‹ Napoléon en exil, ou, L'echo de Ste. Hél`eneChapitre 9 sur 27 · TOME ir · texte numérisé non relu

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où elles se seraient emharquées, ou auraient continué leur voyage par terre , selon que les circonstances le permettraient. J'aurais envoyé un ambassadeur en Perse pour y traiter de mes intérêts. Depuis ce temps , vos ministres ont été assez imbécillcs pour permettre aux Russes de s'emparer de quatre provinces , ce qui augmente leur territoire au-delà des montagnes. La première année que vous aurez la guerre avec la Russie, elle vous enlèvera l'Inde, y)

Je lui demandai alors s'il était vrai que l'empereur Alexandre se fut proposé de s'emparer de la Turquie? JSapoléon répondit : « Toutes ses pensées sont dirigées vers cette conquête. Nous avons eu j^lusieurs discussions ensemble à ce sujet. D'abord j'étais charmé de sa proposition , parce que je pensais que cela contribuerait à étendre les progrès de la civilisation, en l'engageant à refouler au-delà du Bosphore ces demi-sauvages; mais quand je \ins à penser aux conséquences qui en seraient résultées, et que je vis quel immense pouvoir cela donnerait à la Russie, par rapport au grand nombre de Grecs des provinces soumises au grand-seigneur, qui se réuniraient naturellement aux Russes, je refusai d'y concourir, sur -tout parce qu'Alexandre voulait conserver Constantinople; ce à quoi je ne pouvais me décider, parce que cela détruisait l'équilibre de la balance politique en Europe.

)) Je réfléchis que la France aurait l'Egypte , la Syrie et les îles , ce qui ne serait rien en comparaison

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(le ce que Ja Paissie obtiendrait. Je considérai aussi que les barbares du Nord n'étaient que trop puissans, et que probablement, par la suite, ils envaliiraient toute l'Europe, comme je le pense encore maintenant. L'Autriche tremble déjà. Que la Russie et la Prusse se réunissent : et l'Autriche succombe, sans que l'Angleterre puisse l'empêcher. La France ne peut rien avec la famille qui la gouverne ; les Autrichiens sont si lâches, qu'ils seront facilement subjugués. Una nazione a colpo cli bastone. Ils opposeront peu de résistance aux Russes qui sont braves et patiens. La Russie est d'autant plus formidable, qu'elle ne désarme jamais. En Russie un soldat est toujours soldat. Ce sont des barbares qui, on peut le dire, n'ont point de patrie, et à qui tous les pays semblent meilleurs que celui qui leur a donné naissance. Lorsque les Cosaques entrèrent en France, il leur était indifférent quelles femmes leur tombaient entre les mains, parce que vieilles ou jeunes, toutes étaient préférables à celles qu'ils avaient quittées. D'ailleurs, les Russes sont pauvres, et il est nécessaire pour eux de conquérir. Quand je ne serai plus , ma mémoire sera révérée, et l'on m'estimera d'avoir prévu ce qui arrivera pourtant, et d'avoir cherché à l'empêcher. On respectera ma mémoire, alors que les barbares posséderont l'Europe , ce qui ne serait pas arrivé sans vous, signori Inglesi. »

Napoléon témoigna beaucoup d'anxiété relativement au comte Montholon, parce que le gouverneur

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avait donné à entendre qu'il était question de le renvoyer. « La perte de Montholon me sera bien sensible, disait- il, parce qu'indépendamment de son attachement pour moi, il m'est on ne peut plus utile, et qu'il s'clibrce de prévenir tous mes besoins. Je sais qu'il sera on ne peut plus affligé de me quitter; quoiqu'en effet il lui serait plus agréable d'être éloigné de cette île désolée, et rendu à sa famille et à ses amis, puisqu'il n'est pas proscrit, et qu'il n'a rien à craindre en France. D'ailleurs, il est d'une famille noble, et obtiendra facilement, s'il le veut, la faveur des }3ourbon. »

