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de beaucoup, quoiqu'il soit un bon ofllcier. )) J'ai alors demandé à Napoléon quel était maintenant , à son avis, le plus habile général français ? « Cela est diflicile à dire, a ré])ondu Napoléon ; mais il me semble que c'est probablement Sucliet. Auparavant, c'était Masséna ; mais on peut le considérer comme mort : il a une maladie de poitrine qui l'a changé de manière à ne plus le reconnaître. Suchet, Glausel et Gérard sont , à mon avis , les meilleurs des généiaux français : il est diflicile de dire lequel l'emporte sur les autres (i) , attendu qu'ils n'ont pas eu beaucoup d'occasions de commander en chef, circonstance indispensable pour juger de l'étendue du talent d'un général. » 11 a aussi fait mention de Soult , en des termes honorables.
Nous avons fait, avec le capitaine Poppleton ,1e capita ine Fuller, Impett,et d'autres officiers du 5 3^, une chasse aux rais dans le camp, qui fut conduite de la manière suivante : on avait donné à quelques soldats des bêches, et ils creusèrent près d'un fossé et d'un mur infectés de rats. Les chiens attendaient leur proie et nous étions armés de bâtons. Aussitôt que les rats sentaient leur trous s'écrouler , ils en sortaient et tentaient de s'échapper ; mais ils étaient attaqués par les hommes et les chiens. Une scène de confusion très-animée eut lieu j les rats fuyant vers
(i) Comme l'empereur poussait la bille en ce moment , je ne puis assurer si c'e'tait seulement les deux derniers qu'il mentionna comme n'ayant pas souvent commande' en chef.
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d'autres trous , on les poursuivait, frappant de tons côtés, et atteignant souvent les jambes les uns des autres, dans l'ardeur de la mêlée et de la poursuite. Quelques rats grimpèrent sur les assaillans et firent une résistance désespérée. On en tua quatorze en moins d'une demi-heure.
Les rats sont en nombre incroyable à Long\vood,je les voyais fréquemment, comme des couvées de poulets autour de quelque morceau jeté de la cuisine. Les planchers et les séparations en bois des chambres sont percés en tout sens. Ces séparations , en sapin d'un pouce, étant pour la plupart doubles, laissent dans l'intervalle la facilité aux rats de s'y tenir. Il n'est possible qu'à ceux qui en ont été témoins, de se faire une idée du bruit causé par ces animaux , courant , montant dans ces séparations , dans les greniers, pour chercher leur nourriture, ou dans leurs poursuites amoureuses. La nuit, lorsqu'ils entraient dans ma chambre , qu'ils couraient sur mon lit , je leur ai souvent jeté mes bottes , le tire-botte , et tout ce que je trouvais sous la main , sans leur causer la moindre peur ; il fallait se lever pour leur donner la chasse. Nous nous amusions quelquefois le soir , en ôtant les morceaux de fer-blanc que nous avions cloués sur leurs trous, leur donnant le temps d'y passer, tandis que les domestiques, armés de bâtons et suivis des chiens , entraient , bouchaient les trous, et attaquaient les rats qui faisaient souvent une belle résistance et les mordaient cruellement.
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Quelque bons que soient les chiens au commencement, ils refusent bientôt de donner la chasse à cette vermine ; la même chose peut être dite des chats. Les détruire par le poison était in)praticable, parce que la putréfaction de leurs corps jendrait les appartemens inhabitables; il s'est présenté plus d'un cas où il a fallu démolir une séparation pour en tirer un rat mort, qui causait une puanteur insupportable.
Mais le mauvais et misérable état des butimens dont les toits sont formés de bois recouvert d'un papier griset d'une composition de goudron et de poix, et dont les cloisons sont presque toutes en bois, nonseulement favorisait l'introduction de ces animaux, mais donnait lieu à des inconvéniens bien autrement insupportables encore. Ce mélange de goudron et de poix se fondait très-facilement aux rayons d'un soseil aussi ardent , formait un grand nombre de crevasses au travers desquelles la pluie abondante des tropiques s'introduisait souvent par torrent (i). La comtesse Montholon a plusieurs fois, pendant la nuit,
(i) Toutes les additions faites à ce vieux Lâtiment avaient des toits en ce genre. Comme ce livre peuttomber dans les mains de quelques lecteurs qui pourraient ne pas ajouter foi à cette description, je les prie de prendre des renseignemens auprès des personnes respectables qui peuvent toucher à Sainte-Hélène , pour savoir si tel n'est pas lëtat de la maison dans laquelle le souverain exile' de la France a rendu le derniei' soupir après six ans de captivité.
