé le gouverneur, on attribuait à sir Francis Burdett un discours dans lequel il l'accusait d'avoir établi huit Bastilles en France. Napoléon répondit : « C'est vrai sous quelques rapports. J'ai établi quelques prisons; mais elles étaient réservées pour de certains individus, qui, dans le système alors établi, méritaient la mort. Comme je ne voulaispas leur faire subir cette peine, et que je ne pouvais pas les envoyer à Botany-Bay, parce que vous étiez les maîtres de la mer et que vous les eussiez relâchés, j'étais forcé de les garder en prison.

» C'étaient,, conlinua-t-il, des chefs vendéens, des

( 1 ) J'ai communiqué celle conversation, en 1S17, à quelques personnages officiels.

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chouans, qui avaient été arrêtés pour cause de •rébellion ou autres crimes, auxquels on donnait le choix ou d'êtres jugés ou de rester en prison aussi longtemps que le gouvernement croirait cette mesure nécessaireà la sûreté de l'Etat. Cesprisonsétaient inspectées chaque année deux fois par un comité composé d'un conseiller-d'état et de deux juges, qui , à chaque visite, offraient aux prisonniers de choisir entre la prison où ils étaient* ou la mise en jugement. Mais ils préféraient toujours de rester en prison. On leur accordait trois francs par jour pour leur subsistance. On n'a jamais ent endu direque l'on se fût porté à des excès envers eux: et, en effet, au lieu d'un crime tel qu'on me l'impute dans ce journal^ c'était un acte de bienfaisance. Mais, ajoutat-il, où est le pays qui n'ait pas ses prisons ? N'y en a-t-il pas aussi en Angleterre? »

2 Juin. — Un dragon d'ordonnance m'a apporté l'ordre de me rendre à l'instant à Plantation- lieuse . J'ai trouvé Son Excellence dans sa bibliothèque; elle m'a demandé quelles étaient les observations de Napoléon sur les discussions parlementaires. J'ai répété les expressions de Napoléon, comme il m'avait prié de le faire. Quand je parlai de ce qu'il avait dit relativement à l'assertion irnnutée à lord Ba— thurst, que tous les changemens qui avaient eu lieu avaient été avantageux au plaignant, et que j'eus dit qu'il se plaignait du défaut de délicatesse qu'il y avait à ouvrir ses lettres pour en lire le contenu sir Hudson Lowe prit quelques-unes des feuilles de Times, et avec un air qui trahissait son embarras, me dit que lord Bathurst avait eu raison d'affirmer que tous les changemens qui avaient eu lieu n'a-

Juin ( So ) 1817.

vaierit été faits que pour le mieux, et que, sans doute, Sa Seigneurie avait voulu parler de la manière dont on envoyait les lettres à Longwood; car, ajouta-t-il, au lieu de passer par les mains dqfficiers subalternes . comme auparavant, il n'y a que moi qui, en ma qualité de gouverneur, les voie et les lise.

Nous eûmes ensuite quelques conversations relativement à la quantité des provisions allouées pour l'usage de Longwood. Sir Hudson Low soutenait que cette quantité avait été fixée par le comte M 011tholon , qui ne s'était jamais plaint qu'elle fut insuffisante. J'expliquai à Son Excellence que le comte Montholon n'avait pas fixé la quantité de vivres à fournir, et je lui rappelai aussi que la parcimonie qu'on y mettait , avait souvent fait le sujet des rapports de rofficier d'ordonnance , tantôt au nom du pourvoyeur, tantôt au mien , et tantôt de la part du maître-d'hôtel. Sir Hudson Low persista à dire que cette affaire avait été discutée et fixée avec le comte Montholon , et il envoya chercher le major Gorrequer pour attester la vérité de son assertion.

