‹ Napoléon en imagesChapitre 15 sur 59 · LE SANS-GÊNE ALLEMAND. OU LE SOUFFLET INFLIGÉ AU PETIT BONEY · texte numérisé non relu

LE SANS-GÊNE ALLEMAND. OU LE SOUFFLET INFLIGÉ AU PETIT BONEY

Yüiri lr : s paruh.-s qui s'échappent do In lxmche do Bonaparte : « Au diable! va-t’en, impertinent ! l'.vislel-ii un homme ?ur lerro qui n'ait pour le petit. Boney la plus profonde admiration? Soldats, aux armes! Revanche! Ah! sacre Dieu! je suis tout, tremblant! »

* L'ambassadeur qui file eu chaise do poslo esl l'ambassadeur d'Autriche auquel ou ül traverser Paris u toute \apeur, ses bagages étant dirigés sur Londres. Il piend avec insouciance une prise île tabac, regardant avec non me, ins de calme Bonaparte, debout sur les marches et écumani de rage.

[C'irica/i'.re de Jo.ïae.s GiUnnj. l'' r jamier 18u.‘t.J

41. — Saute-mouton. — Bonaparte a déjà saul<' par-dessus le dos de la Hollande et de l'Espagne. Le pauvre Hollandais scorie : « Il a abandonné, à un mil le derrière lui, ies Suisses o et les Italiens; quant à moi, il a enlevé mon chapeau et cassé ma pipe: c’est un bel " encouragement pour jouer à saule-mouton, -c Le don dit tristement : <■ Par saint Iago, <' mon dos est presque brisé! » Bonaparte est en train de sauter sur le Hanovre, qui demande plaintivement : <■ Pourquoi me suis-je soumis à cela? ■> Le conquérant se contente de lui répondre : < Tenez la tète basse, maître llanovrien, mon prochain saut sera sur John Bull. <> Mais ce dernier qui. les poings fermes, a Paspecl particulièrement belliqueux, s’écrie : <■ Je veux être damné si vous faites cela, maître Corse. -

Caricature de Haymond, janvier 1 S (H .

42. — L'évacuation de Malte. — Le féroce petit Bonaparte a empoigné À ddingl on eflravé par sa cravate, et, tout en brandissant son énorme épée, il veut le forcer à évacuer Malte, î’Kgypte, le cap de Bonne-Espérance, Saint-Domingue, la Guadeloupe et la Martinique. — En vain Addingion réclame : << Je vous en prie, n’insistez pas pour Malte! Je serais certai- « nenient chasse! et j’ai une grande quantité d’oncles, de cousins et de tantes à pour- « voir. »

Mais son ennemi, impitoyable, ne veut entendre parler d’aucun compromis et s écrie : u Tout, tout, vous Jean E.lt.e, et soyez heureux que je vous laisse la Grande-Bretagne!!! »

Un officier français fait remarquer timidement : » Mon générai, vous feriez mieux de ne « pas le chasser, car nous ne serions pas capables de les tromper encore une fois. »

Caricature de James GiUray , 9 février 1804.

ICONOGRAPHIE DES CARICATURES ANGLAISES

43. — Les jardiniers rivaux. — Bonaparte et George III surveillant leurs jardins respectifs qui sont séparés par le détroit. Bonaparte a un grand nombre de plantes, portant le nom de « Pavots militaires », qui fleurissent bien, mais il est surtout occupé de sa principale fleur qui a la tète couchée et dont les feuilles tombent abondamment, sans qu'il puisse s’en expliquer la raison. « Mes pavots, » dit-il, « fleurissent à ravir, mais cette Couronne impériale est une plante très délicate, qui demande de grands soins pour être cultivée! » Son rival montre avec orgueil le vigoureux chêne anglais, dont la force est sans égale, en pleine prospérité, à l'abri de la couronne royale; et il lui répond : « Non, .< non, compère jardinier, quoiqu’un seul fossé sépare nos terrains, cependant c’est ici le « coin de terre pour la vraie culture. La « Couronne britannique » et le cœur du chêne fleu- « riront jusqu’à la fin du monde. »

Caricature de Ansell , 10 février 1803.