J'ai accompagné la comtesse Montliolon à Plantation-House, pour rendre visite à lady Lo\ve. J'ai vu sir Hudson qui m'a dit qu'il n'accorderait aucune confiance aux assurances du général Bonaparte , et qu'il était résolu à ce qu'il n'entrât dans aucune maison sans être accompagné d'un officier anglais. Nous eûmes ensuite quelque discussion relativement aux laissez passer que son excellence avait autrefois donnés aux personnes qui désiraient visiter Longwood. Sir Hudson Lowe voulut me persuader qu'il n'avait jamais donné de laissez passer pour un certain jour seulement (i), et que le major Gorrequer en attesterait la vérité. Je lui fis la remarque

(i) Ce fait était notoirement connu à Sainte-He'lène , et par les passagers qui venaient d'Angleterre , et par ceux qui y retournaient.

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que plusieurs personnes à qui il avait accordé des laissez passer y les avaient fait voir au comte Bertrand à Hut's-Gate, en lui montrant que le jour était spécifié sur leur laissez passer , et en le priant de tâcher d'engager Napoléon à les recevoir, parce que leur billet ne vaudrait rien un autre jour. Sir Hudson répondit avec colère, qu'ils étaient des menteurs.

Avant de partir, sir Hudson Lowe me dit que je pouvais prendre quelques numéros de V ambigu, les emporter à Longwood, et les montrer au général Bonaparte.

A mon retour, j'ai dit à Napoléon que j'avais reçu quelques numéros d'un ouvrage périodique, appelé V ambigu y qui, ai-je ajouté, le maltraitait beaucoup. — Napoléon m'a dit en riant : (cll n'y a que les enfans qui craignent d'être maltraités.» Il m'a ensuite prié de lui apporter ces numéros. Quand il eut jeté les yeux dessus, il m'a dit : «Ah! ah! c'est du )) Pelletier? il y a vingt ans qu'il fait des libelles )) contre moi, mais je suis très -content de pouvoir » me les procurer. »

Madame la comtesse Montholon, et madame ainsi que mademoiselle Balcombe ont eu une heure d'entretien avec Napoléon, hier dans l'après-midi.

Cipriani a été en ville pour ses affaires habituelles.

l'y. — Napoléon a observé qu'il avait trouvé V ambigu de Pelletier très-intéressant, quoiqu'il contint beaucoup de faussetés et de bêtises. « J'ai lu, a-t-il continué, le détail de la bataille de Waterloo qui est

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contenu dans cet ouvrage; il est presque exact. J'ai cherché dans ma tête à deviner quel en pouvait être l'auteur. 11 faut que ce soit quelqu'un qui se trouvait alors auprès de moi. J'aurais gagné cette affaire sans l'irahécillité de Grouchy. »

J'ai demandé à Napoléon s'il pensait que Grouchy eût agi avec l'intention de le trahir? (C Non, non, a répondu Napoléon, mais il y avait chez lui défaut d'énergie. C'est de la part de quelques membres de son état-major qu'il y a eu trahison. Je crois que quelques-uns des olficiers attachés à ce corps , et que j'avais envoyés à Grouchy, ont manqué à l'honneur, et sont passés à l'ennemi; cependant je n en suis pas certain , n'ayant pas revu Grouchy depuis ce temps-là. ))

Je lui ai demandé s'il pensait que le maréchal Soult ait été dans ses intérêts ? Napoléon a répondu: c( Certainement je l'ai cru; mais Soult n'a pas trahi le roi de France , comme on l'a supposé , et il ne connaissait ni mon retour en France , ni mon déharquement. Car, pendant quelques jours , Soult a pensé que j'étais devenu fou, et que ma perte était assurée. Malgré cela , les apparences étaient si fortes contre Soult, et, sans en avoir l'intention, ce qu'il fit a été si favorable à mes projets, que si j'eusse fait partie de son jury, et que j'eusse ignoré ce que je sais , je l'aurais condamné comme ayant trahi la cause royale. Mais réellement il n'était pas instruit de mon dessein, quoique Ney, dans sa défense, ait dit que