Cependant le major Gorrequer ne prit pas le parti de Son Excellence , il déclara que le comte avait fixé seulement la quantité de vin à fournir; que, quant aux autres articles, la fourniture s'en faisait dans les proportions fixées par ordre de Son Excellence elle-même. Quoique cette déclaration l'eût rendu un peu confus, sir Hudson Lowe persista à aff:mer qu'il ignorait que les provisions fussent insuffisantes. Sur quoi je crus nécessaire de lui rendre compte, jour par jour, de toutes les représentalions faites à ce sujet, à lui-même, par M.Balcomb*

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et par le maître-d'hôlel. II observa égal ornent que 4 sic Thomas Kea<le , qui fournissait, deux (bis par Semaine j diverses sortes de vivres à Longvvood , que Cipriani avait souvent payés en sa présence, ne pouvait ignorer les besoins des Français. Le gouverneur remarqua ironiquement qu'il paraissait que j'étais le meilleur témoin que ces gens pussent invoquer.

4. — Augmentation de vingtrhuit livres de viande par jour, en sus de la fourniture ordinaire,, faite par le gouvernement à Lon.gwood5 ordonnée par sir Hudson Lovve.

Outre la garde ordinaire, on a placé un officier à Hut's-Gate, depuis l'arrivée des bâtimens venus d'Angleterre , avec ordre d'examiner soigneusement tous ceux qui s'approcheraient de Longwood , et de ne pas permettre aux personnes suspectes de passer.

5. — Le comte et la comtesse Montholon sont u'iés en ville pour j faire des achats et rendre visite i\ l'amiral et à lady Malcoim. L'officier qui les accompagna reçut 1 ordre du gouverneur de les suivre chez l'amiral et de faire attention à leur conversation.

(3. — J'ai vu Napoléon , qui était de très-bonne humeur. Il m'a dit que le comte Montholon avait appris hier qu'il venait d'arriver dans File un voyageur qui avait vu le grand Lama , et m'a prié3 eu conséquence , aussitôt que j'irais en ville, de tacher de faire sa connaissance et de m'informer quelles cérémonies on pratique en présence du Lama; si l'adoration est en usage; enfin, de recueillir tous les renseignemens possibles. « Je suis, dit-il, très- Trois. partie. 6

Jui.N ( ^*- 1817.

curieux d'avoir des détails sur ce qui concerne le grand Lama. Je n'ai pas encore lu sur son compte de relations auxquelles je pusse me fier; j'ai même quelquefois douté de son existence. »

J'ai vu sir Hudson Lowe en ville, et je me suis entretenu quelque temps avec lui relativement aux réflexions de Napoléon sur le discours de lord Bathursl. Son Excellence m'a donné une lettre pour le prisonnier, afin qu'il y répondît. Je lui ai répété aussi la remarque de Napoléon au sujet de lord Bathurst : « Quasi tutti li ministri son buglardi , T*** , 71 è il caporale , poi viene Castelreagh , poi 31*** , H*** ,etc. (1) »

J'ai dit au gouverneur que Napoléon m'avait engagé de faire la connaissance d'une personne arrivée depuis peu; et qu'on disait avoir vu le grand Lama. Sir Hudson parut ne pas savoir qu'il y eût dans l'île un voyageur semblable.

Bientôt après , je rencontrai le capitaine Balston, au service de l'honorable compagnie des Indes ; nous renouvelâmes connaissance ensemble. Il me dit qu'il était arrivé quelqu'un de la Chine avec une lettre de recommandation qui m'était adressée par M. Urmston de Macao , avec qui j'avais été intimement lié autrefois. J'apprisensuite que ce gentlemen se nommait Manning , et qu'il était la personne que je cherchais. Il portait une longue barbe noire, et avait traversé le royaume de Thibet jusqu'aux frontières de la Chine. Je lui dis que l'empereur avait témoigné une grande curiosité au sujet du grand

(1) « Presque tous les ministres sont des menteurs. T*** est » leur caporal; viennent ensuite Casllereagh, M***, H***, etc.»

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