44. — Secours médical ou l’Angleterre sortant de sa léthargie, courage patriotique de Merry Andrew et coup d’œil à travers le brouillard. — Bonaparte et sa flotte traversent le détroit; Shéridan, coiffé d’un bonnet d’àne, vêtu d'un habit d' Arlequin à grelots, casse une épée de bois avec « loyauté, dramatique », tenant un bouclier àtète de Méduse dontles cheveux en forme de serpents représentent l’envie, l’abus, l’orgueil, la médisance. Dans sa ceinture est un papier sur lequel on lit : « Manières et moyens de, gagner sa vie. » Il crie ; « Où sont les Buggabos français? avec une seule main j’en battrai quarante!!! »

L’Angleterre s'éveille de son évanouissement et s’écrie : « Docteurs et ministres de la « disgrâce, défendez-moi. » Addington essaie de la faire revenir à elle en lui mettant sous le nez une bouteille de poudre à fusil et en la calmant par ses paroles affectueuses : « Ne « soyez pas effrayée, ma chère Lady! Ces Buggabos, je veux dire ces honnêtes messieurs, « sont envoyés au service colonial, ils ne peuvent avoir rien à faire ici, rien avec nous ! res- « pirez une ou deux bouffées pour vous remettre et essayez de vous tenir debout, ne serait- « ce que sur une jambe. »

Lord Hawkesbury, présentant à l’Angleterre sa lance émoussée et son bouclier brisé, la stimule de son mieux : « Oui, Lady, essayez de vous tenir debout, ou jamais nous ne pourrons marcher sur Paris. » — Fox, qui se cache la figure derrière son chapeau, se demande pourquoi la vieille dame a été prise d'une pareille frayeur: « Je déclare, dit-il, que je ne vois point de Buggabos. »

A terre gît le traité de paix déchiré (le traité d’Amiens).

Caricature de James Gillray, 14 mars 1803.

4b. — Les coqs politiques. — Bonaparte, un coq armé d’éperons terrifiants, appelle, au delà du détroit, Pitt planté fièrement sur la couronne britannique et qui chante joyeusement victoire. 11 lui dit : « Eh! maître Billy, si je pouvais seulement franchir ce ruisseau, je mettrais bientôt lin à votre chant; je vous précipiterais à bas de votre perchoir, je le jure par Mahomet, le Pape, et toutes les idoles que j'ai adorées. »

Pitt réplique : « Tuck-à-rootoo — cela, vous ne pourrez jamais le faire.. »

Caricature de Ansell, 27 mars 1803.

46. — Une tentative pour engloutir le monde. — Bonaparte tentant un combat difficile, John Bull le toise en se contentant de faire cette remarque : « Je vais « vous dire, monsieur Boney-parte, lorsque vous arriverez aune petite tache que j’ai dans « mon œil, cela vous restera dans le cou, et vous serez tué. »

Caricature anonyme, 6 avril 1803.

47. — John Bull tourmenté par un perce-oreille. ■ — Bonaparte, représenté en nain, est monté sur l’épaule de John Bull, et lui pique la joue avec sa petite épée. Cela ennuie le vieillard, qui regarde avec mauvaise humeur dans son pain (Ceylan), puis dans son fromage (Malte), et s’écrie : « Je vais vous dire, jeune homme, si vous ne voulez pas a me laisser manger mon pain et mon fromage en paix, je vous chasserai, vous pouvez « en être sur. » Le perce-oreille répond : « Je veux avoir le fromage, j’ai un grand désir « de vous anéantir, vous, monstre aux proportions gigantesques. »

Caricature de West, 6 avril 1803.

CARICATURES ANCI.AISF.S.

48. — Plus facile à dire qu’à faire. — Bonaparte est assis devant une nouvelle mappemonde, essayant d'effacer les Iles-Britanniques. Un Hollandais, avec un flambeau allumé, lui dit : « Prends-les, pour les brûler. » De l’autre côté, un Espagnol lui suggère cette idée : « Voici, mon ami, prends le pinceau à colle, et plaque dessus un petit « morceau de ton drapeau tricolore »; tandis qu’un Juif tenant une affiche -sur laquelle on lit : « Souscription pour un nouvel emprunt, » observe : « Je crois que si je prête encore « un peu d’argent, à 30 0/0, cela les ruinera bientôt. »

Bonaparte réfléchit : «Je ne puis pas enlever les petites îles de la mappemonde. Quant « à votre plan, monsieur le Hollandais, nous essaierons de les brûler; mais elles ne pren- « dront pas feu; et laissez-moi vous dire, Don Diego, elles ne seraient pas couvertes par « un drapeau aussi facilement que vous le pensez! Je crois que le plan de Moïse est le meil- « leur; une menace par-ci, par-là, ferait bien mieux l’affaire. «

Caricature de Isaac Cruikshank , 14 avril 1803.