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je lui avais appris le contraire. Quant à la proclamation que Ney a prétendu avoir reçue de moi, c'est une fausseté. J'aurais supprimé cette proclamation, si cela eut été en mon pouvoir, car elle était indigne de moi. Ney manquait d'éducation : il n'aurait pas dû la publier, ou du moins il aurait dû. agir différemment de ce qu'il a fait; car quand il promit au roi de m'amener dans une cage de fer, il parlait dans la sincérité de son cœur, et ses intentions étaient conformes à ses discours; il y persista jusqu'à l'avantveille de sa réunion avec moi. Il aurait dû faire comme Oudinot, qui demanda à ses troupes s'il pouvait compter sur leur fidélité. Elles lui répondirent unanimement : c( Nous ne voulons pas nous battre contre Napoléon. » Sans doute il ne pouvait empéclier les troupes, ni même les paysans , de se joindre à moi, mais il alla trop loin.

» Mouton-Duvernet , a-t-il dit, a été puni injustement; et tout bien considéré, il ne le méritait pas plus qu'un autre. Il voltigea pendant deux jours sur les flancs de ma petite armée, et ses intentions étaient de servir la cause du roi . Mais tout le monde se joignait à moi ! l'enthousiasme était extraordinaire. Si je l'eusse voulu, j'aurais pu entrer à Paris, à la tête de quatre cent mille hommes. Ce qu'il y a d'encore plus surprenant, et qui n'a, je crois, pas d'exemple dans l'histoire, c'est que tout se fit sans conspiration. 11 n'existait aucun complot, aucune intelligence avec aucun des généraux de Friince, pas un d'eux

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ne connaissait mes projets. Toute ma conspiration consiste dans mes proclamations. C'est par elles que je mis tout à exécution. Pas même Masséna ne connaissait mon plan ; quand on lui apprit que j'avais débarqué avec quelques centaines d'hommes , il ne put le croire, et dit que cela était impossible, car il pensait que si j'eusse formé un tel projet , je l'en aurais informé. Les Bourbon voudraient faire paraître qu'il existait une conspiration dans l'armée. C'est ce qui a fait fusiller Mouton-Duvernet, Ney et autres ; parce que ma rentrée sans conspiration , sans qu'il y eût un coup de fusil de tiré, et uniquement par le vœu général de la nation, est ce qu'il peut y avoir de plus honteux pour eux.

y> Il n'y eut jamais , continua Napoléon , un loi qui fut plus le souverain du peuple que je l'étais; je n^aurais eu aucun talent que j'eusse pu régner plus aisément sur la France que Louis et les Bourbon doués de la plus grande habileté. La masse du peuple français hait la vieille noblesse et les prêtres. Je ne descendais pas de la vieille noblesse , et je n'ai jamais trop encouragé les prêtres. La nation française a pour qualités prédominantes , la vanité , la légèreté , l'indépendance et le caprice ( la vanità , la leggerazza , V independenza ed il capricio ), avec une insatiable passion de gloire. Ils se passeraient plutôt de pain que de gloire, et une proclamation suffit pour les entraîner. Bien difféiens en cela du peuple anglais, dont les habitans de tout un

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comté se laissent influencer par l'opinion de deux ou trois familles nobles , les Français veulent qu'on leur fasse la cour.

» Quelques paysans jeunes et ignorans, dit Napoléon , qui naquirent depuis la révolution , parlèrent avec quelques personnes plus âgées et mieux informées des Bourbon. Que sont ces Bourbon , dit l'un d'eux? Que veulent-ils? Quoi, répondit l'un de ces hommes expérimentés , ils ressemblent à ce vieux château que vous voyez près de notre village ; comme lui, leur temps est passé; ils ne sont pas de ce siècle.