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été obligée de se lever et de transporter son lit et celui de ses enfans dans diverses parties de la cham- Lre qu'elle habitait, pour n'être pas inondés. La nature des substances qui entrent dans la construction de ces toits , rend ces inconvéniens irrémédiables , parce que quelques heures de soleil produisent de nouvelles crevasses.
6. — Napoléon, de très-bonne humeur, a parlé du marquis de Cornwallis avec beaucoup d'éloge. « Gornwallis , a-t-il dit , était un homme probe , généreux et sincère; un très-brave homme. Ce fut le premier Anglais qui m'ait fait concevoir une bonne opinion de sa nation. Son intégrité, sa fidéhté , sa franchise et la noblesse de ses sentimens , me donnèrent de vous une opinion très - favorable. Je me rappelle que Gornwallis disait un jour : Il y a de certaines qualités qu'on peut acheter ; mais un bon caractère, la sincérité, un noble orgueil et du calme à l'heure du danger, ne peuvent pas s'acheter. Ces paroles me firent impression. Je lui donnai un régiment de cavalerie , à Amiens , pour lui servir de récréation , et il avait coutume de manœuvrer en sa présence. Les officiers de ce régiment l'aimaient beaucoup ; je ne crois pas qu^il fut un homme de premier talent , mais il en avait , et sur-tout une grande probité , et beaucoup de sincérité.
)) Il n'a jamais manqué à sa parole ; à Amiens le traité était prêt , et il devait le signer à neuf heures àThôtel-de-ville. Il arriva quelque chose qui
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l'empêcha d'y aller ; mais il fit dire aux ministres français , qu'ils pouvaient considérer le traité comme s'il eût été signé , et qu'il le signerait le jour suivant. Un courrier d'Angleterre arriva le soir avec des ordres de refuser son consentement à de certains articles, et de ne pas signer le traité. Quoique Cornwallis n'eût pas signé et eût pu facilement se prévaloir de cet ordre , celait un homme si délicat sur l'honneur , qu'il dit qu'il considérait sa promesse comme autant que sa signature , et il écrivit à son gouvernement qu'il avait promis, et qu'ayant donné sa parole , il voulait l'observer. Que s'il n'était pas content, il pouvait refuser de ratifier le traité. C'était un homme d'honneur , un véritable Anglais. Jl aurait fallu qu'on eût envoyé un Cornwallis ici , au lieu de cet individu, misérable assemblage de faussetés, de soupçons et de bassesses. Je fus très-affligé quand j'appris sa mort. Quelques personnes de sa famille m'écrivirent dans l'occasion pour demander des graces pour quelques prisonniers , et je les leur ai toujours accordées. »
Il parla ensuite sur ce qu'il s'était livré lui-même aux Anglais , et il en fit l'observation : a lia remise entre vos mains n'est pas une afii.ire aussi simjde que vous l'imaginez. Avant d'aller à l'ile d'Elbe, lord Castlereagh m'offrit un asyle en Angleterre, et il me dit que j'y serais très -bien traité, et encore bien mieux qu'à l'ile d'Elbe. y> Je fis observer à Napoléon que lord Castlereagh avait assuré que c'était lui qui
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avait repoussé la demande faite par Napoléon de vivre en Angleterre , dans une retraite qu'il choisirait.