49. — Tentative pour ruiner John Bull. — Bonaparte, debout sur des ruines, entouré de territoires piochés avec impunité, — Suisse, république Italienne, république Batave, — cherche à user de sa pioche sur John Bull, en disant: « Oh! la pique est le meilleur « moyeu, j’arriverai bien au petit compagnon, à trouver sa demeure, près des falaises blan- « ches. » John Bull est couché, l'épée eu main, l’oreille contre terre, et il réplique : « Je « vous entends sous terre, mon camarade, mais vous ne réussirez pas. Aussitôt que votre « tète apparaîtra à la surface, vous serez salué par quelques coups de fusil de John Bull. »

Caricature de Roberts, 10 avril 1803.

50. — Un obstacle à une enjambée sur le monde. — Bonaparte en colosser enjambant le monde, tandis qu’un petit John Bull, debout sur l’Angleterre, veut lui coupe, le pied avec son épée.

Bonaparte, en colère, s’écrie : « Qui ose ainsi arrêter ma marche? — Eh! c’est « moi, petit Johnny Bull, qui protège un petit coin de terre; soyez maudit si vous avan- « cez plus loin. »

Caricature anonyme, 16 avril 1803.

51. — Le gouverneur d’Europe arrêté dans sa carrière. — Un énorme Bonaparte a essayé de mettre son pied sur la Grande-Bretagne, mais, cette fois, John Bull l'a coupé si bien que, dansant avec peine et perdant beaucoup de sang, il tire son épée et crie: «Ah! maudit John Bull, vous avez interrompu ma danse, vous avez ruiné tous mes « projets. » John Bull, montrant son pays natal, se contente de répondre : « Je vous demande pardon, maître Bonev, mais nous gardons cette petite langue de terre pour nous, allez danser ailleurs! »

Caricature de Ansell, 16 avril 1803.

52. — Un grand homme ivre de succès. — Bonaparte, avec un air de protection, mais chancelant, s’adresse à son ami l’Anglais : « Ah! Johnny Bull, comment vous « portez-vous, mon garçon? Je vais rétablir l’esclavage; je suis devenu très pieux. Je, je « vais doubler ma surveillance, je, je, je ne sais pas ce que je vais faire. — Eh « bien : soyez béni, mon camarade, vous me semblez avoir quelque peine à vous tenir « debout. Laissez-moi vous donner un conseil, faites un petit somme, un quart d’heure « seulement, vous n’avez nulle idée du bien que cela vous fera. »

Caricature de Woodward, mai 1803.

53. — Bonaparte et le Quaker. — L’attitude de Bonaparte est, ici, agressive : «Ainsi ce sont tous de grands hommes dans votre pays; oui, mais je suppose qu'ils vous <( ressemblent, — n’aimant pas beaucoup à se battre; — n’est-ce point la vérité, maître « Quaker? ».

Frcre Broadbrim (allusion au chapeau à larges bords des Quakers) lui répond : « Petit « homme, ce n’est pas le cas : quant à moi, je ne pousse point à se battre, mais si toi ou « tes compagnons, vous osez traverser les mers, mes compatriotes vous transformeront « tous en Quakers (c’est-à-dire vous enlèveront l’envie de vous battre). »

Caricature de Woodward, mai 1803.

54. — Bonaparte (un gros champignon ) regardant John Bull avec une expression peu rassurante. — John Bull, qui étreint le chêne britannique, s’écrie : « Vous

ICONOGRAPHIE DES CARICATURES ANGLAISES

« pouvez avoir l'air en colère, maître champignon, mais c’est ici que s’élève le chêne « britannique, et par saint George et le Dragon, pas une de ses feuilles ne tombera à « terre. »

Caricature anonyme , mai 1803.

53. — Un petit homme effrayé de son ombre. — Bonaparte est représenté comme effraye à l’idée de rompre avec l’Angleterre. Il est courbé, tremblant, et regardant son ombre, allongée sur le mur, s’écrie : « Quelle est cette grande stature? — Cela ne peut être que John Bull? — Non, non, ce n’est pas assez imposant pour lui. »

Caricature anonyme, mai 1803.

o6. — John Bull, écoutant les discussions sur les affaires de l’État. —

Bonaparte parle au chancelier d’Angleterre et dit : « Donc, si vous faites ceci, je ferai cela. » Le chancelier, effrayé, s’écrie : « Oh! oh! » pendant que le vieux John Bull écoutant, tous yeux et tout, oreilles, les cheveux dressés, pense en lui-même : « Sur quoi peuvent-ils bien se quereller? SL j’étais seulement dans le secret? Mais si je demandede quoi il s’agit, il y a gros à parier qu’on ne me dira pas le vrai motif. »

Caricature de Rowlandson, l or mai 1803.

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