» Les Bourbon apprendront , ajouta-t-il , qu'il ne suffit pas de flatter les maréchaux et les généraux ; ils doivent se faire bien venir du peuple, ils doivent lui parler sans intermédiaire. S'ils n'adoptent quelque mesure afin de se rendre populaires, vous verrez une explosion terrible en France, la nation ne supportera jamais de vivre avilie et humiliée comme elle l'est à présent. Lorsqu'on me dira qu'une nation vit sans pain, je croirai alors que les Français pourront vivre sans gloire.

)) A Waterloo , pas un soldat ne s'est écarté du chemin de l'honneur. Quelle que soit la trahison qui ait pu avoir lieu, elle a existé parmi les généraux, et non parmi les soldats , ni parmi les officiers des regimens ; ceux-ci connaissaient les sentimens les uns des autres , et se défirent eux-mêmes de ceux qu'ils soupçonnaient.

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)) Votre nation a principalement l'intérêt pour guide dans toutes ses actions. J'ai trouvé , depuis que je suis tombé dans vos mains, que vous n'avez pas plus de liberté que d'autres pays. J'ai chèrement 2)ayé l'opinion romanesque et chevaleresque que je m'étais formée de vous. »

Ici , j'ai répété presque dans les mêmes termes ce que j'avais dit dans de semblables occasions. Napoléon secoua la tète et répondit : a Je me souviens que Paoli , qui était un grand partisan de votre nation, et qui avait les inclinations anglaises, entendant élever la nation britannique au-dessus des autres nations, comme étant la plus généreuse, la plus libérale, et la plus exempte de préjugés, s'écria : <( Doucement , vous allez trop loin ; les Anglais ne sont ni si généreux , ni si dépouillés de préjugés que vous vous l'imaginez; ils sont très- égoïstes ; c'est une nation de marchands, qui, en général, n'a que le profit en vue. Quand ils font quelque chose , ils calculent toujours l'avantage qu'ils pourront en retirer : c'est le peuple le plus calculateur qui existe. )) Paoli disait cela tout en rendant hommage aux bonnes qualités nationales que vous avez réellement. Aujourd'hui, je suis convaincu que Paoli avait raison. »

Napoléon a ensuite fait quelques remarques concernant Longwood : il a témoigné sa surprise de ce que personne ne s'était présenté pour faire un marché et fournir de l'eau à cette habitation et au camp,

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en donnant pour condition qu'on accorderait à cette personne la permission d'établir un jardin dans la vallée, an moyen de quoi on pourrait se procurer des légumes à bon marché, non-seulement pour Longwood et pour le camp , mais encore pour les bâtimens.

«. Ici , a-t-il continué , si l'on amenait l'eau par un conduit , Novarre , à l'aide de deux ou trois Gliinois , pourrait faire venir assez de légumes pour subvenir à nos besoins ; ne vaudrait-il pas mieux procurer de l'eau à ces pauvres soldats dans leur camp , que de creuser des fossés et d'établir des fortilications autour de cette maison , comme si une armée était sur le point de l'attaquer ? Un homme qui n'a pas de considération pour les besoins du soldat, ne devrait jamais les commander : c'est l'eau qui est une des choses les plus nécessaires pour le soldat. »

Sir Thomas Pieade a fait un long discours aujourd'hui sur l'imprudence qu'il y avait à permettre à Bonaparte de se procurer des journaux , excepté ceux que le gouverneur examinait auparavant.

18. — J'ai vu sir Hudson Lowe à Plantation- House ; je l'ai trouvé occupé à examiner quelques journaux pour Longwood , dont il mit plusieurs de côté, comme n'étant pas , selon lui , propres à être mis sous les yeux de Napoléon. Il me fit en même temps l'observation que, quelqu'étrange que cela pût paraître , le général Bonaparte devait lui savoir gré de ce qu'il ne lui envoyait pas tous les journaux

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indistinctement , attendu que la lecture d'articles écrits en sa faveur , pourrait exciter en lui des espérances qui, si elles n'étaient définitivement pas réalisées , ne pouvaient manquer de l'affliger j que d'ailleurs , le gouvernement anglais ne jugeait pas à propos de lui faire savoir tout ce qui paraissait dans les feuilles.

nj. — Sir Thomas Reade est très-occupé à faire circuler dans la ville le bruit que le général Bonaparte est d'une humeur chagrine et qu'il ne veut voir personne 5 que le gouverneur poussait la bonté trop loin à son égard, et que l'on devrait le mettre aux fers.