« La vérité du fait est, a répondu Napoléon , qu'il m'a proposé lui-même cette retraite. Avant que je n'allasse à l'Ile d'Elbe, Castlereagli dit à Gaulaincourt : Pourquoi Napoléon veut-il aller à l'ile d'Elbe? qu'il vienne en Angleterre, il sera reçu à Londres avec la plus grande considération, il y éprouvera le meilleur traitement possible. Il ne faut cependant pas qu'il en fasse la demande, cela entraînerait une trop grande perte de temps, mais qu'il se livre à nous sans faire de conditions, et il sera reçu avec le plus grand plaisir , et beaucoup mieux qu'à l'ile d'Elbe. Ce discours a eu beaucoup trop d'influence sur moi! »
J'ai demandé à Napoléon son opinion relativement au baron de Stein : (c C'est, dit-il, un patriote, un homme à talent et d'un caractère actif et remuant. » J'ai fait l'observation que Stein lui avait fait plus de tort que Metternich , ou que toute autre personne, et qu'il avait efiicacement contribué à sa chute. (( Point du tout, a répondu Napoléon, c'était certainement un homme à talent, mais si l'on eût suivi son avis, le roi de Prusse eût été perdu sans retour. Stein était toujours à intriguer et voulait que la Prusse se déclarât, avant l'époque favorable, contre moi, ce qui aurait causé sa ruine. Mais Je roi était plus prudent que lui, et ne se déclara qu'au moment convenable, c'est-à-dire, à l'époque du dé-
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sastre de la Russie, dont il prit aussitôt avantage. » Il y eut ici une pause, Napoléon fit quelques pas en avant, s'arrêta, me regarda, et dit avec expression : (( Personne, excepté moi-même, ne m'a fait de mal, je puis dire que j'ai été mon unique ennemi ; mes propres projets, cette expédition de Moscou, et les accidens qui en furent la suite, ont été les causes de ma ruine. Je puis cependant dire que ceux qui ne se sont pas opposés à moi , qui étaient toujours de mon avis, qui entraient dans toutes mes vues et se soumettaient facilement à mes opinions, sont ceux qui m'ont fait le plus de mal et ont été mes plus grands ennemis ; parce qu'en me représentant les conquêtes comme faciles, ils m'encourageaient à aller trop avant. Ils étaient plus mes ennemis que ceux qui intriguaient contre moi, parce que les derniers me mettaient en garde contre eux et me rendaient attentif à leurs démarches. Je fus cause du renvoi de Stein de la cour de Prusse, mais il eût été trèslieureux pour moi que l'on eût suivi ses projets; car la Prusse se fût déclarée avant le temps, et je l'aurais anéantie comme cela (levant un de ses pieds et faisant un mouvement avec le pied, comme s'il eut écrasé une mouche). J'aurais pu, continua-t-il , détrôner le roi de Prusse et l'empereur d'Autriche sous le plus léger prétexte , aussi aisément que je fais cela (étendant un de ses piedsj. J'étais alors trop puissant pour tout le monde, excepté pour moi, pour que l'on pût me faire du mal impunément. »
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Je lui demandai s'il avait dit, en parlant de Metternich : un ou deux mensonges peuvent être quelquefois nécessaires, mais Metternich est tout mensonge ; on ne peut entendre de lui que mensonges, mensonges et mensonges. Napoléon se mit à rire : « C'est vrai, dit-il, c'est un composé de mensonges et d'intrigues. » Je lui demandai s'il n'était pas homme de grand talent? (( Pas du tout, a-t-il répondu, è bugiardo ed intrigante ^ è intîdgante e bugiardo (i), c'est là la somme totale de son caractère.
» Lord Wliitworth , a continué Napoléon , dans cette fameuse entrevue qu'il eut avec moi, et pendant laquelle je ne me montrai aucunement violent, dit en sortant, qu'il était très-satisfait de la manière dont je l'avais traité, et qu'il espérait que tout irait bien. Il dit cela à quelques-uns des ambassadeurs des autres puissances. Peu de jours après, quand les journaux anglais arrivèrent avec son rapport de l'entrevue, dans lequel il disait que j'étais entré dans un accès de rage, cela excita l'étonnement de tout le monde, sur-tout de ces ambassadeurs qui lui en firent des remontrances et qui lui dirent : Mylord, comment ce détail peut-il être exact, vous savez que vous êtes convenu avec nous, que vous étiez bien content et bien satisfait de votre réception , et que
(i) C'est un menteur et un intrigant, un intrigant et «n menteur.