21. — Le bâtiment de transport/^ /^«('iJ a apporté la nouvelle de l'arrivée de V^dolphiis au Gap, avec une cargaison consistant principalement en barres de fer , pour entourer la maison de Napoléon , dont le gouverneur avait fait la demande en Angleterre.

Sir Hudson Lowe est venu à Longvsood , et a inspecté les ouvrages qu'on fait aux écuries , ainsi que les factionnaires qu'il avait placés autour. Il a eu un long entretien ensuite avec moi, sur les restrictions et les limites, sans cependant en venir à aucune détermination. Après avoir observé que j'étais en quelque sorte responsable envers les ministres , de toutes les impressions défavorables qui pouvaient exister dans l'esprit de Napoléon , son excellence continua à me catéchiser sur mes conversations avec lui. Je lui fis sentir combien la po-

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sition dans laquelle je me trouvais était délicate , et enfin l'inconvenance ou même l'impossibilité où. j'étais de faire les ouvertures qu'il demandait. Sir Hudson m'a répondu qu'il sentait tout l'embarras de ma situation , mais en même temps il ajouta que je devais lui découvrir , et à lui seul , tout ce qui sepassait relativement àNapoIéon , lui rapporter tous ses discours, et sur -tout ne pas omettre les épithètes offensantes dont il se servait; qu'il était nécessaire qu'il fût informé de tout ce qui se passait ; que pour un homme qui avait tant de rapports avec Bonaparte , il pensait que je me laissais moins influencer par lui , que ne l'eussent fait quatre-vingtdix-neuf autres personnes sur cent ; que j'occupais une place de grande importance , et dans laquelle je pouvais rendre des services essentiels ; qu'un silence absolu sur tout ce qui se passait , excepté pour lui , était on ne peut plus nécessaire , et que c'était la principale qualité requise.

Son excellence m'a dit ensuite , pour me montrer la bonne opinion qu'elle avait de moi , qu'elle ne se faisait pas de scrupule de m'avouer que l'on devait beaucoup surveiller les commissaires; que ce n'était, dans le fait , que des espions de tout le monde et de toute chose , et que toute leur affaire consistait à tirer de moi quelques particularités pour en faire l'envoi à leurs cours ; que je devais user de beaucoup de circonspection , parce que très-certainement ils rapporteraient à leurs maîtres tout ce que j'aurais

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dit, comme ilai l'avaieut déjà fait à son égard-, il me répéta , comme une preuve de ce qu'il avançait , la conversation que j'avais tenue avec le baron Sturmer, à Plajilation-House ^ le 21 octobre 1816, me faisant en même temps connaître sa satisfaction de ce qu'il avait observé que j'avais été très-circonspect dans mes remarques. Il m'a dit, en outre, qu'il avait écrit à lord Balhursten des termes très-avantageux pour moi , et qu'il avait recommandé que mes appointemens fussent élevés à 5oo 1. sterling par an. Après cela son excellence m'a fait part qu'il avait

reçu , pour moi , une lettre du jeune Las-Cases ,

qu'il comptait m'envoyer.

J'ai reçu , le soir, la lettre dont il a été question ,

elle était sous enveloppe et en renfermait une autre

que la mère du général Gourgaud écrivait à son fils,

ainsi que sir Hudson le marquait dans sa note, en

me chargeant de la lui remettre.

il\. — M. Vernon est venu à Longwood pour

ondoyer l'enfant du comte Bertrand. Napoléon a

joué le soir au billard.

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