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vous fûtes d'avis que tout irait bien. 11 ne sut que répondre et dit, mais ce rapport est vrai aussi.
» Vos ministres ne publient jamais les faits tels qu'ils sont, continua-t-il; si le j^ouvcrneur n'envoie pas d'autres détails des combats et autres circonstances que ceux qui sont publiés dans les journaux, il trahit sa patrie; parce qu'ils sont presque tous faux, comme ceux venant de vous autres employés politiques. Un faux rapport est envoyé pour le public et déposé aux archives , et un autre rapport secret pour la gouverne des ministres et qui n'est jamais produit j de manière que vos ministres, lorsqu'une enquête est ordonnée par le parlement, ont aux archives une série de documens prête à être soumise à l'inspection, de laquelle seule on peut tirer des conclusions , et sur laquelle ou juge. Ainsi , quoique tout le contenu en soit faux, vos ministres ne peuvent être accusés d'en imposer au parlement, parce que ces documens lui ont été officiellement transmis; le public et le parlement sont satisfaits. Des rapports sont faits et tout paraît satisfaisant, quoique le fond en soit faux. Ayant été pendant si long-temps opposé à vos ministres, il n'y a personne qui les connaisse mieux que moi. Votre système politique est un tissu de mensonges et de vérités ; dans aucun ministère du monde il n'y a autant de machiavélisme pratique, parce que vous avez tant à défendre, et tant de points importans u discuter contre le reste de l'Europe , et parce que
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vous êtes obligés d'en donner connaissance à la nation. »
J'ai dit à Napoléon , qu'on avait fait mention dans un des journaux, qu'il avait envoyé un charpentier à Alger ou à Tunis, afin d'apprendre aux corsaires à construire des hâtiraens : il a répondu : Jamais. « Il est possible qu'ils se soient procuré quelque Français qui ait été charpentier , mais non pas avec mon consentement. Ils ont pu se procurer quelqu'un de Marseille, à Constantinople; quand les Turcs étaient en guerre avec la France, il y avait un charpentier de navire nommé Lanusse. Au lieu de secourir les pirates, j'ai proposé à l'Angleterre de les exterminer, ou au moins, de les forcer à vivre en honnêtes gens. Vos ministres n'ont pas voulu y consentir. Il n'y avait personne qui eût plus de dégoût, ni plus de mépris pour ces canaglie de pirates, que moi, ou qui les traitait plus que moi comme des chiens.
» Ce n'était pas la politique des ministres anglais de détruire ces barbares, car ils l'eussent fait depuis long-temps. En permettant à ces misérables de piller, vous accapariez la plus grande partie du commerce de la Méditerranée à vous seuls, parce que les Suédois, les Danois, les Portugais et autres eussent craint d'envoyer leurs bàtimens dans ces parages, et que, par conséquent, durant la guerre, vous aviez presque tout le commerce de la Méditerranée. La raison pour laquelle vous avez envoyé cette expédition à xllger, c'était pour aous remettre en grace
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avec les Italiens, et pour empêcher qu'ils ne me regrettassent; car je fis prendre le pavillon français à tous les états d'Italie, et je forçai les barbares à le respecter, ce qu'ils n'ont pas fait depuis que les Bourbon sont sur le trône. Les Italiens eussent donc été mécontens et eussent crié que sous le règne de Napoléon ils étaient au moins affranchis des attaques des pirates et des corsaires.
)) Cette expédition ne mérite de renom que pour la grande bravoure et pour l'adresse nautique qu'ont déployées l'amiral et ceuxàqui il commandait. Quant aux négociations , lord Exmouth n'a pas suivi la vraie marche, attendu que l'extinction de la piraterie, la reddition de leur flotte, et un engagement de ne plus construire de bâtimens de guerre ( à moins que le grand-seigneur ne fit la guerre à quelques puissances européennes) devaient être les conditions sine qua non. Vous dites qu'il a été stipulé qu'on ne fera que des prisonniers et non des esclaves. Je crains beaucoup que si ces barbares font quelque différence entre le sort d'un prisonnier et celui d'un esclave, ce ne soit au désavantage du premier, car ces misérables avaient quelqu'intérêt à conserver la vie de leurs esclaves, afin d'en obtenir la rançon; tandis qu'avec des prisonniers , n'ayant plus aucune expectative, et donnant, par conséquent, un libre cours à leur cruauté naturelle , et à leur haine mortelle pour les chrétiens , ils les mutileront et leur feront subir une mort cruelle. Je pense que vos ministres
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ont ordonné à lord Exmouth de ne pas s'efforcer d'abolir toute la piraterie, mais simplement de lui donner un échec, afin de punir les Algériens jusqu'à un certain point, faire respecter -votre drapeau et gagner la faveur des Italiens et des autres états de la Méditerranée que vous aviez perdue en les abandonnant si misérablement à leurs oppresseurs. Car, si les pirates eussent été totalement anéantis , toutes les nations auraient pu commercer avec sécurité, ce qui ne serait pas d'accord avec vos idées d'accaparer la principale partie du commerce de la Méditerranée. Vos ministres ne désiraient pas la destruction des corsaires. Vous dites que l'expédition a donné un nouvel éclat à votre marine (i); certainement cette affaire a été très-belle, mais votre marine n'a pas besoin d'un nouvel éclat.
» Je suis d'avis que cette expédition était très-mal combinée. Vous couriez le risque d'être battus par les barbares, et de perdre deux ou trois bâtimens; même étant victorieux, vous pouvez dire que vous avez perdu mille hommes, en tués et mis hors de combat, et que cinq ou six de vos bâti mens ont été abîmés. Or la vie et les membres de mille braves matelots anglais ont plus de prix, et sont plus importans que la totalité des étais barbaresques. Bloquer le port avec un vaisseau de soixante-quatorze^
(1) J'ai fait l'observation qu'en conse'quencedese'cbecsque nous avions eprouve's de la part des Américains , il était désirable que notre marine se relevât par quelque coup d'éclat.
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et deux ou trois frégates, sous le commandement du capitaine Usher ou Maitland, vous eût obtenu d'aussi bonnes conditions, sans que vous eussiez perdu un seul de vos hommes.
» J'ai toujours conçu une haute idée de vos matelots, a continué Napoléon. Lorsque je revenais de Hollande avec l'impératrice Marie-Louise, nous nous arrêtâmes , pour nous reposer , à Givet. Pendant la nuit, un temps orageux, accompagné de vent et de pluie , survint et enfla tellement la Meuse , qu'elle emporta le pont de bateaux. Je désirais beaucoup me mettre en route , et j'ordonnai à tous les bateliers de se rassembler sur la place , afin de me donner le moyen de traverser l'eau. Ils dirent que les eaux étaient si hautes, qu'on ne pourrait traverser la rivière de deux ou trois jours. J'interrogeai quelques-uns d'entre eux , et je découvris que c'étaient des marins d'eau douce. Je me rappelai alors qu'il y avait dans les casernes des prisonniers anglais , et j'ordonnai que les plus vieux et les meilleurs matelots me fussent amenés sur le bord de la rivière. Les eaux étaient très-hautes, et le courant rapide et dangereux. Je leur demandai s'ils pouvaient réunir une quantité de bateaux de manière à traverser la rivière. Ils répondirent que c'était possible, mais périlleux. Je leur dis de s'en occuper surle-champ. Dans le cours de quelques heures , ils réussirent à faire ce que nos imbécilles de mariniers avaient déclaré impossible; et je traversai le fleuve
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avant la fin du jour. Je fis donner une somme d'argent à ceux qui avaient travaillé, des habits et la liberté. Marchand était alors avec moi.
y) Quand je débarquai à l'île d'Elbe , a dit Napoléon , avec Usher , ma garde n'était jDas arrivée , et Usher m'en composa une , composée de marins, sous les ordres d'uu officier , qui restèrent constamment à Porto-Ferrajo , et formèrent ma garde pendant quelques jours ; je n'eus qu'à me louer d'eux. Quand ma garde arriva , ils fraternisèrent avec les marins et les matelots. On les voyait souvent se promenant ivres dans les rues, bras dessus, bras dessous, chantant et se donnant la main tous ensemble. Vos matelots s'étonnaient de la familiarité avec laquelle je les traitais , qui était si différente de la morgue aristocratique à laquelle ils avaient été généralement accoutumés. Je crois que pas un homme du bâtiment n'aurait eu l'idée de me déplaire , quand il l'aurait pu. Lorsque je les quittai, j'ordonnai qu'on donnât un napoléon à chacun d'eux , et je fis , à Usher , présent d'une boîte avec mon portrait enrichi de diamans. Si j'avais eu pour officiers des hommes aussi capables qu'Usher , les combats sur mer entre les bâtimens français et les vôtres se fussent terminés très-différemment. »
J'informai Napoléon que le gouverneur désirait avoir un entretien avec le comte Bertrand, relativement à la route du côté de Woody Range, et qu'il avait dit qu'on pourrait arriver à un arrangement.
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si le comte donnait l'assurance qu'on n'entrerait pas dans de certaines maisons, a Quelles maisons , répliqua Napoléon , est-ce celle de miss Mason , ou de Legge , le charpentier. Craint-il pour la vertu de miss Robinson ? Bêtises , que tout cela ; si je voulais correspondre , vous savez bien que je pourrais envoyer des lettres en Europe tous les jours. »
8. — Hier , il y a eu des courses de chevaux , auxquelles madame Sturmer , les trois commissaires et le capitaine Gors furent présens. Le général Gourgaud s'y rendit aussi , et eut une longue conversation avec le baron et la baronne Sturmer , le comte Balmaine , et enfin avec le marquis de Montchenu. Pendant la plus grande partie du temps , aucun officier anglais ne prêta l'oreille à leurs discours. Sir Hudson Lowe et sir Thomas Reade furent pendant très-long-temps au nombre des spectateurs. Lady Lowe était aussi présente. Vers la fin des courses, les commissaires, madame Sturmer et le baron Gourgaud se rendirent à la maison de madame Younghusband , dans le camp , où. ils restèrent ensemble pendant quelque temps , avant qu'aucun des officiers du gouverneur ne les suivît.
J'ai dit à sir Hudson Lowe l'opinion que Napoléon avait manifestée sur le compte du marquis de Cornwaliis ; son excellence m'a répondu que Cornwallis était un trop honnête homme pour avoir affaire avec lui.
Napoléon est descendu chez le comte Bertrand ;
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des fenêtres les plus élevé('s de l'iiabitalion , il vit les courses; ce genre de spectacle parut l'intéresser et l'amuser. Il resta jusqu'à la lin. Sir ïlionias Reade a fait semblant d'être très-fàclié contre madame Younghusband , pour avoir invité les commissai-res et le général Gourgaud tous ensemble, sans (]u'il eût été accompagné , et il a dit que le gouverneur avait le droit de la faire mettre hors de file, et qu'il devrait le faire, ajoutant que les commissaires étaient des misérables de parler à Gourgaud, tandis que son maître les traitait avec tant de mépris.
Napoléon s'est promené dehors pendant quelque temps avec les comtes Ptlontholon et Bertrand. Je l'ai vu à midi : il m'a fait plusieurs questions sur les courses auxquelles il semblait prendre intérêt ; il me fit observer que , d'après ce qu'il avait ouï dire, Montchenu devait avoir été fort mal élevé ; qu'il avait tenu des propos très-inconvenans et indécens en présence de lady Lowe au sujet du vent qui était très-frais et qui avait joué dans les robes de quelques dames. En général , dit Napoléon , la politesse des Français à sori âge est passée en proverbe; mais d'après ce qui m'a été dit, cet homme n'a jamais été élevé dans la bonne société : il a l'air d'un sdus-lieutenant de l'ancien régime.
M. Rainsfor , chef de la police , est mort le -y.
14. — Le général Gourgaud , en se rendant au camp , alla voir les appartemens du major Fehrzeii du 53^ régiment, pendant quelques minutes.